Ces hommes en manque d’affection. Retour au rôle de la mère
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Nº 2941 du vendredi 21 mars 2014

Ces hommes en manque d’affection. Retour au rôle de la mère

 
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    Ces hommes en manque d’affection. Retour au rôle de la mère
    L’amour exprimé de la maman est l’une des conditions essentielles pour le développement de l’enfant et de l’adulte. Or, elles sont nombreuses ces mères qui n’ont pas la capacité d’exprimer...
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L’amour exprimé de la maman est l’une des conditions essentielles pour le développement de l’enfant et de l’adulte. Or, elles sont nombreuses ces mères qui n’ont pas la capacité d’exprimer leur affection, développant chez leurs progénitures une carence affective qui les suit toute leur vie. Quelles sont les répercussions de ce manque? Peut-on s’en sortir? Comment? Etat des lieux et témoignages.

Un politicien connu révèle une partie sombre de sa vie. Venant d’un milieu très aisé, il a tout obtenu dans la vie sur le plan matériel.  Mais il traîne, depuis son plus jeune âge, une carence affective. C’est que sa mère, prise par diverses contraintes sociales, ne lui a jamais consacré du temps. Elle l’a rarement pris dans ses bras, considérant qu’ainsi elle en ferait un homme dans le vrai sens du mot. Il a toujours ressenti ce vide et même tous ses partisans réunis n’arrivent pas à le combler. Il s’étourdit de travail et reproduit avec ses enfants le même schéma éducatif. Il trompe, en outre, sans cesse sa femme lui reprochant de ne pas savoir le combler.
Hamed, lui, est un homme d’affaires. Apparemment, tout lui réussit. Il suffit qu’il se lance dans une affaire pour que l’argent remplisse ses caisses. Marié à quatre reprises, le seul reproche qu’il fait à ses «femmes» dont il divorce, c’est qu’elles ne l’aiment pas assez. Selon son entourage, toutes ses femmes l’ont beaucoup aimé, voire adulé. Son problème? Hamed a toujours vécu au pensionnant, sa mère préférant être aux côtés de son mari en Afrique. Il attendait de ses différentes partenaires qu’elles comblent ses manques affectifs.
Malek est médecin. Il ne se rappelle pas d’un seul moment où sa mère l’ait tenu dans ses bras. Elle préférait le laisser aux soins de sa nourrice. Elle consacrait l’essentiel de son temps à briller en société et à se tailler une place dans le monde des affaires. Veuve, au caractère farouche, la mère a fait de son fils un être qui rejette toute forme d’amour se vouant totalement à son métier et travaillant comme un automate pour oublier son vide affectif. Sa femme? Simple génitrice de ses enfants.

