Dossier
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Nº 3106 du vendredi 4 octobre 2019

Matelec. Le géant libanais de l’électricité
Matelec est l’une des rares industries libanaises à s’être taillée une place de choix dans un marché international ultra concurrentiel. Son CEO, Sami Soughayar nous explique la stratégie de développement…
Fady Gemayel président de l’Association des industriels. «Soyons les Phéniciens du troisième millénaire!»
Pour le président de l’Association des industriels libanais (AIL), le Liban regorge d’opportunités et d’industriels qui ont fait leurs preuves, à domicile ou à l’international. Un secteur prometteur donc, mais…
Le marché mondial étant devenu extrêmement concurrentiel aujourd’hui, les entreprises sont contraintes de fournir des services et produits de haute qualité. Pour cela, des normes sont à respecter. Qu’en est-il…
Des Phéniciens à nos jours. Le Liban, terre de production
L’industrie libanaise s’est développée au fil des siècles, cherchant à imposer ses marques, ce qui n’a pas toujours été facile dans un pays porté historiquement vers le commerce et les…
Paladin, l’atelier du chocolat. Un savoir-faire authentique
Paladin, c’est plus qu’une simple boutique de chocolats. Créée par Sarkis Balgachian en 1957, cette entreprise artisanale a séduit plusieurs générations de gourmets. Passionné par le chocolat sous toutes ses…
Société familiale depuis 1929, Gemayel Frères est pionnière en matière d’emballage et de production de carton au Liban. Un succès entrepreneurial qui s’illustre par sa résilience, à l’heure des difficultés,…
Tinol Paints. Un fleuron de l’industrie libanaise
Présente sur le marché depuis 1956, Tinol Paints est l’une des figures de proue de l’industrie familiale libanaise. Un véritable succès qui ne se dément pas, comme l’explique Chaker Saab,…
Neemat Frem, député et Pdg d’INDEVCO. Parvenir au zéro deficit
Le Pdg d’INDEVCO, qui préside également la commission de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie au Parlement, plaide pour un plan quinquennal pour l’économie pour en finir avec le déficit.…
Les formations en industrie. Comment choisir la bonne filière?
Deuxième branche offrant le plus grand nombre d’opportunités de travail après la fonction publique, dépassant ainsi les autres secteurs économiques, l’industrie attire aujourd’hui beaucoup de jeunes. Il représente 13,6% du…
Expertise France au Liban Sept projets de 30 millions d’euros
Paris a vu courant septembre la concrétisation d’une initiative qui traduit la collaboration entre les artisans-créateurs de la filière de la transformation du bois à Tripoli et Expertise France. Cette initiative…
Etat des lieux. L’industrie, un potentiel sous-exploité
Longtemps considérée comme le parent pauvre de l’économie, négligée par les gouvernements successifs, l’industrie est pourtant porteuse d’un grand potentiel sous-exploité. Malgré ses faiblesses, elle possède d’importants atouts prometteurs pour…
CEDRE, Rapport McKinsey. Une voie toute tracée pour relancer l’industrie
Plus d’un an après la conférence CEDRE et dans un contexte de crise de plus en plus prononcé, le changement de cap de l’économie libanaise est impératif, selon l’envoyé français, Pierre…
Éditorial
Tout n’est pas perdu

L’exploitation à des fins politiques des difficultés économiques et du malaise social actuels est malvenu autant que les arguments avancés par les gens au pouvoir pour se dédouaner, justifier leur incurie et leur incapacité à faire face aux défis, en se barricadant derrière l’héritage du passé. Certes, l’héritage est lourd, difficile à gérer, mais le pouvoir est continuité et les dirigeants d’aujourd’hui ne peuvent pas rejeter sur ceux d’hier la responsabilité de ce qui nous arrive.Nous payons aujourd’hui le prix des choix économiques erronés et des politiques financières impertinentes qui ont occasionné d’immenses dommages, qui, nous en sommes convaincus, ne sont pas irréparables. Ces choix se résument à la politique d’endettement justifiée au sortir de la guerre par les besoins de la reconstruction d’un pays dévasté par une folie meurtrière qui a duré 15 années. Des dizaines de milliards de dollars ont été dépensés pour, soi-disant, financer de nouvelles infrastructures et la remise à niveau des anciennes. En réalité, une infime partie de ces fonds est allée à ce à quoi ils étaient destinés et le reste a fini dans les poches de la classe dirigeante. Combien de Premiers ministres, aux moyens modestes, ne sont-ils pas devenus des tycoons? Combien de ministres ne se sont-ils pas transformés en banquiers ou de députés en entrepreneurs et en hommes d’affaires? L’argent est allé enrichir une nouvelle classe politique de basse extraction morale, parasitaire et sans scrupules, qui a pillé le pays pendant un quart de siècle. L’endettement s’est poursuivi outrancièrement, non plus pour financer la réhabilitation de l’infrastructure, mais pour payer le service de la dette. Le pays s’est alors installé au fil des ans dans un cercle vicieux qui aurait dû le précipiter dans l’abîme depuis des années, mais la catastrophe a été évitée en raison de la conjoncture internationale, entre 2008 et 2010, qui a permis au Liban d’attirer des dizaines de milliards de dollars qui fuyaient les économies occidentales meurtries par la crise mondiale.Au lieu de mettre à profit ce sursis providentiel, la classe politique corrompue a poursuivi son pillage systématique des ressources de l’Etat, jusqu’à ce que nous arrivions au point où nous en sommes aujourd’hui.Tout n’est perdu. Mais l’heure n’est plus aux mesquineries et aux règlements de compte. Il faut repenser tout le modèle économique, jeter aux oubliettes la mentalité rentière et revenir au cycle de la production. Il faut impérativement réduire la facture des importations qui s’élève à 16 milliards de dollars par an, une somme injustifiée pour une population de 4,5 millions d’habitants. Il faut la réduire de plusieurs milliards de dollars, pour ne plus dépendre autant des humeurs du billet vert et des pressions de son géniteur. Pour cela, les Libanais ont un rôle à jouer. Ils doivent reprendre confiance dans leurs capacités à créer et à fabriquer des produits à valeur ajoutée. Ils doivent consommer libanais. C’est dans cet esprit que Magazine a consacré son dossier de couverture, ce mois-ci, à l’industrie libanaise dans toutes ses déclinaisons. En achetant libanais, nous réduisons la facture des importations et, par conséquent, le déficit de la balance des paiements. Mais pas seulement. Nous boostons la production locale, ce qui poussera les industriels à créer des emplois, et qui conduira, forcément, à la relance de la consommation. En achetant un produit libanais, chacun d’entre nous, à son niveau, contribue à l’apparition d’une dynamique vertueuse, seule capable de briser le cercle vicieux dans lequel ceux qui nous gouvernent ont plongé notre pays. ●


 Paul Khalifeh
   
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