Confidences Liban
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Nº 2987 du vendredi 6 février 2015

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Débat autour de questions militaires
Le Parlement devrait se réunir en session extraordinaire pour voter la loi relative à la prolongation de l’âge de la retraite des officiers supérieurs dans les secteurs militaires et sécuritaires. Ceci concernerait les postes principaux allant du général Ibrahim Basbous de la direction des Forces de sécurité intérieure (le Courant du futur, dit-on, aurait voulu attribuer ce poste au général Imad Osman, mais y a renoncé pour des raisons techniques). Autre sujet à l’ordre du jour, le recrutement de 40000 agents dans les FSI, un sujet qui oppose les membres du gouvernement. Les ministres du 14 mars y seraient favorables et un accord aurait déjà été acquis. 4000 agents ont été engagés dans les FSI et 1500 à la Sûreté générale, l’année dernière. Les sources du 8 mars démentent tout accord et s’interrogent sur la raison de cette décision qui pèsera sur les finances publiques.

 

Précarité de la sécurité des camps
De violents affrontements opposent l’armée syrienne et les combattants du Front al-Nosra infiltrés du sud-est du Qalamoun à Zabadani, ainsi qu’à Kfir et Yabous, à proximité de la frontière syro-libanaise. Alors que Zabadani est sous la mainmise des combattants, Sighaya reste en dehors du champ de bataille encerclé par l’armée à presque toutes ses ouvertures. La réalité sur le terrain se répercute fortement sur la situation de plus de six mille citoyens syriens vivant dans les camps à l’extérieur de Kfarzid, et au sud de l’aéroport militaire de Rayak. Des sources sécuritaires libanaises indiquent que «l’armée tente de ne pas avoir d’affrontements avec les déplacés dans le camp et leur donne 48 heures pour les évacuer sans leur fixer une destination, sans quoi le camp sera démoli vu la précarité de sa sécurité».

Rencontre Aoun-Hariri à Riyad
Le premier résultat de la visite du général Michel Aoun en Arabie saoudite, où il s’est longuement réuni avec l’ancien Premier ministre Saad Hariri, est le couronnement des rencontres bilatérales, notamment entre Gebran Bassil et Nader Hariri. Un accueil chaleureux a été réservé à Riyad au général Aoun et à la délégation qui l’accompagnait. Les responsables du protocole ont installé, dans le salon où étaient reçues les condoléances, le général à côté de l’ancien Premier ministre, permettant ainsi une concertation politique entre les deux hommes.

Aïn el-Tiné: premières initiatives
Le dialogue à Aïn el-Tiné a abouti au retrait des affiches et bannières partisanes à Beyrouth, sur  la route de l’aéroport comme à Saïda et Tripoli et sur l’urgence du plan sécuritaire dans la Békaa. Le président Nabih Berry a affirmé qu’il ne flottera plus dans la capitale que les drapeaux libanais. Il a insisté sur le fait que le dialogue avait eu des répercussions positives sur l’opinion publique et se poursuivra avec la même ardeur. Quant au retard accusé dans le plan concernant la Békaa, il est dû à des problèmes logistiques et sécuritaires du ressort de l’institution militaire et des forces de sécurité concernées. La bataille de Ras Baalbeck contre les terroristes en a retardé le lancement.

 

Un anniversaire à caractère politique
Le dixième anniversaire de l’assassinat du président Rafic Hariri et celui de la révolution pour l’indépendance seront marqués le 14 février par une cérémonie au Biel: des allocutions sont prévues, ainsi qu’une intervention du président Saad Hariri dans laquelle il abordera des sujets politiques, où il évoquera le dialogue, et sécuritaires portant sur la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme et le soutien à l’armée. Des débats politiques et des activités culturelles seront organisés entre le 14 février et le 14 mars. Pour des raisons de sécurité, il n’y aura pas de rencontres populaires Place des Martyrs.

4e bassin: une décision explosive
Au dernier Conseil des ministres, Elias Bou Saab a évoqué, hors agenda, l’affaire du remblai du 4e bassin en déclarant qu’il en avait été chargé par les forces politiques réunies à Bkerké. Il a fait remarquer que ce remblai n’était pas légal, car le bassin est une propriété de l’Etat et qu’une telle autorisation était du ressort du Conseil des ministres, précisant que si celle-ci était accordée, il y aurait sans aucun doute un mouvement de rue dont on ne peut pas calculer la violence. Les deux ministres Gebran Bassil et Rachid Derbas ont appuyé les propos de leur collègue sur le plan juridique.  

Non au monopole chrétien
Le président Amine Gemayel n’est pas le seul mécontent du dialogue Aoun-Geagea et se demande de quel événement historique s’agit-il? Il précise que la scène chrétienne ne se résume pas à eux… Cette opinion est partagée par le député Sleiman Frangié qui voit un bazar possible sous le titre «Aujourd’hui, c’est moi ou personne» de Aoun et «toi Geagea, ton tour viendra demain». Malgré l’assurance des proches de Frangié que Michel Aoun a mis ce dernier dans l’ambiance du dialogue avant qu’il ne soit entamé, certains dans les rangs des Marada pensent que, sans négociation, le seul fait d’entamer le dialogue sous cette forme monopolise par les deux hommes la représentation des chrétiens. Pour un proche de Frangié, si le dialogue avec Saad Hariri n’est pas fructueux, que dire de celui entamé avec un de ses adeptes?

