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Nº 2994 du vendredi 27 mars 2015

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L’USJ lance de nouvelles réformes. Des défis à relever

«Les défis de l’université sont grands, mais surmontables grâce à votre engagement». Ces propos sont prononcés par le recteur de l’Université Saint-Joseph, le père Salim Daccache s.j., à l’occasion de la fête patronale de l’USJ qui a eu lieu le 19 mars 2015, 140 ans après sa fondation. «Ces défis, dit-il, ne sont pas un fardeau, mais une noble cause qu’il nous faut gagner».   

Pré-1975: l’Université Saint-Joseph (USJ) allait à la dérive. Selon le père Salim Abou, «la restructuration de l’université s’imposait» à cette époque. Deux raisons principales avaient été à l’origine de ce risque qu’encourait alors l’USJ. C’était d’abord un «conflit latent entre deux courants au sein de la Compagnie de Jésus, le premier estimant que les Jésuites ne pouvaient continuer, faute de moyens humains et matériels, et en raison d’une guerre qui limiterait leur rôle et leur mission. Le second, à l’opposé, était en fait bien volontariste mais visionnaire. Il appelait à maintenir l’université, à la développer selon les règles modernes de la gouvernance et à braver les défis», explique le Pr Daccache. D’autre part, la guerre qui avait détruit nombre des bâtiments de l’université amena plusieurs institutions à migrer dans des «abris de fortune». C’est donc «dans [ce] contexte de désastre imminent et de défis de survie que la Charte de l’USJ et les nouveaux statuts de [l’université] de 1975 [ont été] conçus, réfléchis et rédigés». Pour le Pr Salim Abou, successeur du Pr Jean Ducruet qui avait insisté sur la volonté de la non-fermeture et pour la réouverture totale des institutions, deux défis «semblaient guider l’action de l’USJ: la déclaration d’autonomie de l’institution par rapport à l’Université française, en libanisant ses diplômes et son cadre enseignant vis-à-vis de la Compagnie de Jésus, ainsi que la transformation progressive de ce qui n’était qu’une simple fédération de facultés en une université centralisée. Un troisième défi assumé fut celui d’instaurer des structures de participation réelle où les professeurs libanais assumeraient davantage leurs responsabilités».
 

Autonome et pluraliste
«Etablissement privé à caractère scientifique et culturel sans but lucratif» (comme l’indique la charte de 1975), l’Université Saint-Joseph cherche à relever le défi de l’autonomie vis-à-vis de la Compagnie de Jésus et de la France «qui ne doit plus regarder l’USJ comme une annexe culturelle, mais comme un partenaire. Celui des partis chrétiens qui ne doivent pas voir l’USJ comme une propriété confessionnelle, mais comme un outil de promotion du sens de la présence chrétienne au Liban et dans le monde arabe. Enfin, vis-à-vis des autorités libanaises qui doivent tenir compte du caractère privé et libanais de l’institution».
Ouverte aux questions fondamentales qui se posent à la conscience de tout homme en matière de religion et de rapport à la vie, l’USJ s’inscrit dans une pluralité confessionnelle qui suppose connaissance et estime mutuelles, impliquant une liberté religieuse. Dans ce sens, «les textes de la charte apportent des réponses à nombre de questions qui se posaient autrefois, à commencer par la laïcité – ou non – de l’USJ, qui suscitaient à l’époque des discussions passionnées à l’interne, en continuité avec l’esprit parisien de 1968, dans la mesure où il fut même question de changer le nom de l’université», comme l’indique le Pr Daccache.

 

Suspension des élections
A la suite de la décision, prise en ce début d’année, de suspendre les élections estudiantines «pour des raisons sécuritaires», l’USJ a introduit pour tous les étudiants, durant son premier cycle, des matières optionnelles d’éducation et de réflexion sur la citoyenneté, l’éthique, le dialogue interreligieux et l’interdisciplinarité. «L’USJ devra se pencher plus en profondeur sur la gestion du pluralisme au sein de sa communauté étudiante, en invitant le plus grand nombre d’étudiants à réfléchir sur les conditions positives d’un exercice de la liberté, exercice qui (…) ne doit générer aucun conflit contraire à sa mission de former des démocrates non en paroles mais en acte réfléchi».

 

Natasha Metni

Francophone, arabophone ou anglophone?
La charte appelle l’université à maintenir «un équilibre entre la culture de langue française et la culture de langue arabe». Le Pr Salim Daccache souligne que cette instance est liée au contexte de 1975 où il y avait le risque d’une arabisation des programmes académiques et scolaires, projet qui avait été mis en branle, mais vite écarté, par ses plus farouches partisans eux-mêmes, en constatant les effets suicidaires d’une telle entreprise. Aujourd’hui, en revanche, c’est le «danger» que présente l’anglais face au français, que l’USJ cherche à surmonter. Le recteur René Chamussy, en référence à la charte qui parle de trilinguisme, a évoqué le 18 mars 2015 «la décision de notre université de mettre en place un système qui fasse en sorte que le trilinguisme des étudiants soit certifié, (…) d’où le feu vert donné à certains cursus qui pourraient être trilingues».

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