Un cri de souffrance
Qu’est-ce que la carence affective? C’est essentiellement un besoin fondamental qui n’a pas été comblé. Certaines mamans gardent une distance face à leurs enfants, soit parce qu’elles n’ont pas le temps de s’en occuper personnellement, soit que leur éducation rigide les a convaincues que plus elles sont sévères et plus elles feront de leur enfant un homme bien  éduqué… Avec ce profil de femme qui n’exprime ni verbalement, ni physiquement son amour, l’enfant grandit avec un manque qu’il traînera toute sa vie. On sait aujourd’hui qu’un enfant que sa mère prend dans ses bras quand il pleure va pleurer de moins en moins au fil des mois. En revanche, celui qui n’a jamais connu les bras de sa mère lorsqu’il pleure continuera à pleurer beaucoup plus souvent et plus longtemps. Un enfant qui n’est pas comblé, sécurisé, rassuré, angoisse de ne pas trouver l’amour dont il a besoin et sera marqué par des cicatrices indélébiles qui auront des conséquences sur sa vie future.
A l’âge adulte, ce besoin d’affection restera ancré dans l’homme qui cherchera sans cesse à le combler et demandera, consciemment ou non, à ceux qu’il côtoie, de le faire, comme s’ils étaient susceptibles de compenser ce qu’il n’a pas reçu. Cet homme aura l’impression de ne jamais être assez pris en considération, jamais assez aimé, et ce manque est l’écho de ce qu’il n’a pas eu. Ce qu’on lui donne n’est jamais assez et ne peut compenser tout le manque qui vient de l’enfance.
L’absence de tendresse maternelle génère trois types de comportements. Subir sans réagir, et c’est l’inhibition qui correspond à une sorte d’attitude dépressive. Etre sur la défensive, dans le sens où même quand on vous aime, vous n’y croyez pas. Refouler l’amour auquel on ne croit pas, car on pense qu’il n’est pas possible d’être aimé. Enfin, fuir carrément. Cette personne pensant ne pas être digne de cet amour, préfère prendre la fuite.
Comme nous avons pu le constater, en cas de traumatismes dans l’enfance, la vie émotionnelle peut être très difficile à gérer. Les personnes ayant manqué d’affection pendant leur enfance n’ont pas toujours appris à établir des relations heureuses avec autrui, ni avec elles-mêmes d’ailleurs. Sur le plan physique, elles ont tendance à souffrir de dépression, d’anémie, de boulimie ou d’anorexie, de crampes d’estomac, de nausées, d’insomnie…

Danièle Gergès

Comment sortir de ce cercle vicieux?
Si vous avez manqué d’affection pendant votre enfance, vous n’en êtes pas pour autant prédestiné à être malheureux toute votre vie. Vous n’êtes pas non plus obligé de devenir un mauvais parent ou une personnalité 
dépendante. Vous n’êtes pas contraint de répéter cette négligence avec vos propres enfants. En apprenant à vous aimer, et en apprenant à avoir de bonnes relations avec autrui, vous pouvez briser le cycle infernal du manque d’affection. En tant qu’enfant ayant manqué d’affection, vous avez été pris dans un cercle vicieux. Vous avez été négligé, et vous continuez à vous négliger. Vous avez été ignoré ou abandonné, et vous continuez à être ignoré ou maltraité par autrui. Arrêtez de croire que l’amour va combler vos manques. Vous devez faire un travail sur vous-même pour identifier vos blessures. Comprenez pourquoi vous fonctionnez ainsi, avec des 
souffrances à répétition... Apprenez à vous aimer. Il s’agit de sentir et de réaliser que votre souffrance prend sa racine dans votre passé et que la personne qui est là au présent n’en est aucunement responsable. Il faut se reconstruire dans un nouveau schéma de fonctionnement où l’on peut enfin accepter d’aimer et être aimé. Soyez votre propre parent, donnez ce que l’on ne vous a pas donné. Vous pouvez vous faire un véritable planning «anti-manque d’affection», pour développer votre estime de soi.


Lorsqu’on souffre de carence affective


On a le don de nous lancer dans des 
relations de couple souffrantes.
♦  On tombe amoureux ou on s’attache à toute personne qui dit nous apprécier, nous aimer ou qui nous fait des compliments.
♦  On ne sait pas comment gérer ses 
émotions, c’est pourquoi on n’est pas à l’aise avec les gens.
♦  On a de la difficulté à prendre des décisions.
On est hypersensible aux jugements des autres ou aux critiques.
♦  On vit tout le temps dans la crainte d’être rejeté au point d’essayer de plaire à tout le monde afin de nous protéger du rejet ou de l’abandon.
♦  On doute souvent de soi et on a besoin d’être sans cesse rassuré.
♦  On reproche aux autres d’être méchants, considérant qu’ils ne prennent pas soin 
de nous.
♦  On manque de  confiance en soi et en les autres qu’on accuse de vouloir nous blesser à tout moment.
♦  On fait des cadeaux, on essaie de sauver des gens pour recevoir de l’amour et de la reconnaissance.

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Éditorial
S.O.S. Liban!

