Magazine Le Mensuel

Nº 3012 du vendredi 31 juillet 2015

Confidences Liban

Confidences Liban

Tapis rouge pour Machnouk à Paris
Clôture de la visite officielle du ministre de l’Intérieur libanais à Paris sur une promesse française d’augmenter l’assistance technique accordée à la Sûreté générale et aux Forces de sécurité intérieure (FSI).
Le ministre Nouhad Machnouk a exposé à ses interlocuteurs français la stratégie de lutte antiterroriste mise au point par le Liban et basée sur trois priorités:
– Assurer la stabilité politique par le biais du maintien du gouvernement en place et de l’encouragement au dialogue entre les diverses composantes du paysage politique.
– Renforcer les aptitudes et les moyens techniques des organes sécuritaires relevant du ministère de l’Intérieur.
– Mettre en avant le discours religieux modéré pour faire face à l’idéologie takfiriste.
Les deux parties ont souligné, par ailleurs, l’importance de la collaboration internationale en matière de lutte antiterroriste.
Sur un autre plan, le ministre Laurent Fabius a promis au ministre Machnouk d’évoquer le dossier de la présidentielle à Téhéran dans le cadre d’une visite programmée pour le mois prochain.

Comment gérer le général?
Comment traiter avec le général Michel Aoun? Les avis sont partagés au sein de la coalition du 14 mars. Certains estiment que l’heure est propice à l’affaiblissement du Courant patriotique libre (CPL) vu les profondes divergences qui l’opposent à ses alliés, à commencer par le président Nabih Berry, en passant par sayyed Hassan Nasrallah pour aboutir au député Sleiman Frangié. En raison aussi de l’incapacité de Aoun à mobiliser la rue, ce qui prouve le fossé qui le sépare de son public. Ceux-là pensent qu’il faut profiter de l’isolement du général pour le sacquer. L’autre point de vue considère qu’en discréditant le général Aoun, on ne fera que le renforcer. Il se posera en victime de ceux qui veulent éliminer les chrétiens et sa base se réfugiera dans les bras du Hezbollah.

Le centre définit ses positions

La Rencontre consultative incluant les ministres Kataëb, ceux du président Michel Sleiman, en plus de Boutros Harb et Michel Pharaon, a défini sa position à l’égard des derniers développements comme suit:
– L’attachement au mécanisme de fonctionnement du gouvernement basé sur le consensus, loin de tout blocage ou sabotage de l’action de l’Exécutif.
– La signature de tous les décrets émis par le Conseil des ministres.
– La non-signature du décret d’ouverture d’une session extraordinaire du Parlement jusqu’à l’obtention de garanties concernant les prérogatives du président de la République et son droit à renvoyer toute loi adoptée devant l’Assemblée.

La présidentielle entre Français et Iraniens
Interrogé sur la visite prévue du ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, à Téhéran et s’il compte aborder la question de la présidentielle au Liban, le député Walid Joumblatt, de retour de Paris, a répondu: «Il faut attendre pour voir ce que la partie iranienne va demander en contrepartie. Si les intentions iraniennes sont bonnes, le dossier de l’élection d’un chef d’Etat consensuel au Liban sera facilité, mais si les Iraniens veulent rendre la pareille aux Français dont la position était plus raide lors des négociations sur le nucléaire, je ne crois pas qu’ils voudront jouer la carte de la flexibilité».
Il a ajouté: «Si on sent un durcissement dans la définition de l’ordre du jour du prochain Conseil des ministres, cela signifiera que l’acteur iranien considère avoir enregistré une grande victoire et espère se lancer dans une tentative d’amendement de l’équation de Taëf».



Hariri bénit le dialogue
A propos du dialogue Moustaqbal/Hezbollah, il existe deux points de vue au sein du bloc Hariri, comme le rapportent les sources du 8 mars. La première tendance pense que ce dialogue est stérile n’ayant pas réussi à éliminer les obstacles qui bloquent l’élection d’un président, ni à régler la crise gouvernementale qui s’est transportée dans la rue. Il serait, à son avis, inutile de poursuivre ces réunions qui n’ont enregistré aucun résultat. La deuxième tendance estime que le dialogue est une nécessité nationale. Il a franchi des étapes comme l’élimination des slogans politiques dans les rues, la réduction des tensions et l’instauration d’un climat plus décontracté parmi le public des deux interlocuteurs.
Les données disponibles penchent toujours en faveur de la poursuite du dialogue selon les souhaits du président Saad Hariri.

