Mgr Grégoire Haddad. Quand «l’évêque communiste» est destitué
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Nº 2879 du vendredi 11 janvier 2013

Mgr Grégoire Haddad. Quand «l’évêque communiste» est destitué

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    Mgr Grégoire Haddad. Quand «l’évêque communiste» est destitué
    Le 2 mai 1974, l’affaire Grégoire Haddad, métropolite grec-catholique de Beyrouth, provoque un choc dans l’Eglise melkite. Des articles parus sous sa signature suscitent un large émoi. Ils étaient en...
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Le 2 mai 1974, l’affaire Grégoire Haddad, métropolite grec-catholique de Beyrouth, provoque un choc dans l’Eglise melkite. Des articles parus sous sa signature suscitent un large émoi. Ils étaient en effet inhabituels.


Les articles portant sur la vie ecclésiastique avaient paru dans la revue Afaq sous la signature de Mgr Grégoire Haddad. Ils développaient sa vision de la vie chrétienne. Le dernier, paru sous le titre Libérer le Christ, provoque de sérieuses réactions et de vives critiques. Le saint-synode grec-catholique décide alors de réagir. Il se réunit sous la présidence du patriarche de l’époque, Mgr Maximos V Hakim, et se penche sur la question. La revue en cause est jugée non ecclésiastique. Le synode écoute les arguments de Mgr Haddad qui, ayant assuré sa foi et ses croyances chrétiennes, annonce sa disposition à corriger tout ce qui pouvait être erroné dans ses écritures. Il affirme ne jamais avoir voulu être une cause de division au sein de l’Eglise melkite. Une commission théologique, formée de quatre membres, est chargée d’étudier les articles et de se prononcer sur leur teneur et sur leur conformité avec la doctrine de l’Eglise.
Trois mois plus tard, la commission rend son verdict. Trois de ses quatre membres n’avaient rien trouvé de contradictoire avec la doctrine ecclésiastique. Pourtant, le 23 août 1974, le dossier est transmis au Vatican. Mgr Haddad est alors sommé de démissionner sous peine de destitution. Il refuse. Le synode grec-catholique, réuni à Aïn-Trez, renvoie le dossier au Saint-Siège, afin qu’une décision soit prise.
Le 16 septembre, Mgr Haddad reçoit une lettre signée par le patriarche Maximos V Hakim, par l’intermédiaire du nonce apostolique, dans laquelle il le suspend de ses fonctions pour une période de deux mois susceptible d’être prorogée. Entre-temps, le vicaire épiscopal est chargé des affaires de l’archevêché de Beyrouth. Une manifestation de fidèles apporte son soutien à Mgr Haddad, mais ce dernier, tout en exprimant ses remerciements à la foule assemblée dans la cour de l’archevêché, déclare se soumettre à la décision du patriarche Hakim.

 

Congé volontaire
Trois mois plus tard, en décembre 1974, le patriarcat melkite publie un communiqué dans lequel il explique que Mgr Haddad a accepté un congé volontaire de deux mois. C’était la meilleure solution pour clore cette affaire. Ce communiqué souligne que cette période de deux mois lui permettra de mettre au point une déclaration de foi qui sera soumise au synode. Mgr Haddad profitera également de ce congé pour assurer son autorité et trouver le moyen de mettre un terme à cette affaire qui a défrayé la chronique.
Pour les sympathisants de Mgr Haddad, c’est surtout la façon de vivre de ce dernier qui lui aurait valu des critiques. Il vivait simplement et modestement, et plusieurs évêques de l’Eglise melkite critiquaient sa façon d’agir avec les fidèles, notamment depuis la création d’un Mouvement social qui a groupé des centaines de volontaires et qui prenait beaucoup d’envergure.
Le synode grec-catholique, réuni à Damas en janvier 1975, révise la question. Mais le 20 août 1975, il prend, à partir de Aïn-Trez, la décision finale de démettre Mgr Haddad de ses fonctions en tant qu’évêque de Beyrouth. Il est remplacé par Mgr Habib Bacha. Les fidèles envahissent l’enceinte de l’archevêché et manifestent leur colère, mais Mgr Haddad déclare se soumettre à la décision du saint-synode. L’affaire est classée.

Arlette Kassas  

 

N.B: Les informations de cet article sont tirées du Mémorial du Liban: le mandat Sleiman Frangié, de Joseph Chami.
 

