Israël s’invite dans la crise syrienne. Pas de guerre totale… pour l’instant
Logo

Nº 2883 du vendredi 8 février 2013

Israël s’invite dans la crise syrienne. Pas de guerre totale… pour l’instant

  • taille de la police diminution de la taille de police diminution de la taille de police augmentation de la taille de police increase font size
  • A
    De
    Message
    Israël s’invite dans la crise syrienne. Pas de guerre totale… pour l’instant
    Depuis le bombardement d’un site militaire syrien, Israël est directement impliqué dans le conflit. La question d’un potentiel transfert d’armes depuis Damas vers le Hezbollah est l’objet de multiples spéculations....
  •  
Notez cet article
(1 Vote)
A- A+

Depuis le bombardement d’un site militaire syrien, Israël est directement impliqué dans le conflit. La question d’un potentiel transfert d’armes depuis Damas vers le Hezbollah est l’objet de multiples spéculations. La tension monte mais personne ne semble vouloir la guerre. Récit, enjeux et perspectives…

Dans la nuit du 29 au 30 janvier, à plusieurs reprises, l’aviation israélienne survole à basse altitude l’espace aérien libanais. Via le Mont Hermon, elle entre en un éclair sur le territoire syrien et bombarde une cible militaire dans la grande banlieue de Damas. Dans un premier temps, un grand nombre de sources occidentales, israéliennes ou libanaises évoquent  l’attaque d’un convoi à la frontière libano-syrienne. Un convoi qui transporterait des missiles antiaériens SA-17 de fabrication russe et des armes chimiques. Reprise par plusieurs médias, une source koweïtienne citant un haut responsable militaire de l’opposition parle même de la mort de 49 combattants du Hezbollah et de gardiens de la Révolution. Pourtant, plusieurs témoignages d’habitants démentent cette thèse. Ce convoi a-t-il seulement existé? Une source militaire américaine déclarait que seul le centre de recherche scientifique de Jemraya a été ciblé. Des bâtiments, peut-être aussi des missiles. Et le commandement militaire syrien de le confirmer officiellement faisant état de deux morts et de six blessés parmi les employés. Ce pôle, qui était depuis plusieurs jours la cible des combattants du Front al-Nosra, visait à améliorer les capacités de résistance et d’autodéfense militaires. Si aucune option ne peut être complètement écartée, il est difficile d’imaginer que l’attaque se soit faite sur des cibles détenant des armes chimiques, puisque le risque de répercussions nocives liées à l’explosion aurait été trop grand, y compris pour les voisins de la Syrie dont Israël fait partie.
Si le centre était bel et bien l’unique cible israélienne, comment comprendre cette campagne médiatique qui a cherché à faire croire que c’est un convoi d’armes destinées au Hezbollah qui a été visé? En laissant croire que le Hezbollah était sur le point d’acquérir des armes extrêmement sophistiquées voire chimiques, s’agissait-il de présenter l’attaque israélienne comme un acte de défense légitime? Si l’on en croit les révélations du Jerusalem Post, la réponse est oui. Le centre de recherches de Jemraya était probablement dans les petits papiers israéliens depuis plusieurs années. Le quotidien rappelle à cet égard les déclarations de l’ancien directeur du bureau antiterrorisme Nitzan Nuriel qui proclamait en 2010 devant la communauté internationale que ce centre devait être détruit.     
Une source officieuse syrienne indique que l’armée arabe syrienne aurait mis la main sur du matériel israélien extrêmement sophistiqué utilisé par les rebelles. Ce serait dans l’usine ciblée par Tsahal qu’elle conservait et s’apprêtait à démonter et analyser ces appareils.


Comme à Khartoum et Deir-Azzor…
Dans tous les cas, ce mode opératoire rappelle les destructions de l’équipement nucléaire de Deir-Azzor en 2007 et de l’usine d’armes de Khartoum en octobre dernier. Une infrastructure qui dérange, un raid aérien, pas de réaction politique, et par un mélange de secret et d’intox, le tour est joué. Ces méthodes permettent d’agir en toute impunité ou presque. Surtout quand on sait qu’Israël bénéficiait probablement de l’aval plus ou moins explicite des Etats-Unis.
Israël n’est pas dans une optique de déclaration de guerre et ne cherche pas à mettre de l’huile sur le feu. L’Etat hébreu estime que la surenchère n’est ni dans l’intérêt de Damas, ni dans l’intérêt du Hezbollah ni dans celui de la communauté internationale. Au regard des différentes réactions, on peut considérer que l’estimation est juste. L’incident n’est pas pris au pied de la lettre.


