Le Festival du Film Libanais. En coulisses
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Nº 3092 du vendredi 3 août 2018

Le Festival du Film Libanais. En coulisses

 
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A l’occasion de l’édition 2018 du Festival du film libanais, du 17 au 21 septembre, Magazine a été invité dans les coulisses du Festival. Avant-goût de la sélection qui vous attend.
 

En plein processus de sélection de l’édition 2018 du FFL, axée autour de la femme, Magazine a sélectionné pour vous ses trois coups de cœur, trois courts métrages hors-compétition, forts, intenses et poignants: Skin d’Inaam Attar, In white de Dania Bdeir, et Rappelle-moi de Marie-Hélène Copti. Entremêlant symboles et référents, poésie et subtilité, chacun à sa manière, ces trois films prouvent que le court-métrage n’est pas un art mineur. Ils traitent de la relation mère/fille dans ses multiples phases, de l’adolescence au devenir femme, comme une histoire unique qu’on raconterait.

Skin, d’Inaam Attar
Intense, subtil, Skin est une véritable pépite. Filmé à même le corps, à même la parole du corps, ce film traite de la découverte du corps féminin, des premiers émois sexuels dans une société où la sexualité, hors mariage bien entendu, est une contradiction cléricale, l’envers de la bonne éducation. Entre la fille Aline, et la mère, jouée par Julia Kassar, tout semble apaisé et serein, une vie de routine bien huilée, entre la maison, l’église, le confessionnal et l’école où la mère enseigne.
Skin ne se veut pas provocateur, tentant à cor et à cri de briser le tabou de la sexualité. Il ne la reconnaît pas d’ailleurs comme un tabou en soi, puisque découlant naturellement. La caméra d’Inaam Attar se positionne loin de tout voyeurisme. Elle filme ses personnages avec une grande tendresse, même dans les moments durs, avec de gros plans sur les traits, les images fixes, le bourdonnement de l’eau et les boursouflures du silence.
Skin progresse par étapes, dans une exploration symbolique qui atteint son point culminant à la fin du film, dans cette goutte de sang, ce saignement qui se joue d’un effet de miroir ahurissant. Dans cette goutte de sang, tout est dit, voire mieux, tout est suggéré. Skin est dans la subtilité de la suggestion. On en sort tout retourné.

In white, de Dania Bdeir
Dédié aux femmes courageuses de sa famille, Dania Bdeir offre aux spectateurs un film qui se regarde le sourire toujours tout près du cœur. Contrairement à ce que son titre pourrait suggérer, il ne s’agit pas d’un jour de mariage, d’une mariée en blanc. In white est à la fois un film dur et tendre qui aborde une multitude de questions sociales, de la plus simple à la plus compliquée, des mœurs et coutumes bousculées aux relations impossibles.
Le père vient de mourir, et le film déroule trois jours de condoléances. A mesure que les minutes s’écoulent, le nœud se complexifie, l’intrigue s’étoffe autour de Lara, elle qui «est devenue trop américaine», comme le lui dit sa mère, interprétée par Roula Hamadé, elle qui ne comprend pas pourquoi il faut porter du noir un jour de deuil, pourquoi ne peut-on pas s’habiller de blanc pour célébrer une vie passé?
Il n’y a presque pas de couleurs dans In white, que du noir, des robes de deuil, des mines blanches, des foulards blancs, même l’image est presque grise, fade, monochrome, vaporeuse. Comme une réalité flouée par la perte de soi, de ses convictions, face à une société intransigeante dans ses habitudes, implacable dans ses jugements, ses a priori. Continuer à se taire, acquiescer, dire toujours oui. C’est qu’il faut beaucoup de courage pour dire non. In white résonne comme une majestueuse parabole sur la force du non.

