Magazine Le Mensuel

Nº 3013 du vendredi 7 août 2015

Semaine politique

Conseil des ministres. Vive altercation entre Achraf Rifi et Hussein Hajj Hassan

La semaine dernière, le Conseil des ministres se serait passé dans le calme si une vive altercation n’avait opposé le ministre Achraf  Rifi à ses deux collègues du Hezbollah, Hussein Hajj Hassan et Mohammad Fneich.
Le ministre Rifi est revenu sur l’incident qui avait eu lieu devant les domiciles des deux présidents Tammam Salam et Fouad Siniora et sur l’agression contre le ministre Rachid Derbas: «Si certains pensent, dit-il, pouvoir profiter au Liban de l’accord nucléaire entre l’Iran et l’Occident, ils réaliseront très vite que leur pari est perdant. Ce qui s’est passé, devant ces domiciles, nous ramène au 7 mai 2008. Chacun se souvient de ce que cette date a apporté de malheurs au Liban et à l’entente nationale. L’époque où on pouvait nous imposer un avis contraire à nos convictions nationales est révolue. Si vous pensez, ajoute Rifi, porter à la présidence de la République le candidat du 8 mars, vous vous faites des illusions. Nous ne l’accepterons à aucun prix. Nous nous attacherons à notre candidat. Le pays est gouverné par l’entente. Nous devons nous mettre d’accord sur un élu consensuel. Un 7 mai ne vous apportera que des problèmes et des préjudices».
Hajj Hassan répond que le Hezbollah n’était concerné par aucune des actions dénoncées, ajoutant: «Nous nous sommes empressés de prendre contact avec le président Salam. Nous ne couvrons personne. Si les jeunes gens qui ont jeté les déchets sont chiites, cela ne signifie pas qu’ils soient membres d’Amal ou du Hezbollah. Lorsque les routes du Sud ont été coupées, nous n’en avons accusé aucune partie. Il est vrai que des différends existent au sein du gouvernement, mais nous veillons à son action plus que vous ne le pensez».
Pour le ministre Fneich, les propos de son collègue Rifi «n’étaient pas objectifs et étaient contraires à la réalité». La réponse de ce dernier fut cinglante: «En définitive, tel est notre avis et l’époque des leçons que vous nous donniez est révolue». Pour conclure, Fneich affirme que le Hezbollah a un partenaire dans la nation qui a un poids indéniable tant au gouvernement qu’au Parlement et il bénéficie de son soutien total.

 

Tammam Salam
Messages de soutien saoudiens

Le Premier ministre, Tammam Salam, a reçu un message d’appui saoudien transmis par l’ambassadeur du royaume à Beyrouth, Ali Awad Assiri, qui a, par ailleurs, diffusé un communiqué affirmant l’intérêt saoudien à la sécurité du Liban, à sa stabilité et à ses institutions constitutionnelles, à commencer par son gouvernement, soupape de sûreté en ce moment délicat. Il l’a appelé à dynamiser son action jusqu’à l’élection d’un chef d’Etat. L’ambassadeur d’Arabie saoudite a quitté Beyrouth pour Riyad afin d’informer les responsables de la nouvelle situation libanaise. Avant son départ, il a affirmé à tous ceux qui ont pris contact avec lui la décision de Salam d’assumer ses responsabilités.
L’Arabie saoudite, selon une source avertie, préfère le maintien de Tammam Salam au Sérail pour de multiples raisons, la principale étant que l’heure n’est pas propice au retour de Saad Hariri pour occuper la présidence du Conseil. Ce retour ne paraît ni possible ni efficace avant l’élection d’un président de la République… ajoutant que travailler avec Tammam Salam est facile et pas coûteux politiquement ou financièrement.

Le Vatican ne se mêle pas
Un responsable libanais a rencontré un cardinal à Rome qui lui a expliqué les raisons de l’abstention du Vatican à intervenir dans le dossier de l’élection présidentielle. «Nous avons un principe, dit le cardinal, de ne nous mêler qu’à deux conditions: que cela nous soit demandé par les différentes parties en présence, qui s’engageraient au préalable à accepter notre arbitrage sans s’y opposer. Or, aucun leader chrétien ou non chrétien ne nous a demandé d’intervenir et aucun n’a voulu s’engager à accepter la décision possible proposée pour une solution de la crise présidentielle. Ce que nous avons compris c’est que quelle que soit l’action que nous pourrions entreprendre, nous devenons la cible des politiciens, chacun tentant de nous convaincre de son idée. Nul d’ailleurs ne nous a demandé notre vision de la solution».

Chaouki Achkouti

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