Pas de surenchère
Côté syrien, Bachar el-Assad a sauté sur l’occasion pour dénoncer sans ambages «le véritable rôle joué par Israël, en collaboration avec les forces étrangères ennemies et leurs agents sur le sol syrien, pour déstabiliser la Syrie et l’affaiblir». On suppose qu’alimenter la thèse du complot fomenté par l’étranger ne lui a pas déplu. De toute façon, il ne peut guère faire plus. Une plainte officielle a été déposée auprès de l’Onu. Pour la forme.
Côté Hezbollah, on dénonce «un acte d’hostilité brutale» et on exprime «sa solidarité totale avec la Syrie en tant qu’Etat, peuple et armée». Dans le même registre, l’Iran dénonce «une ânerie de plus qui révèle la nature agressive et menaçante de cette entité». Le Pays des Ayatollahs apporte tout son soutien à la Syrie. Mais Mahmoud Ahmadinejad  juge que «la guerre n’est pas la solution».
Côté occidental, Washington, par la voie de Leon Panetta, secrétaire de la Défense pour quelques jours encore, semble légitimer l’attaque et préfère attirer l’attention sur la menace que constitue un éventuel transfert d’armes du régime de Damas au Hezbollah. Les Russes se contentent d’une dénonciation strictement juridique. Le porte-parole des Nations unies appelle dans un communiqué assez plat «toutes les parties concernées à empêcher les tensions ou l’escalade dans la région». Silence assourdissant chez les Européens.
Au-delà des réactions diplomatiques, la complexité des enjeux de la crise syrienne et le grand nombre d’acteurs rendent les choses moins prévisibles. Selon l’expert israélien des questions militaires Amos Harel, «ce qui est important ici, c’est qu’Israël s’est impliqué, pour la première fois, dans la crise syrienne et ce, alors qu’il ne semble pas qu’il puisse prévoir les dimensions de cette implication et ses impacts».

Et maintenant?
Par mesure préventive, l’armée israélienne a décidé d’installer deux puis trois batteries de missiles antimissiles du type «Iron Dome» pour protéger le nord d’Israël. Témoin de la peur grandissante des citoyens de l’Etat hébreu, la ruée vers les masques à gaz. En une semaine, la distribution a été doublée. Le port de Haïfa a été mis sous alerte. La question qui se pose maintenant est celle des représailles.
A court terme
-La Syrie a d’autres chats à fouetter avec les rebelles sur son territoire. Elle ne ripostera pas.
-Nul besoin de mentionner que l’Armée libanaise aurait tout à perdre dans ce conflit. L’armée israélienne n’hésiterait  pas cette fois-ci à bombarder des cibles gouvernementales.
-Reste le Hezbollah. Veut-il s’engager sur deux fronts? Certainement pas. Dans l’état actuel des choses, le Parti de Dieu ne prendra pas le moindre risque pour quelques missiles de perdus. D’autant que la pression occidentale s’accroît après l’affaire de l’attentat de Bourgas.
A moyen terme:
Affaiblir Bachar el-Assad, c’est aussi affaiblir, l’axe chiite Iran/Syrie/Hezbollah, axe qui demeure l’ennemi numéro un. Israël table-t-il sur cette chute du régime? Ce qui est certain, c’est que des sources de sécurité israéliennes ont confié à l’AFP qu’Israël comptait mettre en place en Syrie une zone tampon pour empêcher des groupes radicaux de s’approcher du Golan.
 Sur le plan international, comme l’explique Fabrice Balanche (voir encadré) le climat est à la détente. Les Russes défendent davantage leurs intérêts que ceux de Bachar el-Assad, ce qui limite les risques d’escalade. A tous les échelons, chaque protagoniste a dans les données actuelles beaucoup plus à perdre qu’à gagner dans un conflit généralisé. Quand un des acteurs se trouvera dos au mur, menacé d’extinction, ce sera une autre histoire.

