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Nº 2928 du vendredi 20 décembre 2013

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Designers libanais. Des mentors pour les jeunes talents des universités

Avec la pléthore de noms de designers libanais de la haute couture, cités dans la foulée des grands événements tant à Cannes qu’à Hollywood, qui ont habillé les grandes stars du show-business, il n’est plus surprenant de lire dans les statistiques de certaines agences que le Pays du Cèdre a le taux le plus élevé de créateurs de mode par habitant. La célébrité de l’un d’eux, le fameux Elie Saab, a dépassé non seulement les frontières, depuis belle lurette, mais elle l’a amené à créer des robes de mariée uniques à certaines princesses européennes.
L’une des particularités qui marquent le paysage de ce secteur, devenu au fil des ans une industrie à part entière, est la prise en charge des doyens ou pionniers de la profession des jeunes talents au niveau de leur découverte, de leur encadrement professionnel et de leur lancement dans ce domaine. Ce phénomène est rare à déceler dans d’autres secteurs de la vie économique, où la concurrence même entre pionniers et jeunes talents n’est que plus forte. Pour ne citer que quelques exemples du mécénat de nos créateurs libanais de haute couture, il serait bon de rappeler que Rabih Keyrouz, connu pour sa maison de prêt-à-porter de haute couture installée à Paris, est le cofondateur de l’incubateur Starch Foundation. Celui-ci accorde aux jeunes doués, pendant une période d’un an, un stage de perfectionnement de leur talent, la participation à des séminaires de formation et des possibilités d’une exposition de leurs œuvres au public. Cette initiative, la première du genre, a été suivie de celle adoptée par Elie Saab qui a créé il y a deux ans, en coopération et sous l’égide de la Lebanese American University (LAU), une école de haute couture qui délivre un diplôme en son nom. Quant à Reem Acra, elle est fière de raconter qu’elle est la seule femme arabe et non seulement libanaise à avoir bâti sa réputation et fondé sa maison de haute couture à New York «à partir de rien». Scolarisée à l’institution Sainte-Anne des sœurs de Besançon à Beyrouth, puis à l’International College en raison de la guerre, Reem Acra a dû, sur décision de ses parents, tous les deux professeurs à l’AUB, décrocher un diplôme de gestion de cette même université. Elle devait s’envoler plus tard vers les Etats-Unis avec quelques dollars en poche pour se frayer un chemin dans le monde de la mode. Aujourd’hui, parmi sa clientèle figurent les noms de stars du cinéma comme Catherine Zeta Jones, Angelina Jolie, Eva Longoria et les noms de vedettes de la chanson comme Leann Rimes. Reem Acra lorgne le marché du Proche-Orient «pour aider à jeter les fondements d’une véritable industrie locale des robes de mariée haute couture». Selon la styliste de renommée internationale, elle a déjà commencé à implanter la première phase de son plan, avouant qu’elle a senti «une envie et une détermination fortes dans la majorité des pays au Proche-Orient de se doter d’une industrie de haute couture d’inspiration locale». Dubaï commence à émerger pour devenir la capitale de la haute couture dans la région. Acra a vendu sa franchise de prêt-à-porter à une des filles du président du Parlement. Et les résultats sont fameux.

 

Liliane Mokbel

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