Tout va bien entre Rabié et Maarab
Envoyé par le Dr Samir Geagea, Melhem Riachi s’est rendu à Rabié pour communiquer au général Michel Aoun les résultats de la visite du chef des Forces libanaises en Arabie saoudite, et ainsi tirer au clair la position de Riyad à l’égard du dialogue entre les deux formations. Des sources informées rapportent que pour le Dr Geagea, il n’est pas question de renoncer à la déclaration d’intentions, même si dans certains milieux politiques on croit que la visite à Riyad peut ébranler le dialogue établi.
Les Saoudiens, rappellent les proches de Maarab, sont parmi les premiers à avoir salué l’entente avec Rabié lorsque, après la publication du document, l’ambassadeur à Beyrouth, Ali Awad Assiri, a appelé le Dr Geagea pour le féliciter. De plus, les responsables du royaume ont déclaré au Dr Geagea qu’ils étaient satisfaits de la signature de la déclaration d’intentions, estimant qu’elle contribue à la relance du rôle des chrétiens dans le monde arabe. Riachi a donc transmis au général Aoun les résultats positifs de la visite du Dr Geagea en Arabie. Le roi Salmane ayant formulé son attachement à la présence des chrétiens au Liban et en Orient et souligné que le royaume continue à brandir le flambeau de l’islam modéré.

La loi électorale au menu
Le président Nabih Berry pourrait prendre l’initiative d’inscrire la loi électorale à l’ordre du jour d’une séance législative qui se tiendrait ultérieurement, à l’issue de l’adoption de l’ordre du jour de la première séance.
Des sources révèlent que la rencontre, qui a récemment eu lieu entre les députés Walid Joumblatt et Georges Adwan, a été suivie d’une réunion à Jeddah entre Joumblatt et Saad Hariri qui sont totalement d’accord sur les grandes lignes de la future loi électorale. Joumblatt est favorable à l’adoption d’une loi mixte basée sur le scrutin majoritaire (68 députés) et la proportionnelle (60 députés) à condition de combiner les circonscriptions du Chouf et de Aley et celles de Rachaya et de la Békaa-Ouest. La possibilité d’inscrire la loi électorale au menu des débats après la tenue de la première séance législative est réelle, mais parvenir à une entente minima sur les grands titres de cette problématique reste chose irréalisable.

 

Rifi place ses poulains
Beaucoup de bruit dans les couloirs du Palais de la justice, ces derniers temps. Le quotidien al-Akhbar rapporte que le ministre de la Justice, Achraf Rifi, a signé une décision pour le transfert à l’Institut des études juridiques, en tant qu’étudiants libres, de cinq candidats ayant échoué au concours, et cela pour les nommer au poste de magistrats à l’avenir. «La décision est évidemment illégale. C’est une manœuvre inacceptable», de l’avis des milieux juridiques qui dévoilent que le ministre Rifi œuvre depuis quelque temps à trouver une formule pour hisser ces cinq étudiants, qui ont raté le concours, au rang de magistrats. En vain.


L’aide humanitaire se relâche
La crise financière que traversent les organisations des Nations unies œuvrant au Liban dans le domaine humanitaire commence à influer sur leurs dépenses administratives qu’elles sont contraintes de réduire. Le Haut-Comité de secours aux réfugiés qui a profité du financement des donateurs pendant quatre ans a été obligé de fermer l’un de ses bureaux cossus pour revenir à son ancien siège principal près de Spinneys à Jnah. Le fonctionnaire international qui rapporte ces faits révèle, par ailleurs, que cette crise a porté ces organisations et associations à réviser à la baisse les chiffres du projet présenté aux donateurs qui réclamait une aide d’urgence de 3,2 milliards de dollars. D’après ce fonctionnaire, l’action humanitaire risque de devenir encore plus difficile dans les trois mois à venir, parce que pour la communauté internationale, les catastrophes humanitaires en Syrie, au Yémen et ailleurs sont aujourd’hui prioritaires. Le ministre de l’Industrie, Hussein Hajj Hassan, avait tourné en dérision les promesses que les pays donateurs n’ont pas concrétisées. «Les multiples congrès organisés au Koweït, à Rome, à Paris et à New York avaient décidé l’octroi de 7 milliards de dollars au Liban pour l’aider à sortir des pressions socioéconomiques qu’il subit. Nous n’avons reçu jusqu’à présent que quelque 700 millions!».