Antoine Wénisch
 

Armes chimiques: l’arsenal syrien
Depuis 1971, face au présumé nucléaire israélien, la Syrie se dote d’un grand nombre d’armes chimiques qu’elle développe au Centre d’études et de recherches de Damas (le CERS/le centre visé par l’attaque israélienne). La Syrie ne fait pas partie des Etats signataires de la Convention sur l’interdiction des armes chimiques (CIAC). Elle refuse d’évoluer tant qu’Israël restera une menace.
Les armes chimiques sont conservées sous forme liquide dans des bunkers à Hama, Homs, Damas et Lattaquié. Toutefois, les ogives de certains missiles seraient déjà chargées et prêtes à être lancées.
 La Syrie disposerait de quatre gaz différents. Le gaz sarin entraîne la mort dans la plupart des cas et laisse toujours des séquelles neurologiques graves. Il est spécialement dangereux parce qu’incolore et inodore. Dérivé du sarin, le tabun est encore plus nocif et provoque la mort par asphyxie en l’espace de vingt minutes. Variante lui aussi du sarin, le gaz VX est un gaz innervant qui s’attaque au système nerveux et musculaire, il provoque la mort en quelques minutes avec des doses dix fois moins élevées que le sarin. Le gaz moutarde dégage lui une forte odeur de fruits pourris et d’ail. Il fait subir d’intenses brûlures aux yeux et à la gorge. Si la durée d’exposition est trop longue, les poumons sont atteints, et la victime meurt.


Ce qu’en pense Fabrice Balanche
L’œil de Fabrice Balanche, universitaire français et essayiste, spécialiste de la Syrie.

Comment percevez-vous la nouvelle position d’Ahmad Moaz el-Khatib, déçu par ses soutiens occidentaux et prêt à négocier?
Moaz el-Khatib avait refusé de négocier avec les Russes fin décembre, ce qui faisait de lui et de la CNS un acteur intransigeant, alors que Bachar el-Assad faisait des offres de dialogue dans son discours début janvier. Aujourd’hui, Moaz el-Khatib se dit prêt à négocier, mais avec de telles conditions que c’est inacceptable pour le régime syrien tout comme pour les Russes. Ce changement de ton s’explique par plusieurs facteurs: ne pas apparaître comme un obstacle à une solution politique vu l’horreur de la situation humanitaire, mais aussi parce que les soutiens de l’opposition syrienne sont de moins en moins sûrs que le régime va tomber. Sur le terrain, les oppositions armées, incapables de s’unir, ne progressent plus, elles commencent à se déchirer et la population en arrive à rejeter des rebelles qui ne se conduisent pas mieux que les forces de Bachar el-Assad. Les Etats-Unis souhaitent négocier une transition politique avec les Russes pour éviter une prolongation de la crise syrienne et sa contagion au reste du Proche-Orient. Moaz el-Khatib est contraint de participer aux négociations s’il veut que la CNS conserve ses soutiens internationaux. Au sein de la CNS, il a été pendant deux mois bloqué par la «vieille garde», notamment les Frères musulmans qui refusent toute négociation avec le régime. Ce changement de discours est aussi destiné à s’imposer et ne pas être un simple porte-parole.

