Magazine Le Mensuel

Nº 2855 du vendredi 27 juillet 2012

à la Une

Cible d’attentats manqués. Raymond Eddé s’exile en France

La guerre du Liban a été marquée par de très nombreuses tentatives d’assassinat, toutes ou presque restées impunies. Pourtant les instigateurs ont souvent été désignés d’une façon ou d’une autre. Le Amid du Bloc national, Raymond Eddé, s’est exilé en France à la suite d’une série d’attentats dont il a été la cible. Durant toutes les années de la guerre, il s’était distingué des autres figures politiques, en restant à l’écart de tout ce qui a trait aux armes. En 1975, il s’est dressé contre la partition du Liban et dénoncé le projet d’Henry Kissinger, secrétaire d’Etat américain.
 

En 1976, il échappe à trois tentatives successives d’assassinat. La première a lieu le 25 mai 1976, alors qu’il traversait l’autoroute allant de Nahr Ibrahim à Antélias. Il est pris dans une embuscade et blessé à la cheville.
Le 11 novembre 1976, il sortait de sa voiture devant le perron de sa maison, des rafales sont tirées sur lui par des éléments armés qui l’attendaient apparemment devant chez lui, dans une voiture garée à proximité de la résidence. Ils ont fui aussitôt après. Eddé est atteint de quatre balles, dont trois lui déchirent les vêtements et la quatrième se loge au bas de la hanche.
Le 8 décembre 1976, le Amid reçoit des journalistes chez lui. Des balles sont tirées sur la façade de sa villa, en provenance de l’immeuble du ministère de l’Information où sont installés des soldats syriens, membres des forces de dissuasion arabe.
Trois jours plus tard, le Amid est encore une fois la cible d’un autre attentat, toujours devant sa résidence. Il rentrait chez lui vers minuit et, au moment, où il montait les marches le menant à l’entrée de sa maison, une rafale est tirée d’un bâtiment situé face à son domicile. Il s’est avéré plus tard que les auteurs des tirs se trouvaient au premier étage du chantier de la Moscou Narodny Bank. Eddé, qui avait entendu les tirs, s’est jeté à l’intérieur de la maison. Il est légèrement blessé à la jambe.  
Après ces trois tentatives, qui ne laissaient aucun doute sur le fait qu’il était devenu la cible des attentats politiques de l’année et, alors que les criminels couraient toujours bien que connus, Eddé quitte définitivement le Liban et s’exile volontairement à Paris. Il y résidera 23 ans jusqu’à sa mort, à 87 ans, le 10 mai 2000.

Raymond Eddé est né le 15 mars 1913 en Egypte, plus précisément à Alexandrie, dans une famille maronite originaire du village Eddé, dans le caza de Jbeil. La famille est revenue au Liban en 1920, après l'instauration du mandat français. Raymond Eddé obtient, en 1934, une licence en droit de l'Université Saint-Joseph de Beyrouth. Deux ans plus tard, son père, Emile Eddé, est élu président de la République libanaise. A sa mort, en 1949, son fils Raymond lui succède à la tête du Bloc national, parti politique qu'il avait fondé. Elu député pour la première fois en 1953 dans la circonscription électorale de Jbeil, il y sera réélu jusqu’en 1992. Il perdra une seule fois son siège de député, en 1964, pour le retrouver un an plus tard à l'occasion d'une élection partielle. Sous le mandat du président Fouad Chéhab, il participera activement en 1959 à la réforme et à la modernisation des institutions étatiques.
Dès le début de la guerre libanaise, en 1975, Raymond Eddé adopte une position modérée. Son parti politique refuse de former une milice et ne prend à aucun moment part aux luttes armées qui agitent le Liban pendant plus de deux décennies. Il finira sa vie loin de son pays, quelques jours seulement avant le retrait israélien du Liban, l’une des conditions qu’il avait mises pour son retour.

A.K.

 

Eddé au ministère
Raymond Eddé est deux fois ministre, détenteur de portefeuilles dits de salut public au lendemain des événements de 1958 et de 1969 qui ont secoué le pays. Il démissionne en 1959, à la suite d’un conflit avec le président Fouad Chéhab portant sur les ingérences du Deuxième bureau dans les affaires politiques du pays. En 1969, il démissionne de nouveau quand le Conseil des ministres refuse sa proposition de faire appel aux Casques bleus des Nations unies après l'attaque par l'aviation israélienne sur des avions civils de la Middle East Airlines à l'aéroport de Beyrouth. 
N.B : Les renseignements cités dans cet article ont pour source différents articles sur Internet, et entre autres, des informations puisées dans le «Mémorial du Liban: mandat du Président Elias Sarkis» de Joseph Chami

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