Magazine Le Mensuel

Nº 2939 du vendredi 7 mars 2014

Confidences Moyen-Orient

Confidences Moyen-Orient

Peres devra partir
Le président israélien, Shimon Peres, dont le mandat s’achève en juillet 2014 a, d’ores et déjà, pris la décision de se retirer complètement de la scène politique après y avoir passé soixante-dix ans de sa vie. Le père du projet nucléaire israélien, qui a connu et côtoyé tous les Premiers ministres depuis Ben Gourion en 1948, voudrait désormais se reposer, malgré les pressions exercées sur lui par Benyamin Netanyahu qui souhaite le voir prolonger son mandat d’une année. Le projet de Bibi? Introduire des réformes constitutionnelles qui permettraient l’élection du président au suffrage universel, tout en lui attribuant des pouvoirs exécutifs. Netanyahu prépare ainsi son propre avenir, mais il devra le faire sans l’aide de Peres.  

      

Sadr sur les traces de Sistani
Des proches du leader chiite irakien, Mouktada el-Sadr, assurent que sa retraite est, cette fois, définitive et qu’il ne jouera plus en aucun cas un rôle actif dans la vie politique de son pays. Selon eux, le sayyed a décidé de suivre les pas de l’ayatollah Ali el-Sistani, qui refuse de se mêler de la politique politicienne tout en jouant un rôle de modérateur et de rassembleur. Face à cette décision pour le moins surprenante, les proches de Sadr semblent perdus et les ministres et députés de son mouvement ne savent plus à quoi s’en tenir, puisqu’il refuse de les rencontrer ou de répondre à leurs appels.

Sabah el-Ahmad el-Sabah l’émir du Koweït, déploie des efforts titanesques pour rapprocher Riyad, Abou Dhabi et Le Caire d’une part, Doha de l’autre, quelques jours avant le sommet des chefs d’Etat arabes. Après une conversation téléphonique avec le cheikh Tamim Ben Hamad Al Thani, émir du Qatar, il a envoyé son ministre des Affaires étrangères à Doha pour conclure l’affaire. Ainsi, cheikh Sabah el-Khaled el-Hamad el-Sabah a appliqué la diplomatie de la navette entre la capitale qatarie et Le Caire, avant de se rendre chez les voisins saoudiens et émiratis. Les relations entre le nouveau pouvoir égyptien et cheikh Tamim sont au plus bas à cause de la campagne médiatique de la chaîne al-Jazeera en soutien au président déchu Mohammad Morsi.      

Le Hamas ne dissimule plus ses cartes, puisqu’il vient d’annoncer publiquement qu’il ne soutenait plus le processus de réconciliation nationale avec le Fateh. Selon les dirigeants du mouvement islamiste palestinien à Gaza, le sujet n’est pas à l’ordre du jour, puisque Ramallah négocie avec les Israéliens, «ce qui va à l’encontre des intérêts du peuple palestinien». Une déclaration qui prouve clairement que le mouvement de Khaled Mechaal n’a nullement l’intention de libérer Gaza de sa mainmise et que, pour les islamistes, ces négociations ne représentent qu’une perte de temps.     

Salva Kiir s’accroche au pouvoir
Les proches du président sud soudanais, Salva Kiir Mayardit, ne cachent plus leur désarroi face à la médiation africaine dans la crise qui déchire le pays depuis plusieurs mois. D’ailleurs, ils n’ont pas mâché leurs mots en rejetant en bloc les propositions des représentants africains de former un conseil transitoire de gouvernance, qui exclurait Kiir et son ancien vice-président et ennemi d’aujourd’hui, Riek Machar. Selon le gouvernement actuel, on ne peut pas comparer le rôle du président légitime à celui «d’un rebelle qui rejette l’autorité de l’Etat». Un avis qui n’est pas partagé à Addis-Abeba, l’Organisation de coopération africaine accusant les deux hommes d’avoir du sang sur les mains et d’être responsables des violences qui n’en finissent pas. Dire que quelques mois auparavant, Kiir considérait l’OCA comme son meilleur allié contre Khartoum.   

En pointillé…
A l’approche des élections présidentielles syriennes, il semble que le régime ne souhaite pas donner l’impression qu’il ressuscite le parti Baas de ses cendres. Ainsi, la réunion du président Bachar el-Assad avec les principaux cadres du parti a eu lieu loin des caméras. Fureur dans les rangs des caciques du régime, qui ont exigé une annonce présidentielle de cette rencontre. Pourtant, le président ne devrait pas avoir honte d’être vu avec les baassistes puisqu’il est toujours secrétaire général du parti, même si le mouvement de Michel Aflaq n’est plus, selon la Constitution, le parti dirigeant de l’Etat et de la société. Des sources à Damas affirment que le face-à-face était tendu entre un président qui doute de l’avenir du Baas et des leaders sceptiques quant à ses chances d’être réélu.

