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Nº 2982 du vendredi 2 janvier 2015

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Le dialogue Hezbollah-Futur. Apaisement et bonne volonté

La première prise de contacts positive entre le Hezbollah et le Courant du futur, au cours de laquelle les deux partis se sont accordés sur la nécessité d’apaiser les tensions et de réactiver les institutions, sera suivie d’une deuxième rencontre le 5 janvier.
 

Soigneusement préparée pendant plusieurs semaines, la première rencontre entre les délégations du Hezbollah et du Courant du futur a donc eu lieu à Aïn el-Tiné. Pendant plus de trois heures, en présence de Nabih Berry et du ministre des Finances, Ali Hassan Khalil, le conseiller spécial de Hassan Nasrallah, Hussein Khalil, le ministre de l’Industrie, Hussein Hajj Hassan, et le député de Bint Jbeil, Hassan Fadlallah, pour le parti chiite; le chef du cabinet de Saad Hariri, Nader Hariri, le ministre de l’Intérieur, Nouhad Machnouk, et le député de Tripoli, Samir Jisr, pour le parti sunnite, ont passé en revue tous les dossiers politiques du moment. Objectif partagé, faire passer à l’opinion publique deux messages, apaisement et bonne volonté. «Les deux parties ont souligné leur désir et leur volonté d’entamer un dialogue sérieux et responsable sur diverses questions, chaque groupe comprenant la position de l’autre sur certains sujets litigieux», indique le communiqué publié à la suite de cette rencontre.
Le sérieux avec lequel les deux plus importants partis politiques du pays abordent ce dialogue se traduit par le rang des interlocuteurs qui vont y prendre part. La présence de Hussein Khalil et de Nader Hariri atteste de la volonté de leurs leaders; celle des ministres Hajj Hassan et Machnouk, de l’espoir de résultats concrets sur la conduite des affaires du pays et celle des députés Fadlallah et Jisr, du soutien populaire dont ils bénéficient. Un dialogue à visée nationale, politique et communautaire en somme, visant à rapprocher les points de vue, redynamiser les instituions et apaiser les tensions entre sunnites et chiites. Des dispositions qui résultent de la volonté de l’Arabie saoudite et de l’Iran d’empêcher l’ouverture d’un nouveau front de crispation après l’Irak et la Syrie. La guerre froide que se livrent ailleurs Riyad et Téhéran pour le contrôle de la région doit démontrer que le dialogue entre les deux partis en est indépendant, jusqu’à une certaine mesure en tout cas.  
La seule portée régionale que pourraient avoir ces discussions se situerait sur le dossier syrien. Mais, à ce stade, les divergences sont tellement importantes que la volonté commune d’installer un apaisement durable devrait reléguer cette question à plus tard. Seule leur détermination commune à apaiser le pays permet à ce dialogue entre les deux ennemis jurés d’exister. Une simple déclaration déplacée pourrait le faire capoter. C’est pour cela que les faucons du Courant du futur, autour de Fouad Siniora et d’Achraf Rifi, ont été écartés par Saad Hariri. Comme la question syrienne, celle des armes de la Résistance, sur laquelle les deux partis se battent sans discontinuer depuis une décennie, ne sera pas évoquée.
Alors quel agenda pour le deuxième round de dialogue prévu pour le 5 janvier, d’après Samir Jisr? Le communiqué de suivi qui met en avant «la volonté de poursuivre ce dialogue dans un esprit positif qui aidera à réduire les désaccords qui affectent les liens entre les Libanais» et la présence de Nabih Berry et de Ali Hassan Khalil apportent plusieurs réponses. Le dialogue doit avoir pour but premier d’apaiser les tensions entre les sunnites et les chiites, notamment autour de Ersal, de Tripoli et de Saïda. Deuxième point d’accord, la lutte contre le terrorisme islamiste, devenu l’ennemi en commun, et le soutien à l’Armée libanaise.
Reste la question présidentielle. Les deux partis ont chacun leur candidat, Michel Aoun et Samir Geagea, et l’ont encore déclaré à plusieurs reprises. S’accordant sur l’idée de ne pas se substituer à leurs alliés chrétiens, le Hezbollah et le Courant du futur vont attendre les résultats de la rencontre attendue dans les prochains jours entre les deux candidats à la présidence. Une façon aussi de couper court aux bruits sur la formation d’une nouvelle coalition politique qui verrouillerait le système.

Julien Abi Ramia
 

Abou Zeinab quitte ses fonctions
Le membre du bureau politique du Hezbollah, chargé du suivi du dossier chrétien, Ghaleb Abou Zeinab, a annoncé dimanche qu’il quittait ses fonctions pour des «raisons personnelles». Afin de mettre un terme aux rumeurs qui faisaient état d’une démission totale du parti, le Hezbollah a immédiatement précisé qu’Abou Zeinab restait un membre actif du Hezbollah, précisant que sa décision de se démettre de ses fonctions auprès des chrétiens avait été acceptée.

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