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Nº 2898 du vendredi 24 mai 2013

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ECONOMIE

Télévision. Le temps des roses pour certains animateurs de talk-shows

S’il est question de période de vaches maigres pour une grande partie des secteurs productifs de l’économie, il n’en est pas de même pour certains journalistes-animateurs d’émissions de talk-show télévisées tant à caractère politique que de divertissement. Des sources du secteur de la production de radiotélévision ont rapporté qu’une animatrice d’un talk-show devenu très populaire au cours des années s’est vu rétribuer la coquette somme d’un peu moins d’un million de dollars pour devenir l’ambassadrice d’une série de produits de consommation usinés et distribués par une société étrangère. Dans le jargon du secteur de l’audiovisuel et de la publicité, ambassadrice d’un ou (des) produit(s) d’une société signifie que la célébrité accorde une exclusivité viagère à celle-ci pour le tournage des films publicitaires visant à promouvoir lesdits produits. Le coût de production unitaire de son émission hebdomadaire s’élèverait à 75000 dollars, alors que le format de la série télévisée est acheté à des compagnies étrangères de diffusion.
Dans le même sillage, ajoutent les mêmes sources, un animateur d’un talk-show politique aurait acheté les droits d’antenne de son émission qui dure un peu plus de deux heures contre l’encaissement des revenus de toutes les insertions de spots publicitaires pendant son programme. Les sources précitées n’ont pas été en mesure de dévoiler le montant exact de l’achat du temps d’antenne versé à la chaîne de télévision diffuseur de cette émission.
Un autre jeune animateur d’un talk-show variété aurait décliné l’offre d’une station télé qui aurait souhaité le débaucher pour la somme de 3000 dollars par émission. Sachant que cet animateur crée lui-même à chaque saison ses propres formats d’émissions, ce qui rendrait son cachet plus élevé dépassant probablement 5000 dollars par émission.
En revanche, ceci ne veut pas dire nécessairement que les chaînes de télé qui diffusent ces programmes font des bénéfices à la fin de l’exercice financier fixé à un an. C’est que l’économie de l’audiovisuel est marquée depuis quelques années par l’explosion de l’offre, alors même que la demande, exprimée en temps consacré à regarder ou écouter, augmente de moins en moins. Il y a l’apparition de nombreux diffuseurs grâce au câble, au satellite diffusant en mode analogique puis numérique, à l’ADSL et à la télévision numérique terrestre T.N.T. (création de chaînes thématiques…). La concurrence entre diffuseurs devient de plus en plus féroce, engendrant des processus de rivalité tant sur le marché des programmes que sur celui des audiences ou de la publicité, et suscitant des stratégies d’alliance, de mise en réseau, de concentration et d’internationalisation. Pour l’instant, si on ne fait pas cas de «l’argent politique» destiné à financer une station de télévision (bien que ce moyen de financement soit prohibé par la loi sur l’audiovisuel), les chaînes qui sont plus ou moins rentables sont celles qui pratiquent les principes économiques de «la concentration verticale» et «des coûts d’échelle». La première théorie consiste à ce que l’entreprise médiatique contrôle les diverses étapes d’une filière de production-distribution. Ceci se traduit notamment par la création d’une société holding qui détient les actions du diffuseur de la société de production, ainsi que celles de la société de production. Quant à la deuxième théorie, elle consiste à mieux répartir les coûts fixes, en augmentant les quantités d’émissions produites selon les mêmes formats et l’amortissement optimal des équipements tout en achetant en quantités importantes leurs pièces de rechange. Ce qui fait baisser le coût moyen de chaque unité
produite.

Liliane Mokbel    

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