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Nº 2886 du vendredi 1er mars 2013

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Refinancement. L’Etat a besoin de 480 millions de dollars en mars

La dette libanaise souveraine en devises étrangères venant à échéance durant 2013 s’élève à 823 millions $, dont 480 millions $ pendant le mois de mars. Sachant que lors de la première quinzaine de décembre 2012, le ministre des Finances, Mohammad Safadi, avait lancé une opération de renouvellement des eurobonds de 2013 d’un montant de 1,5 milliard $. Toutefois, les souscriptions se sont élevées à seulement 800 millions $. Le grand argentier avait quand même qualifié l’opération de «succès», compte tenu de la conjoncture régionale, «le renouvellement des obligations en devises étrangères ayant eu lieu pendant la guerre de Gaza et d’autres événements dans la région. Ce qui avait poussé les banques à se montrer réticentes à souscrire dans un contexte et un avenir incertains. Safadi avait également souligné que «les banques ne voulaient pas d’obligations à dix ans avec un faible rendement». En fait, ce qui s’était passé à cette époque était dans l’intérêt de l’Etat libanais, car chaque baisse de 1% en termes de taux d’intérêt permet au Trésor d’économiser entre 500 et 600 millions $ en rythme annuel. Aujourd’hui, la conjoncture n’est pas mieux que celle qui prévalait il y a trois mois, vue sous l’angle des éventuels souscripteurs. L’Etat aurait du mal à lancer une opération de refinancement des obligations venant à échéance ce mois-ci compte tenu de plusieurs facteurs, dont, entre autres, la tendance vers une hausse des taux d’intérêt. Par ailleurs, un sentiment de prudence prévaut sur les marchés internationaux concernant l’évolution de la situation interne au Liban et, par conséquent, les investisseurs internationaux ne montreraient pas un appétit accentué pour des titres souverains libanais. Quant aux potentiels des grands investisseurs institutionnels locaux, en l’occurrence les banques, leur capacité à souscrire aux eurobonds d’un montant de 483 millions $ est désormais limitée. C’est que la BDL poursuit une opération de swap en proposant aux banques la vente de certificats de dépôts et de titres à plus long terme faisant partie de son portefeuille. Le montant de cette opération s’est élevé jusqu’à ce jour à plus de 2,4 milliards $. L’opération de swap conduite par la BDL vise à remplacer des eurobonds venant à échéance en 2018, 2019 et 2025. Les taux d’intérêt servis par la Banque centrale pour les eurobonds à plus long terme varient entre 5,15% et 6,25%. Cette démarche a été en partie positive dans la mesure où elle a conduit à un recul de la demande sur les obligations souveraines libellées en dollars sur le marché secondaire, les établissements de crédit faisant appel directement à la BDL pour placer leurs liquidités. D’où l’importance de s’interroger si le gouvernement ne serait pas contraint de recourir à la BDL en cas de nouvelles émissions obligataires en dollars, vu qu’elle a épongé une bonne part de la liquidité disponible sur le marché.   

Liliane Mokbel

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