La retraite aux flambeaux en 1954. Une tragédie mal assumée

La retraite aux flambeaux en 1954. Une tragédie mal assumée

  • taille de la police diminution de la taille de police diminution de la taille de police augmentation de la taille de police increase font size
  • A
    De
    Message
    La retraite aux flambeaux en 1954. Une tragédie mal assumée
    De nombreux événements ont endeuillé le Liban pendant des jours et ont marqué l’histoire. Certains sont tombés dans l’oubli. Ainsi une retraite aux flambeaux, en 1954, fait plusieurs morts et...
  •  
Notez cet article
(0 votes)
A- A+

De nombreux événements ont endeuillé le Liban pendant des jours et ont marqué l’histoire. Certains sont tombés dans l’oubli. Ainsi une retraite aux flambeaux, en 1954, fait plusieurs morts et des centaines de blessés plongeant le pays dans l’horreur.


Le 2 novembre 1954, le gouvernement interdit les tirs et les feux d’artifice à l’occasion des fêtes religieuses. Le 7 novembre, à 18 heures, à la tombée de la nuit, quelque 2 000 jeunes gens, porteurs de flambeaux, défilent, malgré l’interdiction, devant le Collège Al- Makassed, à 100 mètres environ du terminus du tramway de Basta. Une foule de plusieurs milliers de personnes, dont surtout des jeunes, manifeste à l’occasion de la fête du Maouled. Il suffira de quelques minutes pour que le défilé se transforme en catastrophe et provoque la panique chez quelque 8000 personnes.
Les porteurs de flambeaux avaient l’intention d’aller jusqu’au Parlement en passant par la Place Riad Solh. En guise de flambeaux, ils avaient des torches alimentées par de petits bidons de mazout, soudés de façon artisanale autour du manche de la torche. Dès le départ, l’accident fatal se produit. Les torches font fondre les joints de soudure. Un des porte-flambeaux laisse alors tomber sa torche avec le petit réservoir de mazout. Les autres porteurs des flambeaux en font de même. Les réservoirs de mazout s’enflamment subitement, formant sur le sol une petite nappe de feu qui s’étend rapidement aux pieds des éclaireurs. Une bousculade s’ensuit et dégénère très vite.
Une mare de feu qui dure près de 20 minutes provoque une véritable hécatombe. Des jeunes sont piétinés. Bilan: Plusieurs morts, plus de quarante-deux personnes brûlées vives, de très nombreux blessés graves, dont 160 brûlés au premier et au second degrés.
Tous les services de secours sont mobilisés. Le pays est en deuil. Les hôpitaux lancent des appels urgents aux donneurs de sang. Les soins s’organisent. La Croix-Rouge lance un appel aux pays étrangers pour obtenir du plasma sanguin suffisant aux besoins des blessés. Durant des jours, c’est la lutte contre la mort de plusieurs blessés dont certains sont sauvés. Une souscription pour les victimes est lancée, elle se soldera à 290.000 livres libanaises.
Le 9 novembre, le Conseil des ministres, réuni en session extraordinaire, adopte à l’unanimité un projet de loi interdisant toute manifestation religieuse hors des lieux de culte. La Chambre est appelée à voter une semaine plus tard mais le projet suscite une large polémique. Il se heurte à une opposition farouche du patriarche maronite Mgr Antoine Arida et de Pierre Gemayel. Ils jugent qu’il porte atteinte aux libertés et invitent à voter une loi pour protéger les lieux de culte au lieu d’interdire les manifestations religieuses. Il souligne que les chrétiens se sentent visés, parce que les manifestations à l’extérieur des lieux de culte se passent chez eux. Pendant des jours, le projet est sur le tapis, les discussions vont bon train. Si Pierre Gemayel, Pierre Eddé et Joseph Chader le rejettent, Kamal Joumblatt l’appuie, proclamant que la rue doit être laïque. Il est soutenu par Emile Boustany, Kamel el-Assaad et Hachem Husseini. La Commission parlementaire de l’administration met fin aux débats et conclut que le projet est en contradiction avec la Constitution. D’autres lois déjà en vigueur peuvent parfaitement réprimer les désordres des manifestations extérieures aux lieux de culte.  
Cette affaire a endeuillé le Liban mais aucune responsabilité n’est dégagée. Elle restera gravée dans l’histoire contemporaine du Liban.

A.K.



Manifestations religieuses interdites
Le projet de loi sur l’interdiction de toute manifestation religieuse en dehors des lieux de culte prohibe toute cérémonie, cortège, manifestation à caractère religieux, construction d’arcs de triomphe, ou déploiements de bannières à caractère religieux, en dehors des lieux réservés au culte. Il interdit aussi l’utilisation des cloches et des haut-parleurs pour des émissions à caractère religieux entre 19h et 7h, à l’exception des jours de fêtes religieuses officielles, ainsi que des tirs au milieu des habitations.

 

Ecrivez un commentaire

Assurez-vous d’avoir inscrit les informations requises, là où c’est indiqué.

