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Nº 2898 du vendredi 24 mai 2013

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Médecine

Les recommandations de la FAO. Vous reprendrez bien un peu d’insectes?

La très sérieuse FAO, organisation onusienne pour l’alimentation et l’agriculture, a lancé, le 13 mai dernier, un programme visant à encourager l’élevage et la consommation d’insectes. L’objectif est de lutter contre la faim dans le monde.
 
Non, ce n’est pas une blague! Ni une provocation. On ne peut plus sérieuse, Eva Ursula Muller, directrice du département des politiques économiques des forêts, a annoncé que la FAO lançait un programme afin d’encourager l’élevage à grande échelle des insectes. «Notre message est: mangez des insectes, les insectes sont en abondance, ils sont une source riche en protéines et en minéraux», a-t-elle plaidé. A nous donc, sauterelles, chenilles, fourmis et autres abeilles, pour les insectes les plus connus… Et pourquoi pas? Car actuellement, selon la FAO, près de deux milliards d’êtres humains, notamment en Afrique, en Asie et en Amérique latine, consomment déjà ce mets, qualifié de peu cher, écologique et de surcroît… délicieux.
Dans un rapport très sérieux, la FAO met en exergue les différents avantages d’une production d’insectes à grande échelle. Ainsi, seuls deux kilos d’aliments seraient nécessaires pour produire un kilo d’insectes, alors que nos chers bovins exigent 8 kg de nourriture pour produire un seul kilo de viande. Autre argument, le fait que les insectes sont «nutritifs, avec une teneur élevée en protéines, matières grasses et minéraux» et «peuvent être consommés entiers ou réduits en poudre, en pâte et incorporés à d’autres aliments». Par ailleurs, l’élevage des insectes reste aisé, puisqu’il peut se faire à partir de compost, de lisier ou de déchets alimentaires. En outre, ils consomment moins d’eau et produisent moins de gaz à effet de serre que le bétail. Voilà pour le côté écolo de la chose.
Bref, les insectes, jusque-là snobés par les grands chefs de restaurants, autant que par la plupart des pays occidentaux et développés, pourraient bien faire leur entrée dans notre alimentation. D’autant qu’avec des billions d’insectes qui se reproduisent sans cesse, sur terre, dans l’air et dans les eaux, il y a de quoi faire. D’après les experts de la FAO, près de 900 espèces d’insectes seraient comestibles.
Le programme lancé par la FAO est porté par des motivations très sérieuses. «D’ici 2030, plus de neuf milliards de personnes devront être nourries, tout comme les milliards d’animaux élevés chaque année», au moment où «la pollution des sols et de l’eau due à la production animale intensive et le surpâturage conduit à la dégradation des forêts». La culture d’insectes pourrait même avoir un impact social, car ils peuvent être récoltés et vendus par les plus pauvres.
Deviendrons-nous alors entomophages, d’ici 2030? Pourquoi pas! Dès lors, on peut se laisser aller à imaginer des kebbés à base de sauterelles, des ragoûts de chenilles ou des grillades de termites ou de scorpions, qui rappellent, selon certains, la chair du crabe… Selon Gabril Tchango, ministre des forêts du Gabon, en Afrique, les termites grillés sont considérés comme des mets de choix de nos forêts». A Kinshasa, en RDC, les Congolaises cuisinent déjà chenilles et vers, qu’elles trouvent à profusion sur les marchés. Certains restaurants en Europe en affichent même sur leurs menus. Si certains en mangent, cela ne doit pas être si mauvais… A vos casseroles!

Jenny Saleh
 

La gastronomie entomophage autour du monde
– Les aborigènes, en Australie, dégustent des fourmis crues au goût de miel. En Colombie, on les préfère en pop-corn, ou sous forme de noisettes. En Thaïlande, en revanche, les fourmis rouges et leurs œufs agrémentent les salades.
– Au Mexique, les vendeurs de sauterelles remplacent ceux des frites. Plus sec et plus salé que la crevette, ce mets est en revanche apprécié pour son croquant. Sans compter que les sauterelles sont halal.
– Les cafards, qui envahissent souvent les appartements libanais, sont très appréciés à Madagascar, où on les nourrit avec des fruits et légumes frais. Une fois rôtis, cuits ou grillés, ils auraient ainsi le goût et la texture du poulet.
– Les vers de farine, cuits, rôtis ou grillés prendraient la saveur de crevettes aux noix!
– Les abeilles, plus particulièrement leurs larves, peuvent être cuisinées avec un peu de beurre, des champignons et du lard. Les Chinois en consomment contre le mal de gorge.
– Les tarentules sont consommées au Cambodge. Leurs pattes croquantes seraient fort appréciées, pour leur goût de noisette. Et encore plus si elles sont agrémentées d’un peu d’ail.
 

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