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Nº 2912 du vendredi 30 août 2013

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La dyslexie chez les enfants. Vers un dépistage précoce

Des chercheurs ont mis en évidence un lien entre le volume de la substance blanche et les capacités d’apprentissage de la lecture. Une avancée qui pourrait permettre aux enfants dyslexiques un dépistage bien précoce de ce trouble d’apprentissage.
 

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 8 à 10% des enfants souffrent de dyslexie, un trouble qui se caractérise par des difficultés à identifier les lettres et donc à apprendre à lire et à s’exprimer correctement. Il s’agit en fait d’un dysfonctionnement cérébral ou psychique ayant des répercussions sur l’écriture et le langage. Au niveau de la lecture, les difficultés peuvent se présenter dans le décodage des mots, dans la compréhension du texte ou encore dans ces deux aspects. L’enfant ne saisit pas le sens de ce qu’il lit et cela affecte son intérêt pour la lecture. La présence d’un dysfonctionnement des circuits cérébraux impliqués dans la phonologie (représentation et traitement des sons de la parole) est aujourd’hui la cause la plus couramment admise de la dyslexie. Les troubles d’apprentissage affectent grandement la confiance et l’image de soi et il est primordial que l’enfant soit rassuré sur la cause de ses difficultés et sur le fait qu’il aura le soutien pour l’aider à y faire face. D’où l’importance d’une consultation pour un diagnostic précoce de ce trouble. Plusieurs travaux de recherche ont été menés à cet effet pour mieux cerner ce trouble d’apprentissage. Des chercheurs ont récemment trouvé un lien entre une certaine structure du cerveau et les troubles d’apprentissage typiques de la dyslexie. Un simple scanner pourrait contribuer à prendre cette maladie en charge et aider les enfants dès la maternelle.
 

Des clichés particuliers
L’étude menée par les chercheurs a révélé un lien entre des compétences de pré-lecture plutôt faibles chez certains enfants à la maternelle et la taille d’une structure du cerveau qui relie deux zones de traitement du langage. Selon des travaux précédents, cette structure est plus petite et moins bien organisée chez les adultes souffrant de faibles capacités de lecture. Mais les scientifiques ignoraient que ces différences pourraient entraîner des difficultés ou résulter d’un manque d’expérience de lecture. Cette nouvelle étude a évalué des tout-petits sur leurs compétences de pré-lecture en première année de maternelle. Les chercheurs ont ensuite invité une quarantaine de ces enfants à faire un scanner de leur cerveau grâce à une technologie basée sur l’imagerie par résonance magnétique (IRM). Les résultats ont montré que les enfants qui avaient des problèmes dans l’articulation des sons et l’acquisition des bases de lecture avaient des clichés IRM particuliers. Chez eux, le faisceau arqué gauche était moins volumineux que chez les autres. Or, cette région de la substance blanche est composée d’axones qui relient plusieurs zones cérébrales impliquées dans l’acquisition du langage. Lorsque les experts ont comparé les images des cerveaux des enfants avec leurs résultats aux tests de pré-lecture, ils ont trouvé une corrélation entre la taille et l’organisation au niveau d’une certaine structure. Cette avancée pourrait selon les scientifiques apporter une aide importante aux nombreux enfants dyslexiques dont le diagnostic arrive souvent trop tard. Les chercheurs prévoient de continuer à examiner ce groupe d’enfants afin de suivre leur progression dans les apprentissages et d’examiner leur cerveau au cours du temps par IRM.

Nada Jureidini

Des différences notables
Des études d’IRM fonctionnelle ont 
montré plusieurs différences dans l’activité cérébrale des enfants dyslexiques et non dyslexiques. Chez les dyslexiques, l’aire visuelle des mots située dans le lobe 
temporal gauche ne s’active pas 
normalement lors de la lecture. Selon d’autres travaux menés, un parent dyslexique a un risque augmenté d’avoir un enfant atteint de ce trouble par rapport à un parent non dyslexique. Les études de jumeaux menées au plan international ont permis d’estimer à 50 % l’héritabilité de la dyslexie.

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