Éditorial
Sot dans l’inconnu

Il est toujours plus facile, lorsque l’on n’assume pas des responsabilités, et que, par conséquent, l’on n’a pas de comptes à rendre, de s’ériger en donneur de leçons. Il est plus aisé de se livrer à la surenchère quand on n’est pas aux commandes que lorsque l’on est appelé à prendre, tous les jours, des décisions qui engagent le destin d’un pays et qui influent sur l’avenir de millions de personnes. Il faut avoir ces réalités en tête en écoutant Mitt Romney disserter sur la politique étrangère des Etats-Unis et accuser son rival démocrate d’être mollasson. Face à la «passivité» du président sortant, le candidat républicain promet des solutions miracle, basées sur les muscles et les super-budgets militaires. Une bonne partie de son discours électoral est construite autour de la fausse accusation que Barack Obama a «laissé tomber» Israël, oubliant que l’aide militaire, le soutien financier et l’assistance technologique, fournis par l’actuel président à l’Etat hébreu, n’ont jamais été égalés par ses prédécesseurs. En fait, Mitt Romney reproche au locataire de la Maison-Blanche de résister aux pressions -qui frôlent les injonctions- de Benjamin Netanyahu, pour le pousser à couvrir et participer à une attaque préventive contre l’Iran. Accepterait-il, s’il siégeait au Bureau ovale, de s’engager dans une guerre dont les objectifs et les conséquences ne serviraient pas nécessairement les intérêts des Etats-Unis? Mitt Romney plaide donc pour un alignement total de la politique étrangère américaine sur celle d’Israël, même au détriment des intérêts nationaux des Etats-Unis. Un phénomène mis en évidence dès 2006 par les chercheurs John Mearsheimer et Stephen Walt, dans leur remarquable ouvrage sur l’influence du lobby israélien dans les orientations de la politique étrangère américaine. Un travail qui leur a coûté leur emploi, il faut le rappeler. Mitt Romney n’est pas en reste sur le dossier du processus de paix au Proche-Orient. Il affiche un mépris absolu pour les Palestiniens, avec qui la paix «est impensable», peut-on l’entendre dire dans une vidéo filmée à son insu. En d’autres termes, Israël n’a pas l’obligation de rendre les terres qu’il a volées et la situation de conflit et de guerre avec les Palestiniens est appelée à durer ad vitam æternam.    Mitt Romney a exploité à fond l’attaque du consulat américain de Benghazi, au cours de laquelle l’ambassadeur Christopher Stevens a été tué. Il estime que «les attaques contre l’Amérique, le mois dernier, ne doivent pas être prises pour des actes isolés. Elles illustrent la lutte plus large qui traverse tout le Moyen-Orient, une région qui vit son bouleversement le plus profond depuis un siècle.» Le camp républicain a dénoncé la réaction de l’Administration Obama après l’attaque de Benghazi, et le fait d’avoir attendu plusieurs jours avant de la qualifier de «terroriste» et de sous-estimer les menaces anti-américaines. Ces propos sont destinés à la consommation interne car ils n’apportent aucune idée constructive et nouvelle. Pas plus d’ailleurs que ses critiques contre ce qu’il appelle la stratégie d’«espoir» de Barack Obama. Là, le candidat républicain se fend d’une esquisse de stratégie: «Nous ne pouvons pas aider nos amis et battre nos ennemis si nos paroles ne sont pas appuyées par des actes et si la perception de notre stratégie n’est pas celle d’un partenariat mais celle d’une passivité». Traduit en realpolitik, cela ne veut absolument rien dire. Partenariat avec qui? Contre qui? Comment? S’il est élu président, Mitt Romney promet de renforcer les sanctions contre l’Iran pour l’empêcher de développer des capacités nucléaires militaires. Il subordonnerait l’aide financière à l’Egypte au respect du traité de paix avec Israël, augmenterait le budget américain de la Défense. Et, cerise sur le gâteau, il fournirait des armes aux rebelles syriens. Sur ce dernier point, l’actuelle Administration l’a devancé. Car les livraisons d’armes via l’Arabie saoudite et le Qatar –en plus de tous les autres pays qui ne l’ont pas reconnu officiellement- n’auraient jamais pu se faire sans le feu vert des Américains. Concernant l’augmentation du budget militaire, Mitt Romney ne semble pas connaître les chiffres des déficits américains. Sauf s’il compte sur les bons du trésor achetés par la Chine pour financer la dette américaine. Sur l’Iran, l’actuelle Administration a développé le régime des «sanctions intelligentes», douloureuses et efficaces, et qui commencent à donner leur fruit. Mais il n’est pas sûr qu’elles feront plier Téhéran. C’est d’ailleurs fortement improbable.    
Mitt Romney est à cours d’idées. Son discours veut se donner des semblants d’une force qui n’est qu’illusoire, car avec des muscles ramollis et des caisses vides, il ne peut plus mener le monde avec le bâton et la carotte.


 Paul Khalifeh
   

Santé

L’infection par le rotavirus. 30% d’hospitalisation chez les enfants
Presque tous les enfants de moins de 5 ans peuvent être infectés par le rotavirus. Cette infection très contagieuse cause…

Bannière
© Magazine.com.lb 2016 All Rights Reserved