Chaque jour apporte son lot d’explosifs, de morts, de blessés et de dégâts que provoquent les véhicules de la mort. Les Libanais vivent dans l’angoisse de ce qui les attend. Les services de renseignements et les forces de sécurité s’acharnent à intercepter les terroristes avant qu’ils n’agissent. Ils réussissent, parfois, et en paient le prix. L’armée est devenue la cible privilégiée des criminels. Ce fléau qui frappe le Liban ne peut être éradiqué que par une politique, dans le sens le plus juste du mot, menée par des hommes conscients de la responsabilité qui leur incombe, celle d’assurer la sécurité et le bien-être des citoyens. Nous en sommes très loin. A Tripoli, devenue ville fantôme, les combats meurtriers se poursuivent. Les écoles ferment leurs portes, les commerces baissent leurs rideaux et les gens du Nord vivent au rythme des agressions contre Ersal. A cela se greffe la chute de Yabroud, une «victoire» que célèbre bruyamment le Hezbollah ignorant le flux de nouveaux réfugiés qui traversent la frontière gonflant le nombre de ceux qui, désormais, sont sur place avec peu d’espoir de rentrer chez eux, du moins à court terme. On estime, sans crainte d’exagérer, que Syriens et Palestiniens confondus constituent non moins du tiers de la population libanaise encore résidante dans le pays. Arrivés sans ressources, dans leur grande majorité, ils sont accueillis, presque, à bras ouverts, mais sans aucun plan social et surtout sans contrôle. Leur présence, quel que soit le devoir humanitaire qui dicte l’aide qui leur est apportée, pèse lourd dans un pays où l’Etat peine à répondre aux besoins sociaux de ses propres citoyens. Ces derniers sont très souvent remplacés dans nombre de travaux par une main-d’œuvre moins coûteuse. Les Libanais, toutes cultures, toutes classes sociales confondues, s’interrogent sur l’avenir de leur pays où la vie devient de plus en plus dure et où l’espoir d’un redressement radical n’est pas hélas à l’horizon. Sur qui et sur quoi peuvent-ils compter? Est-ce sur des élus qui ont oublié le chemin de l’hémicycle et qui, pour beaucoup, ne le retrouveront probablement plus? Sur des situations où les compromis, indispensables dans l’état actuel des choses, sont la règle? Sur certains leaders, chefs de file de courants ou zaïms d’un autre temps?… On ne sait plus. Même si nous n’avons pas le droit de généraliser et de mettre dans un même panier tous ceux qui sévissent dans les hautes sphères, il nous faut reconnaître que les meilleurs  d’entre eux n’ont plus vraiment leur destin en main et le nôtre encore moins. Dans un pays où l’Etat dans l’Etat affaiblit l’autorité, celle-ci peut difficilement s’imposer. Il ne nous reste, pour toute perspective, que le dialogue. Mais sommes-nous assez naïfs pour croire encore dans la bonne foi de ceux qui ne cessent de renier leurs engagements? Nous entendons sans cesse la chose et son contraire. Peut-on croire que le Hezbollah qui, comme l’a laissé entendre récemment l’un de ses piliers, favoriserait une Armée libanaise renforcée par des équipements que le chef de l’Etat s’acharne à obtenir? Le président Sleiman et l’institution militaire ne sont-ils pas la cible quasi permanente du parti de Dieu? Ce qui nous reste, en guise de consolation, c’est de placer nos espoirs dans ce gouvernement en gestation, souhaitant qu’il ne naisse pas affublé d’un handicap irrémédiable. Déjà, en filigrane des débats parlementaires, se dessine le profil de la présidentielle mais attendant, au cours des deux mois qui leur sont accordés, ces messieurs du Sérail ne devraient pas chômer. Ils ont du pain sur la planche et surtout des services à assurer à tous ceux dont ils ont la charge et qui peinent à trouver les moyens de survivre, d’éduquer leurs enfants et de boucler leurs fins de mois. C’est ce qu’attend le Libanais lambda.


 Mouna Béchara
   

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