Bernhard Wicki. Un génie de l’image à l’affiche
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Nº 2941 du vendredi 21 mars 2014

Bernhard Wicki. Un génie de l’image à l’affiche

 
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    Bernhard Wicki. Un génie de l’image à l’affiche
    Jusqu’au 3 avril prochain, l’Institut Goethe invite les Beyrouthins à découvrir l’un des plus grands réalisateurs et photographes germanophones de l’après-Guerres mondiales, Bernhard Wicki, pourtant encore méconnu au Liban. Au...
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Jusqu’au 3 avril prochain, l’Institut Goethe invite les Beyrouthins à découvrir l’un des plus grands réalisateurs et photographes germanophones de l’après-Guerres mondiales, Bernhard Wicki, pourtant encore méconnu au Liban. Au programme, exposition photographique et projection de films à l’espace Dawawine, situé à Gemmayzé.
 

«Bernhard Wicki est tout simplement le réalisateur le plus connu en Allemagne dans la période post-Guerres mondiales, dans les années cinquante, introduit Ulrich Nowak, directeur du Goethe Institute. Il était également photographe à ses heures et prenait les clichés qu’il aimait. Au fil de cette exposition qui lui est consacrée, nous voulions faire découvrir au public quarante de ses photographies en noir et blanc, des clichés proposant une réflexion sur la société de son temps. Nous souhaitions également créer une interaction avec la vie artistique libanaise, poursuit-il. Avec cette exposition et la projection de quatre de ses films, deux en tant qu’acteur et deux autres en tant que réalisateur, nous revenons sur les traces d’un artiste que les cinéastes et photographes libanais doivent connaître».
Bernhard Wicki voit le jour en octobre 1919 en Autriche, tout juste après la Première Guerre mondiale. A 19 ans, il se lance dans des études d’arts dramatiques à Berlin avant d’être emprisonné pendant dix mois dans un camp de concentration, devenant son plus jeune prisonnier politique pour avoir appartenu à la Jeunesse communiste. Au début de la Seconde Guerre mondiale, il reprend son parcours dans les arts du spectacle et fait ses débuts sur les planches à Vienne, Munich ou Zurich.
«J’avais toujours considéré les films et la photographie comme un art secondaire, et je ne vivais que pour le théâtre et la peinture», informe l’artiste, décédé en 2000, dans une rétrospective de son travail. En 1952, un événement culturel à Lucerne en Suisse va changer sa vision des choses: l’exposition mondiale de la photographie. Il y découvre les clichés de l’agence Magnum dont l’un va le fasciner littéralement, celui de Robert Capa qui représente un soldat mourant lors de la guerre civile espagnole en 1936. «Il réside dans la
nature des photographies une possibilité de les interpréter, de regarder profondément en elles; et si elles sont relativement bonnes, elles ne reflètent pas seulement la réalité, mais laissent de la place à l’imagination, songe-t-il alors. Cette exposition m’a ouvert les yeux, j’ai su que j’avais trouvé ma vocation, se souvient-il. J’ai quitté le salon et je me suis directement rendu à la première boutique d’appareils photo, j’ai acheté un Rolleiflex et envoyé un télégraphe à Lippel, le directeur du Théâtre national de Munich de l’époque, pour lui demander une demi-année sabbatique, ou je démissionnais. Il a accepté. Je suis allé à Paris et j’ai commencé à prendre des photos comme un fou».
Au détour des ruelles, en France, en Allemagne, en Italie, en Bosnie, au Maroc, en Amérique du Nord, en Afrique, en Russie ou encore en Autriche, Bernhard Wicki capture des instantanés à travers son objectif. Son sujet de prédilection: les gens. «La vie humaine était au centre de son univers pictural, décrit la curatrice Inka Graeve Ingelmann, dans le catalogue de l’exposition. Les gens sont également présents, même lorsqu’ils sont en dehors de l’image, à travers des objets qui rappellent leur existence. Lorsqu’il photographiait des gens, il se concentrait sur l’individu. Les femmes, les hommes, même les enfants qu’il représentait, semblaient être enveloppés par une profonde et désespérée solitude, explique-t-elle. Les photographies de Wicki décrivent une période fortement ébranlée par les événements désastreux de la Seconde Guerre mondiale, dans laquelle toutes les visions de l’utopie se sont éteintes, alors que l’humanité et l’espoir ont néanmoins été maintenus en vie».
Rapidement, le travail photographique de l’artiste, considéré par lui-même comme une phase, est éclipsé par son succès en tant que cinéaste. Son deuxième long métrage, The Bridge, recevra un succès international en 1959, couronné de prestigieuses récompenses à l’instar d’un Golden Globe. Un succès qui lui permettra d’avoir une entrée à Hollywood et de participer, entre autres, à la réalisation du film américain The longest day. Son travail de réalisateur, dit-on, influencera le paysage cinématographique de la seconde moitié du XXe siècle.
De quoi éveiller la curiosité des amoureux du cinéma, car il reste encore à découvrir à Dawawine, situé près du Goethe Institute, derrière le collège du Sacré-Cœur, deux derniers longs métrages, les 28 et 29 mars prochains, avec à l’affiche, Bernhard Wicki en tant qu’acteur dans The last bridge et The affairs of Julie. A ne pas rater. 