Bio en bref
Mgr Grégoire Haddad est né en 1924. En 1956, il devient assistant de Mgr Nabaa, avant de devenir vicaire patriarcal en 1967 et métropolite de Beyrouth en 1968. Docteur en théologie, Mgr Haddad avait une vision particulière de la façon de vivre au sein de l’Eglise. Il a créé le Mouvement social qui s’occupe d’une large frange de la population, ce qui lui vaut bien des critiques et le surnom d’évêque communiste.

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Éditorial
L’insoutenable inconscience

Si on ne peut pas imputer aux dirigeants la responsabilité de la colère de Dame Nature, on ne peut que leur faire assumer l’incompétence et l’inconscience que la folle tempête, qui s’est abattue sur le Liban, a révélées au grand jour. Depuis de très longues années, qu’il pleuve ou qu’il fasse soleil, l’eau coule sur les macadams, plus que dans les robinets, transformant les rues de la capitale et des grandes villes en étangs stagnants, tandis que les champs de culture s’assèchent à vue d’œil. Les crevasses de la chaussée, camouflées par l’eau, sont autant de risques pour les chauffeurs de s’embourber. L’absence d’entretien des regards et des canalisations n’échappe à personne et les plaintes des citoyens sont balancées d’un service à l’autre: de la municipalité au Conseil du développement et de la reconstruction, au ministère des Travaux publics, mais nul n’y répond ou s’en préoccupe. Surprenant les Libanais, la tempête a fait, dès les premières heures, trois victimes et des dégâts matériels importants. On ne peut que penser à tous les Libanais qui vivent dans la précarité, aux réfugiés, qu’ils soient palestiniens ou syriens, sans logement. Devant les sinistres qui les frappent dans leur quotidien, quelles qu’en soient les causes: explosions, effondrements d’immeubles bâtis en dépit de toutes les règles de sécurité, des services sanitaires défaillants… et on en passe, les citoyens ne se heurtent qu’à l’indifférence des pouvoirs publics. A quelques mois d’une élection législative, une occasion peut-être pour les électeurs de savoir choisir leurs futurs représentants, ceux en place aujourd’hui ne semblant nullement s’inquiéter du  sort de leurs ouailles. Ils pensent avoir tout le temps de les récupérer. Ils ont, hélas, peut-être raison. Pourtant, il n’était pas besoin d’une telle catastrophe pour qu’éclate au grand jour le manque de confiance d’une population dans ses dirigeants. Pour en avoir la preuve, il suffit d’écouter les citoyens lambda. Si la Défense civile, elle, a réagi réussissant à sauver quelques véhicules noyés avec leurs passagers, les ministres directement concernés se sont contentés de distribuer des conseils. Alors que celui de l’Education appelait les écoles à fermer leurs portes, son collègue de l’Intérieur, candidat affiché à la prochaine présidentielle, conseille aux citoyens de limiter leurs déplacements et aux fonctionnaires de l’Etat de ne pas prendre de risques pour rejoindre leurs postes. Les grévistes de l’Electricité du Liban (EDL) ne l’ont d’ailleurs pas attendu, laissant plus d’une région plongée dans l’obscurité. Ainsi va le Liban à vau-l’eau. Au sombre tableau qu’offrent certains parmi ceux qui détiennent le pouvoir, ou ceux qui aspirent à le prendre, s’est greffé un mal de vivre des citoyens dont l’unique souci est d’assurer le présent et l’avenir de leurs familles. Peu leur importe le débat autour d’une loi électorale qui, dans les meilleures conditions, ne servira qu’à garantir un maximum de sièges dans l’hémicycle et de fauteuils au Sérail, aux mêmes ou à leurs semblables. Par une clémence particulière des phénomènes climatiques, le ciel s’est calmé, peut-être pas pour longtemps. C’est alors, comme telle est la coutume, que des sonnettes d’alarmes sont tirées et que des dispositions sont annoncées pour éviter, si possible, les accidents meurtriers. Des numéros d’urgence sont tardivement diffusés. Les routes particulièrement dangereuses sont également signalées après coup. Tout nous ramène aux méthodes, sans cesse appliquées par ceux auxquels le qualificatif de responsables va si mal. Ceux qui promettent la sécurité au lendemain d’une échauffourée dans une région qui enterre ses morts, ceux qui affirment leur intention d’aider les blessés, les sinistrés, la veuve et l’orphelin et dont la mémoire est défaillante. D’ailleurs, ne dit-on pas que l’enfer est pavé de bonnes intentions?


 Mouna Béchara
   

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