Parti communiste: un discours à réviser
Avec le début des préparatifs en vue de la tenue, en octobre, du congrès général du Parti communiste, des communistes non affiliés au parti réfutent toutes les prévisions sur des réformes politiques et structurelles qu’introduirait l’actuel commandement. Réformes qui rendraient le parti plus efficace à l’instar du Syriza en Grèce ou du Podemos en Espagne, ou d’autres nouveaux partis de gauche. En plus du problème que représente le commandement, disent-ils, il existe un autre au niveau de la base. Les changements du paysage sociopolitique auraient dû entraîner une redéfinition du programme du parti loin du dogmatisme et du discours sur les classes sociales et le prolétariat. Au cours des quatre dernières années, l’exode des travailleurs vers les marchés extérieurs a énormément augmenté et ce sont les secteurs du commerce et des services qui emploient la majorité des salariés bien plus que les secteurs industriel et agricole. Sans oublier que la majorité des salariés travaillent dans des petites entreprises (moins de 5 employés) qui représentent désormais 90% du total des institutions présentes sur le marché libanais.

Joumblatt sur le déclin?
Plusieurs raisons d’ordre politique bloquent les tentatives d’ouverture de Walid Joumblatt sur l’Arabie saoudite, avance une source proche de Damas et Téhéran qui affirme, par ailleurs, que les relations inconfortables entre le leader druze et le président Saad Hariri ne sont pas le motif essentiel de cette rupture. Lors de sa récente visite en France, Walid bey a sollicité l’intervention de Paris auprès de Riyad en faveur de Taymour pour que le fils n’ait pas à assumer le poids des erreurs du père. Les Saoudiens, ainsi que d’autres forces régionales, observent avec beaucoup de pragmatisme le déclin de la puissance du député du Chouf et son incapacité à proposer une vision politique réaliste ou à tenir les promesses qu’il avait faites concernant l’évolution de la crise en Syrie.
Cette source ajoute que, même dans les milieux des Affaires étrangères en France, il y en a qui reconnaissent le recul de l’influence joumblattiste au plan politique interne et externe. La relation de Paris avec Mokhtara s’inscrit plus dans le cadre de ce que l’on appelle dans ces milieux, «les relations culturelles».

Brouille entre sitt Bahia et Fouad Siniora
Entre sitt Bahia et l’ex-président Fouad Siniora, la tension continue à régner bien que ce dernier se soit dit disposé à se rétracter devant Saad Hariri dans le cadre de la réconciliation scellée entre les deux leaders de Saïda, il y a quelques semaines, à Jeddah en Arabie saoudite. Les milieux qui suivent de près ce dossier rapportent que la députée Hariri est offusquée par le comportement de Siniora qui cherche à acquérir l’héritage familial matériel et symbolique des Hariri, allant jusqu’à acheter des terrains appartenant aux fils Hariri à Saïda et dans d’autres villages du Sud. Dernières acquisitions en date: l’achat de deux terrains, l’un à Haret Sitt Nafissa et le deuxième nommé Boustan el-Kinayate sur le fleuve el-Awalli, en collaboration avec l’homme d’affaires Mohammad Zeidan que les milieux accusent de servir de prête-nom à Siniora. La réconciliation de Jeddah n’a pas dissipé la colère de la sœur du président Rafic Hariri qui en veut toujours à l’ancien conseiller de son frère. Cette brouille entre les deux pôles de Saïda n’a rien à voir avec la lutte interne au sein du Courant du futur, ajoutent les milieux, c’est sitt Bahia qui détient le pouvoir de décision politique dans la ville et Siniora doit s’y conformer.

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