Raï à Rome après sa convalescence
Après l’opération chirurgicale due à un hématome au cerveau, il a été décidé que le patriarche maronite Béchara Raï devait prendre un repos de deux semaines. Il se rendra ensuite au Vatican pour participer à la réunion annuelle des cardinaux catholiques, présidée par le pape François, au cours de laquelle plusieurs cardinaux seront consacrés. Pendant son séjour à Rome, le patriarche rencontrera le pape et nombre de ses assistants et y présidera le 9 février la messe de saint Maron célébrée au siège du patriarcat maronite. Il restera dans la capitale italienne jusqu’à la mi-mars pour participer aux réunions des comités du Vatican, dans lesquels avait été désigné le patriarche, et qui s’occupent des problèmes concernant l’Eglise catholique.

 

Hezbollah-Ikhwan: relations tendues
Le dialogue entamé entre le Hezbollah et les Frères musulmans piétine. Pour les observateurs avertis, la direction de cette organisation, connue au Liban sous le nom de «Jamaa islamiya», n’est pas encore disposée à revenir sur sa politique actuelle. Dans certains milieux, on parle d’une divergence interne au sein de cette direction sur un tel dialogue, surtout depuis le rapprochement entre Haret Hreik et Koreytem, qui a provoqué des tensions au sein de la Jamaa et dans son entourage. Ces mêmes milieux soulignent que les faucons de l’organisation lancent de virulentes critiques au parti de Dieu depuis les rumeurs qui circulent sur la disposition du secrétaire général des Ikhwan à répondre aux efforts déployés pour entamer un dialogue avec le Hezb, dans une tentative de torpiller un éventuel rapprochement. Le responsable des Ikhwan dans la Békaa, Abou Yassine, et le député du mouvement, Imad el-Hout, doutent du sérieux du dialogue entamé entre le Hezbollah et le Futur. Ils le jugent peu sérieux et ne peut aboutir à aucune solution. Ils ajoutent qu’il n’aura pour résultat que de compliquer la situation dans la Békaa.

Grille des salaires: un refus aux dures conséquences
A la suite du refus du gouvernement et du Parlement d’adopter la nouvelle échelle des salaires des fonctionnaires et des contractuels, un rapport a établi des statistiques pour le moins inquiétantes découlant de la politique salariale, qui a bouleversé la  balance proportionnelle des dépenses des familles entre 1997 à 2012. Le panier de la ménagère a changé profondément. Les dépenses de la famille sont tombées durant cette période de 34,6% à 22,2% sur les produits alimentaires et les boissons. Il en a été ainsi sur les frais de vêtements et de chaussures, qui ont chuté de 6,3% à 5,4%. Cette baisse a touché les frais d’équipements en articles ménagers et entretiens courants d’un foyer, qui passent de 7,9% à 2,7%. Les dépenses de santé sont en baisse, passant de 8,8% à 7,8%. Quant aux frais des loisirs et des restaurants, ils ont été réduits de 5,4% à 4,9%. Les frais d’enseignement sont tombés de 14,4% à 5,9%. En revanche, le rapport indique que les dépenses sont remontées d’une façon notoire dans le secteur de l’habitat, passant de 8,8% à 28,5%, comprenant l’électricité et d’autres produits combustibles. En hausse également, les frais de transport et de communications, allant de 11,3% à 17,7%. Le coût des soins personnels a également augmenté de 3,5% à 4%. Du fait des bas salaires dans les deux secteurs public et privé, les frais de nourriture ont été dépassés par les lourdes dépenses dans les domaines indiqués plus haut. Le rapport conclut sur les mauvaises répercussions de la situation sur la santé et sur le marché de l’emploi au Liban.

Les ambitions de Dahlan
Des sources du Golfe révèlent qu’un pays arabe producteur de pétrole finance le rôle politico-sécuritaire d’un ancien responsable fathaoui, Mohammad Dahlan. Ces mêmes sources considèrent que l’action de Dahlan ne se limite pas au camp de Aïn el-Heloué, mais englobe des groupes palestiniens à l’intérieur et en dehors du camp. Ce changement politique vise en priorité l’organisation et les partisans de Fateh. Toutefois, les ambitions évidentes des «Dahlaniotes» sont de profiter de la situation sociale misérable pour élargir leur influence politique chez les réfugiés. Le Fathaoui, qui a perdu face à ses rivaux à Gaza en 2007, cherche à récupérer son influence. Selon certains rapports, le rôle de Dahlan à Gaza est le même que celui qu’il a au Liban. Il s’infiltre à travers «le seuil de pauvreté» au cœur de la carte politique divisée de Fateh et entre les diverses organisations palestiniennes. Les mêmes sources pensent que Dahlan, qui a obtenu pour lui et sa famille, des passeports serbes, souhaite éliminer le président palestinien Mahmoud Abbas et éloigner la présidence de Ramallah de ses liens historiques avec Le Caire, Damas et Riyad, ainsi que Beyrouth, pour un poste présidentiel à Ramallah aux fins d’un rapprochement officiel avec le gouvernement de l’ennemi à Tel-Aviv en harmonie avec la politique de certaines nouvelles orientations politiques régionales envers Israël.