Delphine Darmency

Dawawine, consacré à l’art
Situé à quelques pas de l’axe principal de Gemmayzé, dans la petite rue d’al-Arz, Dawawine a ouvert ses portes en juin dernier. Un espace comme on aimerait en voir plus, aux multiples facettes, à la fois librairie, bistro et lieu de travail, à l’identité des plus artistiques tournant autour des disciplines telles que l’audiovisuel, le théâtre, la danse, la musique, la littérature ou encore l’image. L’espace est ouvert tous les jours de 11h à 23h sauf les lundis.

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Éditorial
S.O.S. Liban!

Chaque jour apporte son lot d’explosifs, de morts, de blessés et de dégâts que provoquent les véhicules de la mort. Les Libanais vivent dans l’angoisse de ce qui les attend. Les services de renseignements et les forces de sécurité s’acharnent à intercepter les terroristes avant qu’ils n’agissent. Ils réussissent, parfois, et en paient le prix. L’armée est devenue la cible privilégiée des criminels. Ce fléau qui frappe le Liban ne peut être éradiqué que par une politique, dans le sens le plus juste du mot, menée par des hommes conscients de la responsabilité qui leur incombe, celle d’assurer la sécurité et le bien-être des citoyens. Nous en sommes très loin. A Tripoli, devenue ville fantôme, les combats meurtriers se poursuivent. Les écoles ferment leurs portes, les commerces baissent leurs rideaux et les gens du Nord vivent au rythme des agressions contre Ersal. A cela se greffe la chute de Yabroud, une «victoire» que célèbre bruyamment le Hezbollah ignorant le flux de nouveaux réfugiés qui traversent la frontière gonflant le nombre de ceux qui, désormais, sont sur place avec peu d’espoir de rentrer chez eux, du moins à court terme. On estime, sans crainte d’exagérer, que Syriens et Palestiniens confondus constituent non moins du tiers de la population libanaise encore résidante dans le pays. Arrivés sans ressources, dans leur grande majorité, ils sont accueillis, presque, à bras ouverts, mais sans aucun plan social et surtout sans contrôle. Leur présence, quel que soit le devoir humanitaire qui dicte l’aide qui leur est apportée, pèse lourd dans un pays où l’Etat peine à répondre aux besoins sociaux de ses propres citoyens. Ces derniers sont très souvent remplacés dans nombre de travaux par une main-d’œuvre moins coûteuse. Les Libanais, toutes cultures, toutes classes sociales confondues, s’interrogent sur l’avenir de leur pays où la vie devient de plus en plus dure et où l’espoir d’un redressement radical n’est pas hélas à l’horizon. Sur qui et sur quoi peuvent-ils compter? Est-ce sur des élus qui ont oublié le chemin de l’hémicycle et qui, pour beaucoup, ne le retrouveront probablement plus? Sur des situations où les compromis, indispensables dans l’état actuel des choses, sont la règle? Sur certains leaders, chefs de file de courants ou zaïms d’un autre temps?… On ne sait plus. Même si nous n’avons pas le droit de généraliser et de mettre dans un même panier tous ceux qui sévissent dans les hautes sphères, il nous faut reconnaître que les meilleurs  d’entre eux n’ont plus vraiment leur destin en main et le nôtre encore moins. Dans un pays où l’Etat dans l’Etat affaiblit l’autorité, celle-ci peut difficilement s’imposer. Il ne nous reste, pour toute perspective, que le dialogue. Mais sommes-nous assez naïfs pour croire encore dans la bonne foi de ceux qui ne cessent de renier leurs engagements? Nous entendons sans cesse la chose et son contraire. Peut-on croire que le Hezbollah qui, comme l’a laissé entendre récemment l’un de ses piliers, favoriserait une Armée libanaise renforcée par des équipements que le chef de l’Etat s’acharne à obtenir? Le président Sleiman et l’institution militaire ne sont-ils pas la cible quasi permanente du parti de Dieu? Ce qui nous reste, en guise de consolation, c’est de placer nos espoirs dans ce gouvernement en gestation, souhaitant qu’il ne naisse pas affublé d’un handicap irrémédiable. Déjà, en filigrane des débats parlementaires, se dessine le profil de la présidentielle mais attendant, au cours des deux mois qui leur sont accordés, ces messieurs du Sérail ne devraient pas chômer. Ils ont du pain sur la planche et surtout des services à assurer à tous ceux dont ils ont la charge et qui peinent à trouver les moyens de survivre, d’éduquer leurs enfants et de boucler leurs fins de mois. C’est ce qu’attend le Libanais lambda.


 Mouna Béchara
   

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