Israël a bombardé un centre de recherches cette semaine en Syrie sans réaction des chancelleries occidentales, quelles nouvelles données apporte cette attaque?
Israël s’était abstenu d’intervenir dans le conflit syrien jusqu’à présent car toute action de sa part ne pouvait que conforter le régime syrien dans son discours sur le complot israélien contre la Syrie. Nous pouvons donc avoir deux interprétations de l’attaque israélienne. Tout d’abord, il s’agissait de signifier clairement à Assad de ne pas transférer des armes sophistiquées au Hezbollah, si tant est que nous ayons la preuve que le régime syrien le faisait. Mais on peut aussi penser qu’Israël apporte son aide au régime syrien: «Un ennemi que l’on connaît bien», selon les diplomates israéliens. Certes, l’objectif prioritaire d’Israël est d’éloigner l’Iran de sa frontière nord, mais ce n’est pas pour le remplacer par des jihadistes qui feraient du Bilad es-Sham la base de la reconquête de la Palestine, tout comme à l’époque de Saladin. Les chancelleries occidentales sont gênées par l’attaque israélienne, car c’est tout de même une agression contre un Etat souverain selon le droit international. S’il s’avère qu’Israël désormais préfère un Bachar el-Assad affaibli plutôt que l’inconnu, cela implique de changer le discours officiel sur la Syrie tenu depuis deux ans. Les déclarations de Laurent Fabius lors des vœux à la presse le 24 janvier ont d’ailleurs fait l’effet d’une douche froide pur l’opposition syrienne: «En Syrie, rien ne bouge».

Les négociations internationales se poursuivent. Samedi 2 février se sont réunis Lavrov, Biden, Brahimi et Moaz el-Khatib. Encore un coup pour rien? La nouvelle équipe diplomatique états-unienne (Kerry-Hagel) change-t-elle la donne?
La réunion de Munich annonce la réalisation d’un accord entre les Russes et les Américains sur la Syrie. La présence de Brahimi et de Moaz el-Khatib est symbolique, uniquement pour qu’ils se tiennent informés des négociations entre les grandes puissances. Les Russes ont beaucoup plus à perdre dans la chute du régime d’Assad au profit d’un régime pro-occidental que les Etats-Unis. C’est pour cette raison qu’ils appuient fermement le régime syrien. A court terme, les Russes veulent que les Etats-Unis neutralisent les soutiens à l’opposition armée: Arabie saoudite, Qatar et Turquie, en échange de quoi, ils promettent de faire évoluer le régime syrien. Les Russes ne sont pas près de soutenir Bachar el-Assad ad vitam aeternam et à fonds perdus. Ils savent qu’il sera difficile à Assad de retrouver sa légitimité d’avant la crise et, par conséquent, même si le régime parvient à reprendre le contrôle du pays, une nouvelle insurrection se reproduira. Mais pour assurer une transition politique qui leur soit favorable, les Russes ont besoin de la garantie des Etats-Unis qu’ils ne tenteront pas de déstabiliser la Syrie et qu’ils empêcheront leurs alliés du Golfe arabe de le faire. Nous ne sommes qu’au début des négociations, depuis deux ans Russes et Américains se sont opposés, désormais les rapports sont plutôt à la détente. La Syrie a servi à la puissance russe pour se réaffirmer sur la scène internationale après vingt années d’éclipse, désormais le régime d’Assad va devenir l’enjeu de la réconciliation. Le fait de changer d’équipe diplomatique est significatif d’un tournant dans la politique américaine à l’égard de la Russie qu’il convient de détacher de la Chine.

Propos recueillis par Antoine Wénisch

Ecrivez un commentaire

Assurez-vous d’avoir inscrit les informations requises, là où c’est indiqué.

