Confidences diplomatie
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Nº 3079 du vendredi 7 juillet 2017

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Guerre d'influence au Liban
Les EAU supplantent Le Qatar Un diplomate européen en poste à Beyrouth a fait remarquer que le vide laissé par le désengagement politique et financier de l'Arabie saoudite du Liban a été rapidement occupé par les Emirats arabes unis (EAU), soucieux de ne pas laisser le terrain libre au Qatar. Ces derniers mois, les EAU ont financé et supervisé l'exécution de dizaines de projets de développement de l'infrastructure dans des régions à majorité sunnite. Dans ce contexte, l'ambassadeur émirati au Liban, Hamad Saïd al-Chamisi, a inauguré, durant le mois de mai, 33 projets dans les régions de Miniyé-Denniyé et Akkar, financés par la Fondation hmanitaire cheikh Khalifa Ben Zayed Al Nahyane. 71 villes et villages, accueillant près des dizaines de milliers de réfugiés syriens, profiteront de ces projets aussi divers que le forage de puits artésiens, le percement et l'asphaltage de routes, la construction de murs de soutennement et de canaux d'irrigation et la rénovation d'écoles. Au delà de la dimension humanitaire de ces projets, le but de cet investissement est de combattre l'influence du Qatar, qui soutient activement, partout où il le peut, les Frères musulmans et consorts, considérés comme des ennemis à abattre par les Emirats et l'Arabie saoudite. Les EAU prennent soin de faire profiter de leur générosité certaines personnalités politiques au détriment d'autres, comme ce fut le cas au Liban-Nord, où l'ambassadeur Chamisi était accompagné du ministre et député Mouïn Merhébi et des cadres du Courant du Futur, alors que Khaled Daher a été tenu à l'écart de l'événement.

 

Paroles surveillées
Les ambassadeurs et les représentants des Etats membres de l'UE à Beyrouth ont été priés, par leurs administrations respectives, de ne pas faire de commentaires publics sur des questions relevant de la politique interne libanaise. Les diplomates sont autorisés à communiquer uniquement sur les questions relatives aux réfugiés syriens et à exprimer leur soutien à l'armée et aux services de sécurité dans la lutte contre le terrorisme.


Beyrouth, un nid d'espions
Un officier libanais à la retraite, qui a occupé des postes importants au sein des renseignements militaires, a déclaré à Magazine que le Beyrouth d'aujourd'hui lui rappelait celui des années 60 et 70 du siècle dernier, lorsque la capitale libanaise était un nid d'espions. Selon cet ancien officier, des puissances, grandes et moyennes, ont réinstallé d'importantes antennes d'espionnage à Beyrouth. Selon lui, c'est dans la capitale que les informations collectées dans la plupart des pays de la région sont triées et analysées, avant d'être envoyées dans les quartiers généraux, où les décisions sont prises. Beyrouth est aussi redevenu une base opérationnelle pour de nombreuses agences de renseignement.

Les Russes veulent rester à Mazraa
Des sources bien informées croient savoir que la Russie a décliné une offre de déplacer son ambassade, située en plein cœur de Beyrouth, dans le quartier de Mazraa, vers une région plus facile à protéger, comme Yarzé ou Rabié. Bien que l'emplacement ne soit pas idéal sur le plan de la sécurité, et que les locaux soient devenus quelque peu étroits, Moscou est attaché au symbole que représente sa présence en plein Beyrouth, alors que la plupart des pays occidentaux n'osent plus revenir dans la capitale, 27 ans après la fin de la guerre.


Générosité allemande mal appréciée
L'ambassadeur d'Allemagne à Beyrouth, Martin Huth, a déclaré que son pays débloquerait en 2017 entre 300 et 400 millions de dollars d'aides aux réfugiés syriens installés au Liban, ce qui porterait à un milliard de dollars la somme dépensée depuis 2015. Une source ministérielle libanaise a confirmé que l'Allemagne est l'un des premiers contributeurs.Elle a cependant critiqué la manière dont cet argent est dépensé, notamment par les agences de l'Onu, qui n'ont pas toujours les mêmes priorités que le gouvernement libanais.    



 

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Éditorial
Confiance déficitaire

Face aux immenses défis, notamment économiques, auxquels le Liban est confronté, les hommes politiques font figure de nains essayant, comme Atlas, de soulever sur leurs épaules la voûte céleste. Le temps précieux perdu en verbiage et en fanfaronnades autour de la loi électorale aurait pu être investi dans une profonde réflexion pour imaginer des idées, élaborer des plans et trouver des ressources permettant à l’économie de se redresser. Au lieu de cela, la classe politique a dilapidé, à coups de polémiques inutiles et de chamailleries stériles, une grande partie du capital-confiance du nouveau mandat, clé de voûte de tout projet d’avenir.De fausses batailles sont menées au nom de la défense du destin du Liban, qui résiderait, à en croire certains hommes politiques, dans le code-barre d’une carte magnétique. Pendant ce temps, la dette publique continue de gonfler et les capacités de l’Etat à trouver des ressources pour son financement deviennent de plus en plus aléatoires. L’ingénierie financière imaginée il y a presque un an par le gouverneur de la BDL serait à bout de souffle. C’est l’Association des banques du Liban (ABL) qui l’annonce, dans son rapport annuel. L’ABL exprime sa crainte de voir les dépôts, attirés l’année dernière par le montage de Riad Salamé, refaire le chemin inverse.Cette mise en garde illustre une inquiétude à peine voilée de la part des banques de ne pas voir affluer au Liban, en 2017 et 2018, des capitaux en quantités suffisantes pour couvrir les besoins de l’Etat libanais en financement, et du secteur privé en investissements. L’incertitude est alimentée par des facteurs régionaux, nés de la profonde division qui a frappé le Conseil de coopération du Golfe (CCG) après le bras de fer entre l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis d’un côté, le Qatar de l’autre. L’absence de perspectives positives concernant une remontée du prix du pétrole n’améliore pas la situation. Les émigrés, qui ont longtemps contribué généreusement aux transferts de capitaux vers la mère-patrie, sont contraints de se serrer la ceinture à cause de ces fâcheux développements. D’ailleurs, un début de mouvement de retour des familles de travailleurs libanais du Golfe, dissuadés par la cherté de vie, est enregistré.Le moins que l’on puisse dire est que la conjoncture n’est pas favorable au Liban. Il y a certes des éléments positifs, comme le redémarrage du tourisme après cinq années de recul. Cela reste toutefois insuffisant pour relancer des pans entiers de l’économie.Une meilleure gouvernance, la lutte contre la corruption, l’amorce de réformes et le début de l’exploitation des ressources en hydrocarbures auraient pu apporter, partiellement, des solutions de rechange. Mais ce ne sont pas des hommes politiques comateux ou qui jouent aux Don Quichotte qui seront capables de le faire.


 Paul Khalifeh
   

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