Washington au mois d’avril. Bienvenue au royaume des Cherry Blossom
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Nº 2942 du vendredi 28 mars 2014

Washington au mois d’avril. Bienvenue au royaume des Cherry Blossom

 
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    Washington au mois d’avril. Bienvenue au royaume des Cherry Blossom
    La capitale fédérale américaine est une belle ville et au printemps, c’est tout simplement un enchantement. A la période des Cherry Blossom… Promenade au royaume des cerisiers en fleurs.     Une...
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La capitale fédérale américaine est une belle ville et au printemps, c’est tout simplement un enchantement. A la période des Cherry Blossom… Promenade au royaume des cerisiers en fleurs.  
 

Une ville sortie d’une carte postale. Bâtiments cossus, ultramodernes ou néoclassiques, avenues larges, superbement balisées, bureaux clinquants, nombreux squares verdoyants… Washington est une ville en ébullition dans laquelle les résidants se renouvellent, pour la plupart, avec un changement de gouvernement et de nouveaux fonctionnaires. Une capitale (sans gratte-ciel!) où le passé est raconté dans de magnifiques bâtisses, autant de memorials qui retracent l’histoire glorieuse de ce qui constitue aujourd’hui le plus puissant Etat de la planète. Le Newseum, édifié à la gloire des médias américains sur la grouillante Pennsylvania Avenue (la célèbre avenue sur laquelle on peut voir, à travers les écrans de télé, autant les parades officielles que les défilés de protestation), ce musée des médias retrace à travers les archives, photos, reconstitutions et animations l’histoire de ce qui a fait l’Amérique.
D’ailleurs, la ville a une rare concentration de musées dans un périmètre de moins d’un kilomètre carré. Rien que dans ce qu’on appelle le National Mall (qui ne sont pas des boutiques ici, mais des monuments fédéraux, des palais gouvernementaux, des édifices historiques), la notoriété des Etats-Unis s’éclate au grand jour. Dans cette effervescence prestigieuse (siège de la Cour suprême, Library of Congress − la plus grande bibliothèque au monde), les musées sont incontournables, d’autant plus que dans la plupart l’accès est gratuit. Ils font de la ville une exceptionnelle destination touristique qui s’ajoute à l’intérêt de voir en vrai la superstar, Barack Obama, dont la voiture est toujours suivie d’une ambulance, et les lieux surmédiatisés (le Capitole, la Maison-Blanche…) où se dessine pratiquement la carte de la guerre et de la paix dans le monde.
Une belle ville avenante, vivante, 
très touristique
Mais c’est à la période de la floraison des cerisiers que Washington est un vrai ravissement. Offerts par les Japonais, en 1912, en signe d’amitié, des milliers d’arbres (plus de 3 750 actuellement) encerclent les édifices nationaux, les grandes avenues, les abords du parc Potomac sur le Tidal Basin et sont le prétexte à un grand festival, (qui se tient cette année du 20 mars au 13 avril), une parade, des nombreuses activités mettent en valeur la culture japonaise et attirent des centaines de milliers de visiteurs. 


Gisèle Kayata Eid, Montréal
 

La configuration de la ville
16, 15, 14, K, L, M, NW, SW, SE, les rues s’alignent, droites. Elles débutent et s’orientent toutes du Zéro Milestone, point de départ de toutes les routes des Etats-Unis. Et Washington est bien le cœur des Etats-Unis. Toutes ses rues, excepté deux (Avenues de la Constitution et de l’Indépendance) portent le nom des différents Etats américains.

