Magazine Le Mensuel

Nº 3025 du vendredi 30 octobre 2015

Economie & Finances

Economie et finance

Foires et expositions
L’avenir du secteur incertain

A l’image du pays, la dépression se fait ressentir au niveau du secteur de l’organisation des salons thématiques. N’ayant pas atteint des dimensions régionale et internationale, les salons qui se tiennent au Liban dépendent essentiellement du pouls du marché local. Un essoufflement est prévu cette année. Les dates de la tenue de certains événements ont été repoussées à plusieurs reprises, mais ils ont eu lieu au bout du compte, comme par exemple celui de l’immobilier. Mais dans la conjoncture actuelle, un grand acteur du domaine de la place de Beyrouth a transporté son activité vers Dubaï, alors qu’un autre du même calibre fait de la résistance et a maintenu ses projets inchangés au Liban.
Ceci dit, un problème logistique se pose au Biel, où ont lieu les grands salons, révèle à Magazine une source proche du secteur. Cette source souligne que les agents hésitent à faire des projections dans l’avenir dans cet espace de grand standing vu que le bail de
25 ans accordé par l’Etat à la société Solidere vient prochainement à expiration, alors qu’aucune décision officielle n’a été prise concernant une éventuelle prorogation de ce bail. «L’organisation de foires et de salons n’est pas une affaire simple. D’une année à l’autre, les organisateurs doivent faire montre d’innovation et apporter une valeur ajoutée à leurs expos. Les consommateurs de tous bords sont exigeants et friands de nouveautés», dit encore la même source. Parallèlement, un nouveau phénomène s’est profilé à l’horizon au cours de 2015. Les divisions politiques ont jeté leur ombrage sur les salons, qui sont boycottés par une partie du public en raison de l’affiliation politique du ministre patronnant l’événement. «Ce comportement de la foule est une pure ineptie», s’indigne notre interlocuteur. Devant les aléas du moment, organisateurs, participants et visiteurs étrangers ou locaux sont logés à la même enseigne. Ils perdent patience et s’essoufflent…

Petites et moyennes banques
La BDL encourage les fusions-acquisitions

La Banque du Liban (BDL) encourage les fusions-acquisitions entre les banques commerciales opérant sur le marché local. Néanmoins, elle refuse que de telles opérations aient lieu entre les grands établissements bancaires de la place de Beyrouth. En fait, les banques commerciales de petite et moyenne taille sont soumises à de fortes pressions en raison de l’accroissement du coût des exigences de conformité aux nouvelles régulations du secteur bancaire. Dorénavant, les établissements de crédit sont tenus de créer un département de conformité aux régulations (compliance department) et de prendre des mesures variées afin d’être dans le respect des réglementations imposées par la BDL, les Etats-Unis et d’autres exigences internationales dans l’objectif ultime de préserver leurs relations avec leurs banques correspondantes étrangères. Les coûts associés aux démarches à prendre afin d’être en règle avec les législations internationales représentent de plus en plus de pressions d’ordre financier sur les banques de petite et moyenne taille et affectent désormais leur profitabilité.

Finances publiques
Dépenses stables, mais déficit budgétaire large

La poursuite des transferts d’argent des expatriés vers les banques libanaises et la baisse du prix de l’or noir ont constitué les deux facteurs majeurs qui ont eu un impact positif sur l’économie dans le pays en dépit de l’impasse politique qui prévaut. Les dépôts bancaires des non résidants ont progressé de 6% au cours des sept premiers mois de 2015 sur un an, assurant suffisamment de fonds en devises étrangères pour le financement du déficit budgétaire et le maintien de la stabilité de la monnaie nationale. Quant au recul des prix du pétrole, cet élément a allégé la pression sur la balance commerciale et réduit le coût des subventions à l’énergie de 40% sur un an au premier semestre de 2015, équilibrant la croissance des autres postes de dépenses et maintenant, par la même occasion, les dépenses publiques en général stables. Toutefois, le déficit budgétaire annuel demeure large, soit l’équivalent de 8% du PIB.   

Réforme administrative
Le ministère a mis la barre haute

Le ministère d’Etat pour la Réforme administrative bénéficie d’un montant de prêts et dons de l’ordre de 91 millions de dollars auquel il faut ajouter les crédits alloués par le budget qui assurent les dépenses administratives. Ce ministère a, dans son tiroir, un plan de travail regroupant de multiples projets pour l’année en cours. Néanmoins, peu de projets ont été concrétisés ou achevés. Il comprend, entre autres, la promulgation du numéro unifié, le lancement d’une stratégie nationale pour la lutte contre la corruption, la création d’unités de contrôle interne au sein des administrations, le lancement d’un mécanisme de gestion des dossiers aux ministères de l’Education et de l’Environnement, la mise en œuvre d’un processus de simplification des formalités administratives et la mise au point d’un nouveau cadre pour l’hébergement des sites électroniques. Le ministère avait mis la barre haute prenant peu en considération les aléas de la conjoncture locale et régionale.

Hôpitaux privés
Des arriérés de 900 millions de dollars

Le gouvernement, ainsi que plusieurs institutions publiques d’assurances doivent aux hôpitaux privés plus de 900 millions de dollars d’arriérés à septembre 2015. C’est du moins ce que revendique le syndicat des propriétaires d’hôpitaux privés, qui a, par ailleurs, rappelé que des arriérés impayés accumulés entre 2000 et 2014 s’élèveraient à 132,7 millions de dollars. Le ministère de la Santé avait conclu des accords avec les hôpitaux privés et publics pour couvrir les coûts des soins médicaux fournis aux patients n’ayant pas de couverture d’assurance, allouant un budget annuel à cet effet à chacun des hôpitaux ayant signé un contrat. Conformément aux dispositions de cet accord, le patient paie 15% de la facture de l’hôpital privé et 5% de celle de l’hôpital public, alors que le ministère se charge de s’acquitter de la différence. Soulignons que le secteur public couvre 31% des dépenses de santé, ce secteur comprenant les bénéficiaires de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), du ministère de la Santé, de la coopérative des fonctionnaires et les forces armées.

Liliane Mokbel

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