Éditorial
La leçon de Ersal

L’incident survenu à Ersal rappelle combien les Libanais font preuve de légèreté en s’impliquant dans le conflit syrien. Quelles que soient les erreurs que la troupe ait pu commettre, et c’est encore à prouver, elle ne peut être empêchée de la sorte de remplir sa mission: l’arrestation d’un terroriste. L’armée n’est pas une machine à tuer, les salafistes-jihadistes le sont. Pour être efficace, l’armée doit être techniquement capable et soutenue politiquement. A Nahr el-Bared, elle a montré une grande capacité d’adaptation à ses faibles moyens et une combativité remarquable. Les obstacles politiques sont dressés tant par certains leaders sunnites que par le Hezbollah. Les premiers voient un complot contre leur communauté chaque fois que l’armée s’en prend à un de leurs coreligionnaires. Si, les cheikhs Salem el-Rifaï, Bilal Dokmak, Omar Bakri et consorts devenaient les principales figures sunnites, les actuels représentants de la communauté devront renoncer aux costumes- cravates, aux barbes bien taillées, aux sièges parlementaires, renoncer tout court à la République au profit d’émirats islamistes qui ne leur pardonneront pas leurs compromissions passées avec les «apostats». Le Hezbollah dresse, quant à lui, deux obstacles. Le premier dit qu’un Etat moderne efficient ne peut s’accommoder d’un dédoublement des forces armées, ou déléguer à un parti son droit souverain à déclarer la guerre. Le second obstacle est motivé par la peur du Hezbollah et des chiites d’être la cible d’une guerre menée par ces mêmes jihadistes. Cette peur s’est amplifiée depuis le 11 septembre, l’invasion américaine de l’Irak et la guerre en Syrie, où l’on entend crier, avec passage à l’acte, la haine des chiites. Cette peur est légitime, tout autant pour les chrétiens que pour les druzes. Mais ce ne sont pas les missiles Zalzal, capables d’atteindre Tel-Aviv qui les protégeront. Les salafistes-jihadistes appartiennent à deux écoles. D’abord, les internationaux, les universels, ceux qui pensent que le monde leur appartient comme un don de Dieu. Il ne leur importe pas de contrôler impérativement un territoire. L’invasion physique n’est qu’un des multiples moyens d’imposer - ce qui est essentiel à leurs yeux - la loi de Dieu comme ils l’ont pervertie. On a vu comment ils se sont évaporés au Mali face à l’armée française sans avoir, ou si peu, combattu. Ils reviendront secrètement, pour appliquer leurs lois, cette fois par la terreur, leur moyen le plus efficace. Bref, le scénario du XIIIe siècle où les mamelouks envahissaient et vidaient le Kesrouan, sabrant, indistinctement, chiites, druzes et chrétiens, n’est plus d’actualité.  Contre cet ennemi mobile et caché, seule une armée et ses services de renseignements, détentrice unique des armes létales, acceptée et aidée par toute la population, peut arrêter ceux qu’elle juge suspects. L’expérience américaine en est la démonstration. Occupant le territoire afghan, l’Amérique, malgré ses moyens, n’a pu venir à bout des taliban. Par contre, sur son territoire, la force américaine a, depuis 2001, déjoué tous les attentas en gestation. L’autre genre de jihadistes est celui des nationaux. Pour les combattre, les mêmes arguments concernant l’armée peuvent être répétés. Mais de plus, ces jihadistes attachés à un territoire ne peuvent survivre que s’ils parviennent à se fondre dans une population qui leur est favorable. Or, le Hezbollah aide à rendre le milieu sunnite favorable aux jihadistes. En plus d’être accusé de concurrencer l’armée, des affaires crapuleuses touchent des proches de ses dirigeants. L’opération du 7 mai baptisée «Journée glorieuse» et l’épisode des «chemises noires» étaient humiliants pour la communauté sunnite. Sa participation aux combats en Syrie aux côtés d’un régime accusé de despotisme à l’égard des sunnites, la met mal à l’aise. Il suffit pour s’en convaincre de lire les communiqués laconiques qui annoncent la mort de l’un de ses combattants, sans préciser sa mission ou le lieu de son décès. Les héros de 2006 du Hezbollah doivent se retourner dans leurs tombes. Enfin, son implication supposée dans l’attentat contre des Israéliens en Bulgarie le dessert dans son différend avec l’Occident. Pour toutes ces raisons, pour faire face tant aux menaces physiques que politiques, le Hezbollah ne pourra se défendre que s’il s’accorde à la normalité institutionnelle de tout parti politique; s’il cesse de prétendre à un particularisme, quelles qu’en soient les motivations. Il se sauvera et le Liban avec, permettant une meilleure action contre le terrorisme et la lente désintégration de la République. Pourquoi insister sur le Hezbollah? C’est parce qu’il est le seul à pouvoir beaucoup donner, faire la différence, tout en gardant les acquis d’une communauté longtemps négligée.


 Amine Issa
   

Santé

Cigarette électronique. Où en est-on?
Pour l’association anglaise de lutte contre le tabac, la cigarette électronique doit être encouragée car elle s’avère moins dangereuse que…

© Magazine.com.lb 2016 All Rights Reserved