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Hypercholestérolémie. Première cause de mortalité dans le monde et au Liban

Facteur de risque grave de la maladie cardiovasculaire au Liban, l’hypercholestérolémie reste la cause première en termes de nombre de morts. Mise au point avec le cardiologue Dr Tony Abdel Massih.

L’hypercholestérolémie est une maladie très fréquente au Liban. Sa gravité réside dans le fait qu’elle est silencieuse et ne «fait preuve» de symptômes que tardivement. Le dépistage précoce est indispensable à l’arrêt de son évolution et à la diminution du taux de mortalité dans le pays, puisqu’elle en est la première cause. L’hypercholestérolémie commence à un âge très jeune. Des dépôts de cholestérol se forment alors au niveau du système artériel et des artères (propres au cœur) qu’on appelle coronaires. Avec l’âge et en présence d’autres facteurs de risque (hypertension artérielle, tabac, diabète, manque d’exercice physique régulier et surtout l’hérédité familiale), l’hypercholestérolémie contribue à la formation de plaques de cholestérol à l’intérieur des artères. A un moment donné et pour des raisons multiples, cette plaque se rompt dans l’artère et provoque des maladies graves et parfois mortelles comme l’infarctus du myocarde, les accidents vasculaires cérébraux, l’amputation d’un membre inférieur, etc.

Types d’hypercholestérolémie. L’hypercholestérolémie est un taux de cholestérol élevé dans le sang. Le cholestérol est une molécule indispensable à la formation des membranes des cellules de notre corps. Il contribue à la constitution des neurones du cerveau des enfants jusqu’à l’âge de deux ans. C’est, en d’autres termes, un ensemble de protéines circulant dans le sang sous forme de lipoprotéines contenant le LDL. Celles-ci sont synthétisées par le foie et déversées dans le sang pour exercer initialement leur fonction utile. Au cas où le foie n’arrive pas à les «extraire» du sang, ces molécules deviennent néfastes pour nos artères. Une autre molécule dont la mission est de transporter le LDL des organes au foie est le HDL: le «bon cholestérol». Malheureusement, le HDL se décline en plusieurs sous-types que les laboratoires conventionnels ne peuvent mesurer. Aucun traitement spécifique à cette molécule n’existe encore. C’est la raison pour laquelle le LDL reste l’objectif primaire en matière de traitement. Les médecins possèdent un arsenal thérapeutique puissant. Plus le taux de LDL est bas, mieux les personnes pourront être protégées des maladies cardiovasculaires qui restent la première cause de mortalité dans le monde.

parmi les symptômes potentiels, une fatigue généralisée, une tendance à la somnolence accrue, ou une douleur inexpliquée au niveau des chevilles.

Cette maladie est dans la majorité des cas asymptomatique. Certains patients peuvent ressentir une fatigue généralisée, une tendance à la somnolence accrue après les repas ou une douleur inexpliquée au niveau des chevilles. «L’hypercholestérolémie familiale» est une autre forme decette pathologie, moins fréquente. Elle se caractérise par un taux de LDL élevé dès la naissance, multipliant par 13, en l’absence de traitement, le risque d’infarctus du cœur prématuré chez les hommes de moins de 55 ans et chez les femmes de moins de 60 ans. On retrouve des tuméfactions appelées xanthomes au niveau des tendons d’Achille et des extenseurs des mains. Il est possible de dépister des dépôts lipidiques au niveau des paupières chez les jeunes de moins de 30 ans.

Nouveautés thérapeutiques. Les statines sont les molécules qui empêchent la synthèse du cholestérol au niveau du foie lui-même responsable de 70% de la production du cholestérol dans le corps humain. Les 30% restants proviennent de l’alimentation. Une autre molécule ezitimibe empêche l’absorption intestinale du cholestérol alimentaire. Les inhibiteurs du PCSK9 marquent la découverte du siècle comme nouvelle voie thérapeutique. Cette enzyme a été dépistée pour la première fois par une Libanaise, Dr Marianne Abou Fadel, actuellement Doyen de la Faculté de pharmacie de l’USJ, il y a une vingtaine d’années. Ces médicaments ont montré une réduction drastique du LDL de l’ordre de 60 à 70%. Les études se sont enchaînées confirmant leur efficacité importante et leur impact sur la réduction de la mortalité.

Natasha Metni Torbey

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