Magazine Le Mensuel

Nº 3015 du vendredi 21 août 2015

Festival

Rebecca Ferguson. Lady sings the blues

Le mercredi 12 août, Beiteddine Art Festival a accueilli, dans la cour intérieure du palais, la chanteuse britannique Rebecca Ferguson, dans le cadre d’une soirée hommage à Billie Holiday.
 

Les musiciens s’installent sur la scène de la cour intérieure du palais de Beiteddine. Ambiance feutrée et intime pour un concert de jazz, de blues, un hommage à Billie Holiday. Lady sings the blues. Piano et synthé, batterie, contrebasse, saxophone et trompette. Quelques premières notes qui apportent immédiatement une sensation de bien-être, empreintes de swing, de promesses de vibrations… Rebecca Ferguson fait aussitôt son apparition sur scène, égrène la puissance de sa voix, une seule note suffit. Nous sommes en attente, le concert semble bien lancé, la promesse d’une belle soirée…
Mais cette promesse tarde tellement à être concrétisée. Certes, la voix ne manque pas, puissante, vibrante, forte, insérée dans un écrin technique irréprochable, renforcée par de bons musiciens. Mais on sent comme un malaise, comme un habit trop grand pour les épaules de Rebecca Ferguson, dont la carrière ne s’étale que sur cinq ans seulement, après avoir terminé deuxième de l’édition 2010-2011 de l’émission télévisée The X Factor en Angleterre. Elle a pu, par la suite, s’assurer un succès et un public à travers son premier single Nothing’s real but love. Mais de là à se produire en tournée internationale la menant jusqu’à Beiteddine, dans le cadre d’un hommage à Billie Holiday, on semble avoir raté le coche. Summertime, Embraceable you, Get happy… Rebecca Ferguson nous ménage quelques envolées vocales puissantes, mais qui versent souvent dans un lyrisme mélodramatique. Il n’est pas question d’un concert de jazz ou de blues, plutôt de pop ou même de variétés radiophoniques qui peinent à retenir l’attention et l’émotion des spectateurs. Ce n’est que passée plus que la moitié de la soirée, qu’elle a pu retenir ceux qui étaient encore restés. Au-delà du concert d’un soir, la question principale qui se pose renvoie à la crédibilité des programmes de téléréalité du genre de The X Factor: combien de ces talents découverts cachent ou révèlent-ils réellement de vrais artistes capables d’habiter une chanson, une musique? La faire vibrer et nous faire vibrer?

Nayla Rached

Related

Common Fest, pont entre Beyrouth et Berlin. Une dynamique d’échanges inégalée

admin@mews

Bipod 2018. Une ode à la femme

admin@mews

[Copy of] The Voice emballe la nouvelle génération

admin@mews

Laisser un commentaire