Rappelle-moi, de Marie-Hélène Copti
Ce court-métrage prend le spectateur par surprise, de par la relation mère/fille qu’il aborde. On est loin de l’attendue relation conflictuelle. La tranche d’âge que le film aborde est différente de ce à quoi on pourrait s’attendre, généralement peu traité dans le cinéma local. La mère est âgée, amnésique. Elle est attachée à ses petites habitudes, sa mousse au chocolat et sa tasse de café, là où sans doute elle se retrouve, sûre de ne pas se tromper, parce que si près de ses instincts premiers.
Seules dans un café, parisien sans doute, la mère et la fille. Chez l’une, la perte de tous les repères, chez l’autre la lassitude, comme une certaine exaspération de la vie. Entre elles, il n’y a que des mots qui tonnent dans l’inutile de la discussion, du dialogue, voire du monologue. Et soudain, la mère demande à sa fille de lui rappeler ce qu’elle aimait chez son mari, le père. Et c’est l’embrasement des images de l’enfance, des souvenirs passés, dont l’adulte préfère garder une image noire, rigide.
Rappelle-moi tonne comme un poème autour de la mémoire, des souvenirs d’enfance qu’on traîne souvent comme «un dimanche autour du cou». A moins de croiser le regard suppliant d’interrogation de sa mère et retrouver son enfance autrement. Véritable ode à la vie!

Nayla Rached

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Éditorial
Gouvernement: ce que cachent les apparences

En apparence, les écueils qui retardent la formation du gouvernement sont de nature interne, liés aux demandes des uns et des autres concernant le nombre de ministres et la répartition des portefeuilles. Le président de la République, Michel Aoun, et le Courant patriotique libre (CPL) exigent au moins 11 ministres, ce qui leur permettra d’assurer le tiers de blocage au gouvernement. Il s’agit pour eux de restaurer, d’une manière contournée, une partie des prérogatives retirées au chef de l’Etat par l’accord de Taëf, notamment la compétence de dissolution du Parlement. Les Forces libanaises (FL) réclament, pour leur part, quatre ministres dans un Cabinet de 30 membres, dont un portefeuille régalien. Une demande que la formation de Samir Geagea juge raisonnable vu le bloc de 14 députés qu’elle a obtenu aux élections législatives. Walid Joumblatt exige que les trois ministères revenant aux druzes lui soient attribués, arguant du fait que 6 des 8 députés de cette communauté appartiennent à son bloc parlementaire. Le seigneur de Moukhtara veut, en fait, retrouver le rôle de balancier qu’il affectionne tant et qu’il a perdu à la Chambre. Saad Hariri, enfin, ne souhaite pas que l’un des sièges sunnites soit octroyé à une personnalité proche du 8-mars ayant, de surcroît, des ambitions de devenir Premier ministre.Cependant, la réalité est que les conditions posées par les différents acteurs cachent des enjeux bien plus importants que le nombre de ministres et la nature des portefeuilles attribués à tel ou tel parti. En effet, la formation de ce gouvernement intervient à un moment-clé de l’histoire de la région, marqué par la victoire de Bachar al-Assad et de ses alliés en Syrie, et par la décision de l’administration américaine d’essayer de mettre sur les rails l’«accord du siècle» pour un règlement du conflit israélo-palestinien, que d’autres appelleraient «la liquidation de la cause palestinienne». On comprend mieux, dès lors, que les puissances régionales et internationales se livrent à un bras de fer au Liban afin que leurs alliés respectifs conservent assez d’influence pour peser dans la balance lorsque viendra le moment des grandes décisions. La partie est cruciale, surtout pour les Etats-Unis et l’Arabie saoudite, dont les amis au Liban ont perdu la majorité des deux tiers au Parlement. S’ils sont également mis en minorité au gouvernement, Washington et Riyad ne disposeront plus de leviers politiques assez efficaces pour influer sur le processus de prise de décision. Le Hezbollah et ses alliés auront alors les coudées franches pour exécuter leur agenda sur lesquels figurent des points allant de la normalisation des relations avec Damas, au renforcement des liens avec l’Iran, en passant par l’obstruction au plan de Donald Trump. Il ne faut plus s’étonner que la formation du gouvernement traîne autant. La surprise aurait été qu’il voit le jour rapidement.


 Paul Khalifeh
   

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Avec 450 garderies en moyenne réparties dans tout le pays, on compte quelque 22 500 enfants qui les fréquentent chaque année. Quel budget faut-il prévoir pour y inscrire son enfant? Trouver…

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