Magazine Le Mensuel

Nº 3006 du vendredi 19 juin 2015

Expositions

Beirut Art Fair 2015. L’art numérique au cœur de la 6e édition

Du 17 au 20 septembre se tiendra la 6e édition du Beirut Art Fair au Biel. Une cinquantaine de galeries seront au rendez-vous au cœur d’un programme culturel qui prend en compte les dernières tendances artistiques.
 

«Nous grandissons et nous véhiculons, nous tous les Libanais, cette image de création, de savoir-faire, de paix autour de l’art», affirme Laure d’Hauteville, fondatrice et directrice de Beirut Art Fair, qui se considère comme une vraie Libanaise de cœur. «Nous favorisons les dialogues entre les cultures, et le Pays du cèdre est un pays qui a toujours véhiculé une image de création, de culture et c’est ce que nous continuons encore à faire… Le Liban devient de plus en plus le lieu où il faut être, le lieu pour l’art, le lieu où nous pouvons présenter toutes formes d’art sans qu’il y ait vraiment de censure. Dans d’autres pays voisins où il y a aussi de très belles formes d’art contemporain, on ne peut pas exposer ce qu’on veut. Le Liban est un pays de dialogue, on peut discuter avec son voisin, on peut être d’accord ou pas d’accord, mais au moins on s’exprime».
L’annonce de la prochaine tenue du Beirut Art Fair a eu lieu le 11 juin, à l’hôtel Le Gray, en présence de tous les organisateurs, les partenaires, les sponsors, les représentants de certains des participants à la foire, ainsi que du ministre du Tourisme, Michel Pharaon, et la représentante du ministre de la Culture, Rony Araiji, en déplacement à l’étranger. Une nouvelle fois, le ministre Pharaon rappelle le dynamisme exceptionnel qui sévit au Liban, au niveau culturel, artistique, civilisationnel… «surtout quand on voit ce qui se passe dans la région», assurant encore que «la politique se doit de protéger la société civile qui réunit les Libanais». Au moment où le ministre de la Culture, par la voix de sa représentante, déclare que le Liban, «face à la barbarie des pays alentour est le lieu qui héberge la résistance culturelle».
Du 17 au 20 septembre, au Biel, l’art estampillé ME.NA.SA. – Moyen-Orient, Afrique du Nord et Asie du Sud-Est – se déploiera dans toute sa diversité pour donner à voir la vision la plus large possible de la création artistique contemporaine s’étendant du Maroc jusqu’à l’Indonésie. Plus d’une cinquantaine de galeries prendront part à cette 6e édition, dont certaines qui ont participé à l’évolution de la foire, ainsi qu’une vingtaine de nouvelles galeries qui se joignent pour la première fois au programme du Beirut Art Fair, aux côtés de certaines galeries de design.

 

Au cœur de l’actualité artistique
Le programme culturel, coordonné par le directeur artistique de la foire, Pascal Odille, en étroite collaboration avec Laure d’Hauteville, propose, comme chaque année, avec le renouveau de chaque nouvelle édition, de faire participer le public à travers des performances interactives, des installations multimédias et des plateformes mettant en valeur les tendances actuelles de la création artistique, ainsi des tables rondes, sur la diversité des identités culturelles des pays de la région ME.NA.SA., qui favorisent le dialogue et les rencontres avec des personnalités intervenant sur la scène artistique internationale.
Cette année, pour la première fois, Pascal Odille est également le commissionnaire du pavillon central qui opère un focus sur l’art numérique, sous l’intitulé Virtual/Reality.
«C’est un grand honneur de prendre en charge cet espace, explique-t-il. Il fallait trouver une nouvelle thématique, quelque chose qui n’avait pas été traité dans la région. Il était important de parler, pour la première fois, du numérique sans aller dans le côté gadget, simpliste de la chose. Virtual/Reality car, après tout, c’est là que réside la naissance même de l’art depuis la nuit des temps; l’interprétation nous emmène automatiquement vers le virtuel, le réel. C’est ce que nous vivons. Maintenant, les nouvelles technologies permettent de rentrer dans un monde virtuel encore plus profond, encore plus troublant». C’est ainsi que le pavillon central s’attachera à questionner les arts numériques à travers la présentation d’un ensemble d’œuvres venant d’horizons divers, de huit artistes internationaux, dont la Serbe Marina Abramovic, «une grande personnalité de la création contemporaine qui a accepté de présenter trois œuvres de sa création, telle l’œuvre maîtresse, Hommage à sainte Thérèse.
Le programme se poursuit avec la photographie, à travers notamment le Prix de la banque Byblos, une initiative lancée en 2012 et qui se poursuit, et avec le design à travers la plateforme soutenue par la banque BLC, invitant 10 jeunes designers à exposer leurs prototypes, aux côtés de galeries reconnues dans ce secteur. Sans oublier le soutien qu’apporte chaque année Beirut Art Fair à une association caritative. Pour cette édition, place à Brave Heart Fund qui présente, en partenariat avec Dar Onboz, l’ensemble des gravures exécutées par Hassan Zahreddine illustrant Sama, l’ouvrage écrit par Nadine Touma.
Lancé en 2010 avec 30 galeries, le Beirut Art Fair a rassemblé 3 700 visiteurs, rappelle Laure d’Hauteville. Un nombre qui s’est accru au fil des ans, jusqu’à atteindre 20 000 visiteurs l’année dernière, en espérant et en attendant 22 000 cette année.

Nayla Rached


Beirut Art Week
Pour la troisième année consécutive, la foire lance son programme parallèle, la Beirut Art Week, qui aura lieu du 15 au 22 septembre, un parcours «hors les murs» avec des œuvres et installations monumentales exposées dans les rues et les boutiques du centre-ville de Beyrouth. Mis en œuvre par Marine Bougaran, assistée de Rania Halawi, il rassemblera une vingtaine de projets conjuguant installations, sculptures, performances qui, en interaction avec le public, prennent corps à travers les lieux symboliques de Beyrouth…

 

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