Magazine Le Mensuel

Nº 2994 du vendredi 27 mars 2015

POLITIQUE

Attentisme dans tous les dossiers. Le Parlement joue la montre

En préparation de la session ordinaire de la Chambre, ouverte depuis le 15 mars, le bureau du Parlement, réuni mardi, a examiné les projets de loi qui pourraient être mis à l’étude. Mais le gel des dialogues en cours renvoie l’ouverture d’une séance plénière aux calendes grecques.

En attente de l’évolution des discussions entre Washington et Téhéran sur le nucléaire iranien, qui se répercuteraient sur les dossiers régionaux, les partis politiques libanais assurent le minimum syndical. Le schéma est gravé dans le marbre, depuis plusieurs semaines. L’impératif sacralisé de la stabilité du pays se traduit sur le terrain politique par l’établissement de discussions directes entre les partis. Malgré les attaques parasites de l’ancien Premier ministre Fouad Siniora, qui a multiplié ces derniers jours les piques contre le Hezbollah jusqu’à la cour du Tribunal spécial pour le Liban (TSL), le dialogue entre le parti chiite et le Courant du futur se poursuit, au nom de la stabilité sécuritaire du pays. L’armée, la police et leurs services de renseignements travaillent désormais dans le bon sens et dans une relative sérénité que n’a pas entamée la question, soulevée par le CPL, de la prolongation des mandats de plusieurs responsables sécuritaires. Voilà pour le verre à moitié plein.
 

Le statu quo
Le verre à moitié vide a la couleur du statu quo qui interdit toute avancée. Le gouvernement de Tammam Salam en est la parfaite illustration. Après avoir passé l’obstacle du fonctionnement du gouvernement, le Conseil des ministres s’est encore une fois cassé les dents sur le dossier des mandats des responsables sécuritaires. En position de force, le CPL et le Hezbollah font face à la résistance des forces du 14 mars dans un bras de fer, sans vainqueur ni vaincu, qui préserve un semblant d’équilibre. Le député Ibrahim Kanaan, qui s’est exprimé à Rabié au sortir de la réunion hebdomadaire du bloc parlementaire, parle de «nécessité de la poursuite de l’action du gouvernement et du Parlement, dans les cadres des limites tracées par les parties politiques, et ce afin d’interdire la paralysie des institutions, en ce qui concerne notamment les questions vitales de tous les Libanais, quelles que soient leurs allégeances politiques».
En contrebas du Grand sérail, le même bras de fer se déroule place de l’Etoile où, mardi, le bureau du Parlement, présidé par son chef Nabih Berry et composé des députés Marwan Hamadé, Michel Moussa, Antoine Zahra, Ahmad Fatfat et Serge Toursarkissian, s’est réuni pour fixer l’ordre du jour de la séance parlementaire que le président du Parlement tient à convoquer. Alors que, depuis quelques jours, les commissions mixtes se sont remises au travail, les représentants des partis politiques divergent toujours sur la définition des «lois d’urgence». Rappelons que ceux qui refusent de légiférer en l’absence de président se sont déclarés prêts à revenir dans l’hémicycle pour étudier ce type de lois. Toujours par la voix d’Ibrahim Kanaan, le CPL a estimé que «les lois relatives à la récupération de la nationalité, au Budget, à la grille des salaires et aux prêts, faisaient partie des questions urgentes». Le Courant du futur et les partis chrétiens du 14 mars mettent en avant d’autres projets de loi: ceux du budget ou de la loi électorale, par exemple.
Pour préserver cette dynamique fragile, Berry a décidé de ne pas trancher. Une liste de 33 points a été distribuée aux participants en vue de les examiner au sein de leurs blocs respectifs et de décider des sujets sur lesquels ils souhaiteraient légiférer. En d’autres termes, Berry gagne du temps et renvoie la patate chaude aux blocs parlementaires.
Une façon de faire devenue monnaie courante depuis que les responsables libanais se sont réfugiés sous le parapluie régional.

Julien Abi Ramia

Priorité à la présidentielle
Le bloc parlementaire du Futur a appelé, ce mardi, les composantes politiques libanaises, à prendre «une décision et à se mettre d’accord sur l’élection d’un nouveau chef d’Etat. La vacance exacerbe les problèmes et les malheurs dont le Liban souffre actuellement».
Les députés du Bloc du Futur ont, à nouveau, mis en garde contre «le projet de l’empire perse» et  condamné «les ingérences de l’Iran dans les affaires internes des pays arabes, notamment celles du Yémen, de l’Irak et de la Syrie».

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