Magazine Le Mensuel

Nº 3092 du vendredi 3 août 2018

Santé

Maladie du soda. Une épidémie qui ravage le foie

«Evitez une consommation excessive d’alcool. Vous nuisez à votre foie», a-t-on souvent entendu dire. Mais maladie du foie ne rime pas nécessairement avec alcool. La maladie du soda, ou NASH, vient aujourd’hui le confirmer. Explications.
 

La maladie du soda apparaît comme la deuxième cause de greffe du foie, devant l’hépatite C. Pathologie chronique, la maladie du soda ou du foie gras, appelée aussi NASH (Non alcoolic steato hepatitis, stéatose hépatique non alcoolique, ndlr) inquiète le monde médical de par son expansion soudaine.
Les conséquences qu’elle engendre sur le plan hépatique et sur celui de la santé générale de l’individu peuvent être morbides. Un véritable fléau. A l’heure où la mauvaise alimentation, la sédentarité et le mode de vie malsain rongent la population mondiale, les répercussions se manifestent à plusieurs niveaux, notamment au niveau du foie. Dans le cadre de la maladie du soda, le foie devient fibreux, accuse un dysfonctionnement, avec le risque d’évoluer vers une cirrhose ou un cancer… Des conséquences dramatiques qui peuvent intervenir sans que l’individu n’ait jamais bu une goutte d’alcool.
En cause, la transformation d’un simple dépôt de graisses dans le foie (NAFLD – Non-alcoholic fatty liver disease) en une inflammation des hépatocytes (cellules hépatiques – du foie) dit NASH. Les facteurs de risque sont multiples. Le Dr Khalil Honein, gastro-entérologue, cite l’âge (les personnes atteintes ont généralement plus de 50 ans), l’obésité, le diabète, l’hypertriglycéridémie (élévation du taux de triglycérides dans le sang), l’hypertension artérielle et l’insulino-résistance. Certains médicaments ou toxines, comme les corticoïdes à long terme ou le tamoxifène (utilisé dans le cas d’un cancer du sein), certaines hormones, comme les œstrogènes, ou encore certaines anomalies métaboliques augmentent le risque de dépôt de gras dans le foie. Toutefois, ce sont surtout les personnes qui y sont prédisposées génétiquement qui risquent le plus d’en souffrir. Les malades sont généralement asymptomatiques, bien que de la fatigue ou des douleurs au niveau du côté droit du corps puissent se ressentir. Souvent aussi, la découverte fortuite d’un bilan hépatique lors d’un examen de sang de routine permet de détecter la maladie du NASH. Plus encore, une échographie facilite le dépistage d’un foie «brillant» (à cause de la graisse qui l’enveloppe).

Traitements et prise en charge
Le Dr Khalil Honein explique qu’il faut procéder d’abord par élimination. Il ne doit pas s’agir d’une surconsommation d’alcool, d’une prise de médicaments susceptibles de générer le NASH, ou de sources virales. «Une fois cette première étape surmontée et le niveau de gras dans le foie indiqué par le fibroscan (examen qui consiste à quantifier la fibrose du foie, en déterminant la dureté du tissu hépatique), nous pouvons passer à la phase thérapeutique», précise le gastro-entérologue. Diète alimentaire (régime plutôt méditerranéen), adoption d’un mode de vie sain, perte de poids, activités sportives, réduction de la prise d’alcool, chirurgies de l’obésité (si urgence), prise de certains antioxydants (vitamines E, C et parfois D), d’antidiabétiques (dans le cas d’une insulino-résistance), de statines (médicaments contre le cholestérol et les triglycérides), tant de traitements qui contribuent à éviter le passage à un état plus grave du NASH (à savoir la fibrose ou la cirrhose).

Par Natasha Metni Torbey

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