 

Les Coptes visés
Durant l’année de la présidence de l’islamiste Mohammad Morsi en Egypte, les exactions contre la communauté copte ont pris une ampleur jamais atteinte auparavant. Depuis, Le Caire s’efforce, tant bien que mal, d’assurer la protection des lieux de culte chrétiens. Mais la terreur salafiste n’a pas de limites géographiques, puisque sept Coptes égyptiens viennent d’être exécutés d’une balle dans la tête sur la plage de la ville libyenne de Benghazi. Un crime commandité et exécuté par le mouvement Ansar al-Chariaa, soupçonné aussi d’être derrière l’attaque contre le consulat américain en 2012. Les fondamentalistes n’ont pas caché leur responsabilité, assurant qu’ils appliquaient la loi de Dieu et qu’ils «protégeaient les musulmans des mensonges des prêcheurs chrétiens». Les autorités locales n’ont pas réagi à ce drame, et alors que les observateurs attendaient une réponse violente de la part du Caire, rien de cela n’a eu lieu, le maréchal Abdel-Fattah el-Sissi et ses compagnons étant préoccupés par la formation d’un nouveau gouvernement qui devrait lui ouvrir le chemin vers la présidence. 

Ghannouchi veut la démission de Marzouki
Le président tunisien, Moncef Marzouki, se retrouve seul face aux critiques émanant de tous bords. Même son allié le plus fort, le parti Ennahda, qui avait contribué à son élection, lui demande de quitter le palais de Carthage au cas où il souhaiterait se présenter aux prochaines élections, une décision qu’il n’a toujours pas prise. Selon les islamistes, Marzouki devrait suivre l’exemple du mouvement qui a abandonné le poste de Premier ministre afin de permettre à une personnalité neutre de superviser les scrutins à venir. Entre-temps, les candidats se pressent pour succéder au président, qui n’a pas de vraies chances d’être réélu, sauf si Ennahda change d’avis et décide de le soutenir à nouveau. Mais vu l’appel à démissionner lancé par le leader du mouvement, Rached el-Ghannouchi, au président, il n’est pas sûr que ce scénario soit d’actualité.    

Ankara et Erevan: réconciliation douteuse
Malgré les efforts déployés tout au long des trois dernières années par les autorités turques, il semble que le temps de voir les Arméniens et les successeurs de l’Empire ottoman se réconcilier n’est pas encore venu. Ainsi, lors d’une rencontre tripartite entre les ministres des Affaires étrangères de l’Azerbaïdjan, de l’Arménie et de la Turquie, Ahmet Davutoglu a insisté à enfoncer le couteau en haussant le ton contre ce qu’il a appelé «l’occupation arménienne du Haut-Karabagh». Selon lui, son gouvernement n’enterrera pas la hache de guerre, tant qu’une partie du territoire azéri reste sous domination arménienne. Drôle d’analyse, tous les gouvernements turcs du dernier siècle, ayant pris le pouvoir, refusent de reconnaître la responsabilité de la Sublime Porte dans le génocide arménien.      

Notre ami le roi
La politique africaine du président français, François Hollande, est considérée comme l’un de ses principaux succès, deux ans après sa prise du pouvoir. Mais l’Elysée et le Quai d’Orsay ont dû faire face à une nouvelle crise diplomatique avec un pays du Maghreb, à la suite de la plainte déposée à Paris contre Abdellatif el-Hammouchi, chef de la Direction générale de la surveillance du territoire à Rabat. La police française avait alors tenté d’interroger le responsable marocain, accusé par des activistes sahraouis de crimes contre l’humanité. Fureur au palais royal qui n’a pas digéré cette gifle et qui a aussitôt exigé des excuses et des clarifications des autorités françaises. Pour la première fois, Rabat n’a pas hésité à menacer de couper les contacts avec Paris, forçant le président Hollande à intervenir en appelant le roi Mohammad VI pour calmer la situation.      

230000 barils de pétrole seulement sont exportés chaque jour par la Libye, ce qui représente un nouveau coup dur pour l’économie du pays. En effet, les chiffres du mois de février ont été très mauvais comparés à ceux de janvier, quand les raffineries produisaient 570000 barils par jour. Mais les problèmes sécuritaires et les revendications sociales ont forcé le gouvernement de Ali Zaydan à fermer la raffinerie d’al-Charara, où les ouvriers avaient entamé un mouvement de grève pour demander que l’argent de l’or noir soit investi dans les régions sud et est du pays, considérées les plus pauvres. En juillet dernier, plus d’un million et demi de barils étaient produits chaque jour dans le pays. Mais depuis, les choses ont bien changé et l’Etat perd chaque jour son influence et sa mainmise sur les services de sécurité. Des analystes à Tripoli tirent la sonnette d’alarme, affirmant que si les autorités ne réussissaient pas à remettre le secteur du pétrole sur la bonne voie, l’Etat devra perdre plus de 15 milliards de dollars.

156 millions de dollars est le montant des avoirs du fils du Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan. Or, quinze ans auparavant, il n’avait pas plus de 5000 dollars dans son compte. Un scandale qui en dit long sur la corruption en Turquie depuis la prise du pouvoir par le Parti pour la justice et le développement. Une honte au pays d’Atatürk, qui avait quitté ce monde sans rien laisser à sa famille, car il se disait au service de son pays. Alors que les mouvements islamistes turcs accusaient l’armée et les partis laïques d’être impliqués dans des affaires de pot-de-vin, il semble que les nouveaux sultans à Istanbul n’ont rien à leur envier. Une situation qui n’inquiète guère le Premier ministre qui accuse ses adversaires politiques d’être des agents de l’étranger et qui assure que son fils est un honnête homme d’affaires.      

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