Le message de Souleimani
Un expert militaire libanais considère que la visite à Beyrouth du général Kassem Souleimani, commandant de la force al-Qods des Gardiens de la Révolution iranienne, est un message urgent concernant le rôle militaire que pourrait avoir cette force dans tout affrontement militaire que pourrait déclencher Israël sur le front syro-libanais. Ce même expert ajoute que l’armée israélienne ne pourra plus, dans n’importe quelle guerre future, mobiliser les unités militaires et sera obligée de disperser ses possibilités sur plusieurs fronts de bataille. Ceci affaiblira son potentiel d’attaque. Il souligne le recul d’Israël après la guerre qu’il a menée au Liban et à Gaza, où il a pu réaliser l’avancée des techniques de la Résistance et sa volonté de combattre. Le commandant des Gardiens de la Révolution, le général Mohammad Ali Jaafari, a indiqué, de son côté, que le guide suprême Ali Khamenei a autorisé de jeunes Iraniens à combattre aux côtés de leurs «frères» irakiens, syriens et libanais.    

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Éditorial
Etat de barbarie

En brûlant vif le pilote jordanien Moaz el-Kassasbeh et en mettant en ligne la vidéo de son assassinat, digne des meilleures productions hollywoodiennes, l’organisation de l’Etat islamique a montré qu’elle était capable de pousser toujours plus loin les limites de la barbarie. On pensait avoir atteint le summum de l’horreur en regardant les lapidations, la punition par le fouet, l’amputation d’un membre ou les décapitations collectives d’otages. On commençait même à s’habituer à ces scènes, aussi insoutenables soient-elles. Mais Daech nous a surpris en inventant un châtiment inédit, dans le seul but de casser la routine. Car telle est la fonction première de ce crime filmé par des professionnels disposant d’un matériel dernier cri et monté par des techniciens macabres mais compétents: répandre la terreur pour déstabiliser autant ses ennemis que ses sujets. Il est, en effet, plus commode d’affronter un adversaire paralysé par la peur et de gouverner une population soumise par la terreur, que de se battre contre un ennemi confiant et courageux et d’administrer un peuple rebelle. Les théoriciens des slogans «Daech est un grand mensonge», «une invention du régime syrien» ou «Daech n’est pas notre problème» sont bien obligés, aujourd’hui, de se rendre à l’évidence. Les troupes d’Abou Bakr el-Baghdadi se trouvent à deux heures de route de Beyrouth et elles se renforcent tous les jours davantage. Cette organisation existe et elle est beaucoup plus puissante et dangereuse qu’ils ne le pensaient. Ou peut-être le savaient-ils très bien, mais se croyaient-ils à l’abri et se frottaient-ils déjà les mains en se voyant rafler la mise après que Daech et le Hezbollah se soient mutuellement anéantis? Il ne faut pas sourire, car certains politiciens libanais, voire des dirigeants de pays soi-disant grands, ont cru - et peut-être le croient-ils encore - qu’il est possible d’instrumentaliser cette organisation pour servir leurs propres intérêts. Qu’elles soient infantiles ou diaboliques, ces attitudes ont les mêmes résultats dévastateurs. Certains pensent qu’il sera possible, un jour, lorsque la guerre sera terminée, de coexister avec le califat de Baghdadi. Après tout, un Etat en plus ou en moins ne changera pas grand-chose au destin de cette région tourmentée, pourvu que les affaires redémarrent, que les investissements affluent, que l’argent coule à flots, que les comptes en banque gonflent. Ce type de raisonnement est nuisible, car il a tendance à minimiser la gravité de la situation et à ignorer les réalités. Par conséquent, la mobilisation générale de toutes les capacités de la nation, impérative pour combattre et vaincre Daech, faiblira. Abou Bakr el-Baghdadi en sortira plus puissant et sa défaite sera plus coûteuse, en temps et en ressources… et ce n’est pas bon pour les affaires! Sans une reformulation des priorités dans la tête de certains dirigeants internationaux, la défaite à l’échelle régionale de Daech sera impossible. La même logique s’applique à l’échelle locale. Une partie des Libanais a tardé à considérer Daech comme un danger existentiel. D’autres sont conscients du danger que représente cette organisation, mais estiment que la combattre n’est pas une priorité. Il faut qu’ils accordent leurs violons, surtout que Daech n’est plus une simple organisation terroriste. Il est devenu un Etat totalitaire, qui veut imposer, aux musulmans d’abord et au reste de l’humanité ensuite, sa vision de l’islam.


 Paul Khalifeh
   
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