Combien de musées à Washington?
Suffisamment pour être difficiles à 
comptabiliser. Rien que la Smithsonian 
Institution en possède 18 avec 140 
millions d’œuvres: le musée de l’espace, de l’histoire amérindienne, de l’art africain, le musée d’histoire nationale, le jardin botanique… sans compter les galeries d’art dont la fameuse National Gallery of Art, le National Portrait Gallery, le musée de l’espionnage, les archives nationales…   

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Éditorial
Un monde décadent

Triste spectacle que celui qu’offraient les Arabes réunis au Koweït. Alors que la région bouillonne et que le monde, même occidental, souffre d’une crise économique et même sociale aiguë, le sommet qui réunissait les représentants des Etats arabes au Koweït sonne creux. Une fois de plus, il n’aura fait que confirmer les divergences qui opposent les pays de la région, divergences qu’ils ont tenté en vain de mettre en sourdine, faute de pouvoir les occulter. En quête de solutions à toutes ces crises, ils n’ont réussi qu’à confirmer, quasi officiellement, leurs faiblesses. Preuve de leur impuissance, la crise syrienne qui entre dans sa quatrième année, avec un bilan de milliers de morts et des millions de déplacés et de réfugiés, au milieu d’un silence assourdissant des dirigeants arabes impuissants à faire aboutir des négociations entre les rebelles et le régime syrien. Ils s’en sont remis au Conseil de sécurité après l’échec des rencontres de Genève et la navette du médiateur Lakhdar Brahimi. On a toujours dit que les Arabes étaient forts en engagements, mais incapables de les respecter. Ainsi, ils jurent, chose rare, d’une même voix, ne pas accepter de reconnaître Israël en tant qu’Etat juif. Mais cela ne reste que de l’encre qui sèche sur le papier. Même si le sujet a été abordé au Koweït et, une fois de plus, confirmé. Les participants au sommet ont voulu donner le change et éviter de mettre en avant leurs profondes dissensions. Ils ont échoué là aussi car celles-ci sont apparues du fait que sur les vingt-deux membres de la Ligue, seuls treize chefs d’Etat ont répondu «présents» au Koweït. Les autres se sont fait représenter par leurs ministres des Affaires étrangères, refusant visiblement de se retrouver côte à côte avec des homologues que tout divise. Ainsi Riyad, les Emirats et Bahreïn sont à couteaux tirés avec Doha d’où ils ont rappelé leurs ambassadeurs respectifs en signe de protestation contre ce qu’ils qualifient d’ingérences du Qatar dans leurs affaires internes, mais aussi pour son soutien aux Frères musulmans que l’Egypte et l’Arabie inscrivent dans le registre des terroristes. Enfin, comme on pouvait s’y attendre après des débats profondément stériles, le communiqué final ne pouvait être que ce qu’il fut et, comme a titré un média européen, ce ne furent que des paroles, et encore des paroles. Les Etats membres de la Ligue rassemblés au Koweït, loin d’être unis, se sont contentés de vagues recommandations classiques sans contenu réel. Les dirigeants censés évoquer et dénoncer l’offensive israélienne sur Gaza, se sont, sans grande surprise et sans illusions, limités à rappeler des mesures que les économistes préconisent, depuis plus de trente ans et qui concernent, notamment, l’agriculture, l’eau, les réseaux routiers, des projets industriels dans la Bande… Autant de sujets que l’on ressasse à chaque sommet arabe et qui demeurent lettre morte. Ainsi vont les Arabes qui, outre leurs antagonismes irrémédiables, souffrent d’un laxisme à toute épreuve. Il faut cependant relever la seule décision concrète votée par les participants au sommet du Koweït: la mise en place d’un fonds doté de deux milliards de dollars destinés à financer les petites et moyennes entreprises. «Une goutte d’eau dans un océan», commente un observateur. Au milieu de ce sombre tableau, le Liban, par la voix de son président, a évoqué son dilemme et ses difficultés à continuer à accorder un abri aux Palestiniens chassés de leurs terres depuis 1948 et rejoints, il y a déjà quatre ans, par des Syriens fuyant les combats particulièrement meurtriers de leur pays. Promesse d’aide lui a été faite. Reste à la remplir. Le Liban, comme chacun le sait et le dit depuis la nuit des temps, est pauvre en ressources naturelles, et riche en ressources humaines. Hélas nos cerveaux sont allés, à leur corps défendant, servir les pays arabes si riches en pétrole et si pauvres en compétences. Le monde est vraiment mal fait, on s’en rend compte malheureusement à travers toute la planète où les peuples de toutes origines connaissent une sorte de décadence, même si elle est particulièrement éclatante dans les pays auxquels nous appartenons.


 Mouna Béchara
   
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