Magazine Le Mensuel

Nº 3005 du vendredi 12 juin 2015

general

Frida Anbar. Une écrivaine intense et libre

Lancement dans les locaux de l’Université de Montréal de L’Orée, troisième bouquin de ce qu’on peut appeler la série des aventures enflammées que signe Frida Anbar d’une plume audacieuse.
 

Un livre coup de poing qui ne se masque pas derrière des entourloupettes pour exprimer les sensations et émotions d’un homme et d’une femme qui se cherchent, se trouvent, se lapident, s’ignorent, recommencent… Une histoire d’amour qui n’a rien de banal, puisqu’elle invite à un triple voyage: fantastique, érotique et sentimental. Ses héros se déplacent en jet privé, fréquentent les plus hautes instances, n’ont pas peur de leurs sentiments et les expriment violemment, passionnément. L’écriture de Frida Anbar ne s’encombre d’aucune censure. La cousine du dramaturge Wajdi Mouawad ne craint ni les mots ni les images qui tapissent son roman-fleuve, sa narration sensuelle, libre et libertine. Sa fiction vive et enlevée, préfacée par Gilbert Sinoué, dépeint la fureur d’aimer, de haïr, mais aussi de désirer.

Un grand cœur
La jeune auteure n’en est pas à sa première lame de fond littéraire. On lui connaît Aléas puis Le cordon invisible, sortis respectivement en 2013 et 2014, suivis aussitôt de L’Orée, en mai 2015. Prolifique, la jeune femme énergique a pourtant un emploi, à temps plein, à l’Université de Montréal (UdeM) où elle est conseillère aux relations internationales pour la région de l’Europe et du Moyen-Orient. Son poste consistant à représenter l’université à l’étranger, développer des collaborations académiques et de recherche, recevoir les délégations… Beaucoup de voyages qui, très probablement, nourrissent son imaginaire débridé.
Mais ce n’est pas tout. Car la Libano-Canadienne installée au Québec depuis 1979, mère d’un garçon, John, 20 ans, et d’une fille, Léa, 15 ans, entretient et assume pleinement ses deux identités. Très impliquée dans la communauté libanaise (elle est membre fondateur de la nouvelle association du Cercle des écrivains libanais au Québec qui sera bientôt lancée à Montréal sur l’initiative du consul libanais, Fadi Ziadeh), elle porte son pays natal dans son cœur. Elle récolte par exemple des fonds pour le LCF (Liban-Canada Fonds qui soutient l’Afel, l’Irap, SeSobel, etc.). S’étant donné pour devise «Parce que donner c’est recevoir et écrire c’est partager», elle a offert, le soir du lancement de L’Orée, 2 dollars au LCF pour chaque livre vendu. Elle s’est même engagée à remettre la même somme dans le cadre de la campagne de financement de l’UdeM (dont elle a un diplôme de master en communications).
A l’occasion du 71e anniversaire de l’indépendance du Liban, en coopération avec l’artiste-peintre Georges Takla, elle a publié un livre électronique interactif «destiné aux jeunes Libanais dans le monde et à toute personne qui vibre pour le Liban». Un été au Liban avec téta, suivi de Raconte-moi ton Liban Jeddo, tous les deux disponibles sur iTunes. Elle cède également tous ses droits sur deux récits Poutine et Manouché au-delà des Océans, qu’elle va offrir à deux associations caritatives cet été, aussi sur iTunes. Un geste que l’intense Frida qualifie d’«un don de mots»…
Une générosité à toute épreuve qu’elle prodigue dans ses livres haletants, dans son quotidien palpitant et dans son réseau social exponentiel. Très présente, Frida Anbar appuie les uns et les autres, refile des adresses, met en contact, publicise une information. Si cette brunette aux yeux pétillants n’a pas tout à fait le don de l’ubiquité, elle a certainement la joie de vivre et le bonheur de l’irradier, notamment par sa plume.

Montréal, Gisèle Kayata Eid

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