Magazine Le Mensuel

Nº 2990 du vendredi 27 février 2015

general

Césars 2015. Timbuktu triomphe

La 40e cérémonie des Césars, la nuit du 20 février, a marqué le sacre du film Timbuktu, de Abdelrahman Sissako. Un palmarès qu’il partage avec Les Combattants, au cours d’une soirée qui s’est étalée en émotion, en longueur et en moments de gêne.

Une véritable razzia; Timbuktu, de Abdelrahman Sissako, qui inaugurera la 8e édition d’Ayyam Beirut al-Cinema’iya (12-21 mars), a remporté sept récompenses parmi les plus importantes: meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario original, meilleure musique, meilleur son, meilleure photographie et meilleur montage. Sept victoires pour huit nominations, seul le trophée des Meilleurs décors lui ayant échappé en faveur de La Belle et la Bête, Timbuktu fait sonner le glas de l’actualité, relatant l’histoire de Kidane et de sa petite famille qui, dans leur ville non loin de Tombouctou tombée sous le joug des extrémistes religieux, doivent faire face aux nouvelles lois de ces jihadistes qui ont pris en otage leur foi. En recevant son prix, le réalisateur mauritanien a notamment affirmé «qu’il n’y a pas de choc de civilisations, mais bien une rencontre des civilisations».
«La 40e cérémonie des Césars a offert, comme chaque année, son lot d’émotions et de beaux moments mais, surtout, d’instants de malaise et de flops», écrit L’Express. Les médias et les réseaux sociaux ont, en effet, détaillé presque minute par minute les moments gênants de cette soirée, pointant du doigt entre autres le maître de cérémonie, l’acteur Edouard Baer qui, en voulant introduire l’entrée en scène de Julie Gayet et Denis Podalydès, lance: «Ils sont ensemble dans la vie, un couple, à la scène et à la ville». Visiblement mal à l’aise, la compagne de François Hollande ne répond pas. Si elle a su garder son sourire, la Toile, elle, s’est enflammée. Et non seulement en ce qui concerne les blagues usuelles, pas toujours réussies dans ce genre de cérémonies, mais aussi les discours interminables des lauréats. Et le journal Libération de noter: «A la suite d’un dérapage de plusieurs fuseaux horaires (trois heures cinquante-quatre!), on soupçonne l’Académie (ndlr, des arts et techniques du cinéma) de convoquer dès demain un conseil de surveillance extraordinaire, avec pour principal ordre du jour: Discours sans fin, plus jamais ça. Mais trêve de «people» et de salamalecs et retour au palmarès. Le triomphe écrasant de Timbuktu a toutefois été allégé par les trois trophées remportés par le film Les Combattants de Thomas Cailley: meilleur premier film, meilleur espoir masculin pour Kévin Azaïs et meilleure actrice pour Adèle Haenel qui a ainsi privé du titre Juliette Binoche (Sils Maria) et Marion Cotillard (Deux jours une nuit). Derrière ces deux vainqueurs, la plus grande partie des nommés dans la catégorie du Meilleur film ont reçu chacun un César, à l’exception d’Eastern boys de Robin Campillo qui est reparti bredouille. C’est ainsi qu’Hippocrate a permis à Reda Kateb de recevoir le trophée du meilleur acteur dans un second rôle, La Famille Bélier, celui du meilleur espoir féminin pour Louane Emera, et Sils Maria, celui de la meilleure actrice dans un second rôle à Kristen Stewart, qui devient ainsi la première actrice américaine à recevoir un César. Son discours a été d’ailleurs l’un des moments les plus émouvants de la cérémonie. Très impressionnée, l’héroïne de la saga Twilight tente un discours en français, avant de s’adresser à Juliette Binoche. Quant aux deux biopics sur la vie du célèbre couturier français, Yves Saint Laurent de Jalil Lespert a permis à Pierre Niney de remporter le César du meilleur acteur, et Saint Laurent de Bertrand Bonello s’est vu octroyé le prix des meilleurs costumes, quoique, anecdote ironique, contrairement à l’autre film, il ne disposait pas des vraies pièces du couturier. Notons finalement que Diplomatie de Volker Schlöndorf a reçu le César de la meilleure adaptation, Mommy de Xavier Dolan celui du meilleur film étranger, Le sel de la terre de Wim Wenders celui du meilleur documentaire et Minuscule, la Vallée des fourmis perdues, celui du meilleur film d’animation.

Nayla Rached

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