Magazine Le Mensuel

Nº 2867 du vendredi 19 octobre 2012

Presse étrangère

L’autre Liban dans un regard étranger

Si la presse étrangère s’intéresse surtout à l’affaire du drone du Hezbollah, elle sait également faire la place à d’autres sujets sociétaux, pas forcément beaucoup plus reluisants.

Haaretz
Dans un très long article publié samedi dernier, Amos Harel, le spécialiste des questions militaires du quotidien israélien Haaretz, explique que «l’armée israélienne se prépare pour la prochaine guerre du Liban en se basant sur une banque de données plus précises».
Le drone iranien lancé par le Hezbollah rappelle la complexité de l’équilibre des forces de dissuasion en présence. Le fait que le Hezbollah soit l’adversaire de la région le plus avancé n’est pas en doute. Dans ses discours, le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, fait fréquemment allusion à l’utilisation de missiles de plus en plus précis et à la capacité de son organisation à frapper l’infrastructure civile d’Israël, ainsi que son plan (un peu moins plausible) pour conquérir la Galilée. En l’état actuel des choses, le Hezbollah est incapable d’utiliser ses armes lourdes -en particulier, ses missiles à moyenne et longue portée. Employer ces roquettes contre Israël entraînerait la région dans une guerre que les chiites du parti de Dieu préfèrent éviter, pour l’instant.
Pour sa part, l’appareil sécuritaire d’Israël fournit un effort continu pour maintenir son avantage dissuasif face au Hezbollah. Et les politiques agissent sur la scène internationale pour légitimer les mesures que le pays pourrait prendre si nécessaire.
Cette préparation diplomatique à la guerre est nécessaire. L’hypothèse de travail consiste à considérer qu’un nouveau conflit débuterait dans des circonstances défavorables, du point de vue d’Israël. Le Hezbollah exploiterait ses avantages tactiques, ses combattants se serviraient des populations civiles comme boucliers pendant qu’ils tireraient des missiles et des roquettes sur des cibles humaines sur le territoire israélien.

 


Scoop
Sur le site néo-zélandais d’information Scoop, le journaliste américain Franklin Lamb explique qu’au Liban, «les conditions de la femme restent encore à désirer».
Jusqu’à présent, le Parlement a toujours refusé de promulguer des lois criminalisant le viol conjugal. Depuis plus de 50 ans, le Parlement refuse aux femmes mariées à des étrangers de transmettre la nationalité de leur époux à leurs enfants en raison de la culture patriarcale profondément ancrée promue par la majorité des chefs religieux du pays. Les Libanaises ne sont pas autorisées à ouvrir de compte bancaire pour leurs enfants. Selon les tribunaux religieux du pays, les femmes n’ont pas de droit sur leur corps. En clair, le Parlement accepte l’idée que le corps des femmes soit la propriété exclusive de leur mari. Il a toujours refusé de lever les réserves du Liban concernant l’article 16 de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) des Nations unies qui porte sur l’égalité entre les hommes et les femmes dans le mariage et la vie de famille.
L’association KAFA explique qu’«une femme meurt tous les deux mois dans le cadre de la violence familiale au Liban. Les femmes se sont plaintes, ont pétitionné et parfois manifesté contre les lois injustes qui permettent à de tels crimes de rester impunis, mais personne ne les écoute».

 


Your Middle East
Le site Your Middle East a été créé fin 2011 par un groupe de chercheurs suédois spécialistes du monde arabo-musulman. Cette semaine, il parle de l’art de rue au Liban.
«L’objectif est de faire participer tout le monde et de faire partager la passion avec laquelle nous peignons Beyrouth», déclarent les membres de Dihzahyners, un groupe de jeunes d’une vingtaine d’années qui veulent transformer la capitale libanaise. Fondé en avril dernier par des étudiants en design graphique de l’Université américaine de Beyrouth, ce collectif s’emploie à mettre de la couleur dans la ville en peignant les marches nichées au milieu de quartiers comme celui d’Achrafié. «L’idée est venue d’une inspiration autant que d’une aspiration: nous voulions illuminer les rues de Beyrouth», fait valoir le collectif qui, croyant fermement au travail d’équipe, refuse de décliner des identités personnelles. «Beyrouth a absolument besoin de changer de visage et de mentalité. Cela dépend de beaucoup de choses sur lesquelles nous –les jeunes–n’avons pas de contrôle ou à propos desquelles nous nous sentons impuissants sur le plan social ou politique. Mais nous pouvons au moins faire de notre mieux pour défendre ce que nous aimons, la ville que nous aimons et provoquer un changement de regard, de comportements et d’opinions en général sur l’endroit où nous vivons et travaillons. Si nous décidons tous de participer, nous pouvons vraiment engendrer le changement global dont notre ville a besoin et qu’elle mérite».

