Magazine Le Mensuel

Nº 2926 du vendredi 6 décembre 2013

Événement

Collège Melkart. Un souffle d’humanité

Qu’est-ce qui pousse à tout grand élan? Quelle est la force de toute grande action? Sans doute la passion. Mais aussi l’engagement volontaire d’un groupe de personnes agissant pour une cause juste: l’être humain. A peine sorties d’une campagne de collecte de dons, destinés à aider les sinistrés du typhon Haiyan, aux Philippines, l’ensemble des Premières du collège Melkart, les yeux pétillants, lancent avec une joie contagieuse et électrisante: Together, we can make the difference.
 

Dix jours après la présentation de leur projet de solidarité à la direction du collège, plus de 3 000 dollars ont été récoltés et pourront permettre à une trentaine de familles de se trouver un abri d’urgence et un kit de survie.
L’union fait la force
«Nous voulions venir en aide aux Philippins touchés par le typhon, nous y avons pensé en classe et l’idée s’est répandue sur les réseaux sociaux, de manière contagieuse», explique Marita qui souligne qu’«en vingt-quatre heures, elle était largement connue». Les élèves ont alors conçu un plan d’action relativement simple mais efficace et se sont donné une semaine, du lundi 18 novembre au vendredi 22 novembre, pour la réaliser. «La première idée, c’était la caisse à faire circuler, mais il fallait d’autres idées», indiquent Mabelle et Ahmad. En se concertant, les élèves ont finalement décidé qu’en plus de la caisse, qui a circulé dans toutes les classes, tel un radeau de secours, de faire une vente de gâteaux faits maison le mardi 19 novembre, pendant les heures de récréation. «Mais nous nous sommes dit concrètement que cela ne suffirait pas et qu’il fallait quelque chose de plus encourageant qui implique tout le monde», ajoute Paméla.
 

L’engagement de tous
Une journée de solidarité a ainsi été organisée au collège, le vendredi 22 novembre, de 14h à 18h, pour mettre au point le projet et, bien sûr, récolter encore plus de fonds de soutien aux Philippines. L’idée était de faire «une sorte de kermesse où on achète des tickets pour participer à diverses activités ludiques et sportives». Les élèves ont prévu des ateliers d’initiation à la zumba, des tournois de football et de street-baskets, des photo-shoots et des «zones de jeux vidéo», le tout agrémenté de stands de boissons et de snacks, fonctionnant sur le même système de bons. Plus d’une centaine de personnes ont répondu à l’invitation. «C’était fort, car nous avons vraiment eu l’impression que quelque chose nous unissait», raconte Paul qui précise que «voir les familles arriver, c’était une belle récompense».

 

Entre soi… entre autres
Quand on réfléchit au sens de cette action qui s’est achevée le jour même de la fête nationale, on ne peut s’empêcher d’y voir une petite morale. Une morale qui n’assomme pas, mais qui interroge, à deux niveaux, notre propre sentiment national, pour ne pas dire notre unité nationale. Etrange, en effet, cet exemple possible d’une action commune tendue vers un même but, en ce 22 novembre commémoratif. Etrange également, cette réverbération et ce souci de l’autre, en ce jour d’Indépendance nationale. Les élèves nous ont offert, sans en avoir bien conscience, une fable philosophique, vivante et profonde, faisant miroiter toutes les problématiques qui touchent non seulement le Liban, mais une bonne majorité de ce qu’on ose à peine appeler «les nations».

 

Du concret…
Quant à la somme récoltée par les Premières, cet argent qu’on voyait affluer comme autant de maisons, de bouteilles d’eau potable, et de kits de survie, elle sera confiée à une organisation de solidarité internationale et acheminée vers ces autres nous-mêmes vivant dans la détresse.

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