Magazine Le Mensuel

Nº 2919 du vendredi 18 octobre 2013

Economie & Finances

Economie et finances

Service de la dette
Le coût prévisionnel à 6117 milliards de livres

Le coût de la dette estimé dans le cadre du projet de la loi de finance de 2014 est de 6117 milliards de livres. Ce projet a été transmis par le ministre des Finances, Mohammad Safadi à la présidence du Conseil. Sur cette base, le coût de l’endettement public libellé en livres libanaises est de 3482 milliards de livres, alors que celui souscrit en devises étrangères est de l’ordre de 2410 milliards de livres et le solde restant est de 225 milliards de livres, représentant le coût réparti entre diverses autres formes d’endettement. En revanche, les comptes du budget prévisionnel de 2014 ne prennent pas en considération toutes les dépenses liées au service de la dette dans la mesure où il existe des certificats de dépôts (GDR) émis par la Banque centrale et des dettes souscrites dont les taux d’intérêt ne sont comptabilisés qu’ultérieurement se rapportant aux dus des entrepreneurs de travaux publics, aux dus des hôpitaux et à la mise en œuvre des expropriations sur ordre judiciaire. Ces endettements collatéraux sont souvent souscrits sur base d’autorisations du Parlement. Elles prennent la forme de loi habilitant les autorités concernées à procéder à une émission de bons de Trésor. Ce sont d’ailleurs ces données qui ont poussé le ministre des Finances à donner de la voix lors des rencontres biannuelles de Washington avec les représentants de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI), refusant que le Liban s’endette davantage pour subvenir aux besoins des réfugiés syriens, d’autant «qu’il n’est pour rien dans la crise syrienne». D’ailleurs, le Liban devrait voir son PIB reculer de 7,5 milliards de dollars sur la période s’étendant entre 2012 et 2014 du fait de la crise syrienne. En fait, les prévisions soulignent un recul des investissements dans le secteur de l’immobilier et de la construction de près de quatre milliards de dollars en 2013, notamment les investissements arabes et étrangers. Un paysage identique est prévu dans l’industrie du tourisme. Un recul des recettes d’une manière générale devrait accentuer le déficit au niveau des revenus du Trésor. Des facteurs qui sont de nature à aggraver la pression économique et financière sur l’Etat.
Dans ce contexte d’interférences de facteurs exogènes, on est en droit de s’interroger sur l’efficacité de la direction de la gestion de la dette. Cette direction a été créée à la faveur d’un projet de décret en 2004, qui a été promulgué en 2008, alors que les décrets d’application n’ont été approuvés qu’en 2012. Cette direction s’est attelée à améliorer les données relatives au volume de la dette et à ses caractéristiques dont l’objectif ultime est de planifier une stratégie de gestion et une meilleure étude des risques. La stratégie de gestion de la dette publique concernerait a priori l’endettement de l’Etat à moyen terme. Ce qui permettrait aux autorités concernées d’élaborer un programme annuel de financement de celle-ci. Un premier projet a été conçu par la direction de la gestion de la dette publique le 4/4/2013 en prélude à son transfert au Conseil des ministres. Et depuis, le cabinet a démissionné. D’ici à ce qu’un changement de conjoncture intervienne, les Libanais devraient attendre Godot.

Voyagiste
Thomas Cook se retire des marchés libanais et égyptien

Le groupe Thomas Cook a annoncé la vente de cent pour cent de Thomas Cook Liban et Thomas Cook Egypte. Le groupe a cédé ses fonds de commerce dans les deux pays à la holding Youssed Ben Ahmad Kanoo (Bahreïn) contre 6,5 millions de sterlings. Thomas Cook est une entreprise spécialisée dans l’organisation des voyages destinés aux personnels des sociétés et aux clients ordinaires. Elle offre également un service en ligne portant sur les meilleurs taux de change de monnaie. Thomas Cook continuera d’offrir des services de voyagiste vers l’Egypte à partir d’autres marchés où l’entreprise est installée.

Marchés de capitaux
L’attentisme se prolongerait jusqu’à la fin du mois

A la veille de la fête de l’Adha, un climat d’attentisme prévalait sur les marchés de capitaux. Il serait appelé à se prolonger encore jusqu’à la fin du mois en cours en attendant les résolutions et recommandations des réunions biannuelles de la Banque mondiale et du FMI concernant la concrétisation du mécanisme d’assistance au Liban à la lumière des flux de réfugiés syriens. Parallèlement, des préparatifs auraient été entamés en prélude à l’émission de bons du Trésor d’une durée variant entre dix et douze ans et à des taux d’intérêt respectifs de 8,25% et 8,75%. Ceci dans la perspective de financer certains endettements de l’Etat qui viendraient à échéance entre fin 2013 et début 2014. Le processus de mise en place de cette opération est conjointement géré par le ministère des Finances et la Banque centrale et porterait sur un montant de près de 1500 milliards de livres. Sur le marché de change, un phénomène d’offres de vente de dollars a été observé nonobstant les tensions sécuritaires et politiques intermittentes dans le pays. En fait, les banques libanaises avaient utilisé une importante partie de leurs liquidités en livres afin de souscrire aux bons du Trésor à long terme émis le mois dernier. En fait, les établissements de crédit avaient souscrit pour environ 2482 milliards de livres, soit un montant supérieur à celui requis de près de 700 milliards de livres.

Banques arabes
Dix établissements libanais parmi le top 100

Le Liban a été classé en troisième position en termes de nombre de banques libanaises figurant dans le palmarès des cent plus grandes institutions bancaires  arabes. Sous cet angle, il a le même classement que celui de l’émirat du Qatar avec dix établissements de crédit. En revanche, le Pays du Cèdre se positionne derrière le royaume wahhabite (douze banques saoudiennes) et les Emirats arabes unis (seize banques émiraties) qui se retrouvent en tête du peloton. Selon le magazine Banking Executive cité par le rapport économique hebdomadaire du Crédit libanais, le total des avoirs des cent premières banques arabes s’est élevé à environ 2,3 billions de dollars à fin 2012, alors que le total de leurs dépôts bancaires a représenté 1,6 billion de dollars et leurs portefeuilles de prêts 1,15 billion. Les dix banques libanaises figurant dans la liste ont été classées sur base du volume de leur bilan. Il s’agit des établissements suivants: le groupe Saradar-Audi (21e position); Blom Bank (28e); Byblos Bank (44e); Fransabank(46e); Med Bank (55e); Bank of Beirut ( 57e); SGBL (58e); la Banque libano-française (62e); la banque du Crédit libanais (76e) et Bank of Beirut & Arab Countries (98e).

Liliane Mokbel

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