Magazine Le Mensuel

Nº 3004 du vendredi 5 juin 2015

Semaine politique

A Bkerké. Zéro résultat pour le 14 mars

La réunion des chrétiens du 14 mars à Bkerké a fait l’objet de divers décryptages et analyses. Mais quelles que soient les interprétations, il semble que ces assises n’ont débouché sur rien.
 

Certains ont perçu la réunion des chrétiens du 14 mars à Bkerké comme un cri dans le désert de la présidentielle, comme pour réitérer une position de principe à l’occasion du premier anniversaire du vide présidentiel à Baabda. D’autres y ont lu une réponse directe à l’initiative du général Michel Aoun, qui avait lancé une pierre dans le marécage présidentiel et politique stagnant, mais qui s’est retrouvé face au mur. D’autres milieux l’ont interprétée comme une tentative visant à détourner l’attention des dossiers brûlants, à savoir Ersal et les désignations sécuritaires.
Ce qui reste le plus important, ce sont les résultats quelles que soient les interprétations. Or, il semble que ces assises n’ont débouché sur rien et n’ont pas pu provoquer une percée capable de faire avancer ce dossier. Les remarques enregistrées par les observateurs sont les suivantes:
Du point de vue de la forme, ce sont les mêmes chrétiens du 14 mars qui viennent régulièrement aux séances consacrées à la présidentielle, qui ont fait acte de présence. Parmi eux principalement, le député Michel Murr qui confirme son appartenance à cette coalition à cette étape.
Parmi les absences remarquées, celles des députés Sethrida Geagea et Sami Gemayel… Au chapitre des chiffres, les orthodoxes étaient plus nombreux que les maronites et les députés du Moustaqbal composaient la majorité des participants.
Parmi les failles remarquées, le manque de coordination à l’interne et avec Bkerké:
Le communiqué final, lu par Boutros Harb, signalait avoir obtenu la bénédiction du siège patriarcal pour élire un président à la moitié des voix du Parlement plus une. Or, un contre-communiqué, publié par le bureau médiatique du siège patriarcal, a précisé plus tard, que «le patriarche n’a pas donné son avis sur la question du quorum, mais a approuvé la soumission de la proposition au président Nabih Berry, toute formule bénéficiant de l’accord des députés avec ce dernier sera approuvée par le patriarche».
L’annonce de la formation d’une commission composée des députés Farid Makari, Boutros Harb, Georges Adwan, Nadim Gemayel et Atef Majdalani… a foiré, puisque Makari s’est excusé de ne pouvoir y participer.
Aucune idée nouvelle n’a été avancée pour une sortie de crise, mais d’anciennes propositions irréalistes: comme la convocation des députés chrétiens à Bkerké pour un huis clos dont ils ne pourront sortir qu’avec une solution (Samer Saadé), ou la grève totale en accord avec les instances économiques jusqu’à l’élection d’un chef d’Etat (Robert Fadel), ou encore l’organisation d’un sit-in permanent au Parlement (Antoine Zahra)… Mais aucune de ces propositions n’a été adoptée. Quant à l’idée de réunir à Bkerké députés chrétiens et musulmans qui se présentent régulièrement aux séances électorales, elle n’a pas obtenu le feu vert du patriarche, qui préfère d’abord rassembler les chrétiens du 8 et du 14 mars.
Les députés chrétiens du 14 mars n’étaient pas satisfaits du déroulement et des résultats de cette réunion, notamment de l’attitude du patriarche maronite par rapport non seulement au quorum, mais aussi à cause du fait qu’il fait assumer la responsabilité du vide à toutes les parties à égalité. «Vous êtes là pour exprimer votre écœurement face au vide présidentiel qui se prolonge depuis 14 mois, parce que 42 de vos collègues ont boycotté les 23 séances, considérant qu’ils veulent un président fort ‘‘made in Lebanon’’. Vous êtes là pour proposer une solution. Nous sommes avec vous pour exprimer le mécontentement et pour trouver une sortie de crise, mais nous appuyons aussi leurs exigences sans appuyer les moyens qu’ils utilisent…», a dit le patriarche Raï.

Chaouki Achkouti

Récupération de la nationalité
Le Courant patriotique libre (CPL) est le chantre de l’adoption du projet de loi pour la récupération de la nationalité libanaise, en accord avec les Forces libanaises (FL), qui insistent pour inscrire ce projet à l’ordre du jour de la séance législative. Des sources du 8 mars rapportent que le Moustaqbal n’est pas très à l’aise avec la façon dont les FL se distinguent, ni avec leur flirt avec le CPL. Mais les sources de Maarab nient l’existence d’une divergence quelconque avec le Moustaqbal à ce sujet, signalant que le parti sunnite n’a jamais annoncé officiellement son refus du projet en question. Selon des parlementaires, le Dr Samir Geagea aurait obtenu une promesse de soutien à ce projet de Saad Hariri, mais en y incluant les amendements proposés.

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