 


Mediapart
Mediapart titre Les Palestiniens oubliés.
Une revue médicale britannique a publié une série de conclusions tirées d’une réunion de chercheurs en santé publique, l’Alliance de la santé Lancet-Palestine, à Beyrouth en mars 2012. Selon l’une des études effectuée par des chercheurs de l’Université américaine de Beyrouth, «les lois discriminatoires et des décennies de marginalisation» ont laissé les réfugiés palestiniens au Liban socialement, politiquement et économiquement défavorisés. Plus de la moitié d’entre eux vivent dans des camps surpeuplés, où «la fourniture de logements, les services d’eau, d’électricité, d’ordures et autres sont de plus en plus insuffisants et contribuent à la mauvaise santé (des Palestiniens)».
Sur 2500 ménages interrogés, 42% avaient une fuite d’eau de leurs murs ou toits et 8% vivaient dans des maisons faites de matériaux de construction dangereux tels que l’amiante.
L’étude a révélé une corrélation directe entre les mauvaises conditions de logement et la mauvaise santé. Parmi les personnes interrogées, 31% souffraient de maladies chroniques et 24% avaient subi des maladies aiguës au cours des six mois précédant leur interview.
Une autre étude dans The Lancet, également par des chercheurs de l’AUB, montre que 59% des ménages des réfugiés vivent en dessous du seuil national de pauvreté, 63% ont rapporté une certaine insécurité alimentaire, tandis que 13% étaient en insécurité alimentaire grave.

 

 

 

 

 

The New York Times
The New York Times raconte cette semaine l’histoire d’un certain Jamal Youssef.
Un Libanais a été condamné par un tribunal fédéral à New York à douze ans de prison pour complicité de soutien matériel à une entreprise terroriste, en l’occurrence la guérilla des FARC, en échange d’une tonne de cocaïne, a annoncé le ministère américain de la Justice.
Jamal Youssef, 54 ans et natif du Liban, a été reconnu coupable d’avoir fourni des armes militaires aux Forces armées révolutionnaires de Colombie.
Il était disposé, volontaire et en capacité de fournir un arsenal d’armes et d’explosifs à des personnes dont il savait qu’elles appartenaient à une organisation terroriste qui se consacrait à tuer des Américains, a déclaré le procureur.
De juillet 2008 à juillet 2009, en échange de plus d’une tonne de cocaïne, Youssef et d’autres personnes avaient accepté de procurer des armes et des explosifs à des individus qu’il croyait être des représentants des Farc mais qui étaient en fait des informateurs du gouvernement américain. Il avait fourni des fusils d’assaut M-16 et AR-15, des fusils mitrailleurs M-60, des explosifs C-4 et des grenades à propulsion, ainsi que d’autres matériels militaires qui auraient été volés à l’armée américaine en Irak, selon ce communiqué. Il avait été arrêté en 2009 au Honduras, avant d’être transféré à New York où il a été jugé.

 

J. A-R.
 

Basket News

Un coach français au Liban
L’hebdomadaire français Basket News a interviewé cette semaine l’entraîneur du Mouttahed Tripoli, le Français Jean-Denys Choulet. Extraits.
«Je suis ici depuis quelques semaines, il n’y a absolument rien, tout est tranquille. Je dirais que c’est presque moins dangereux que d’habiter dans certains quartiers chauds de Marseille, Paris ou Lyon. Les médias font énormément de mal. Je ne suis pas dans le coin le plus facile car Tripoli est l’une des villes les plus pauvres mais ça se passe tout à fait bien. Les gens sont charmants, d’une gentillesse que je n’avais pas vue en France depuis de très longues années.
«Ils veulent des mecs à 30 points par match, les étrangers ont le rôle majeur. Si tu veux, les Libanais sont les porteurs d’eau et les étrangers mettent des points. J’essaie de montrer qu’on peut jouer avec les Libanais et qu’ils peuvent être efficaces et marquer des points. J’ai de bons Libanais, notamment Rony Fahed.»

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