Magazine Le Mensuel

Nº 3037 du vendredi 22 janvier 2016

general

Elections au CPL. Test réussi pour la proportionnelle

C’est une belle leçon de démocratie que le Courant patriotique libre (CPL) a donnée le dimanche 17 janvier, aussi bien à ses adhérents qu’à ses détracteurs. Les élections se sont caractérisées par une ambiance bon enfant, semblable à celles des municipalités, où les rivalités ont lieu entre les membres d’un même village et d’une même famille.

C’est sous la houlette du nouveau président du Courant patriotique libre, le ministre des Affaires étrangères Gebran Bassil, que se sont déroulées les premières élections du courant, marquées par un très fort taux de participation, qui a atteint les 86%. Depuis le matin du dimanche 17 janvier, jusque tard dans la journée, Bassil a sillonné tout le Liban, du nord au sud, passant par Baalbeck-Hermel, la Békaa et Jezzine, pour s’assurer du bon déroulement du scrutin. Pour la première fois au Liban, la proportionnelle a été appliquée, un mode de scrutin que le CPL aimerait voir adopté pour les élections législatives.
Dans cette première étape, les partisans ont été appelés à élire les comités régionaux à Beyrouth, Jbeil, Kesrouan, Baalbeck-Hermel, Akkar et Jezzine. Si au Metn et à Baabda des listes ont été élues d’office, dans les autres régions de véritables batailles ont eu lieu. A Baabda, une liste parrainée par le député Alain Aoun a été élue d’office. Au Metn, un accord entre Gebran Bassil et le député Ibrahim Kanaan a également contribué à l’élection d’office d’une liste. Pourtant, dans les différentes régions où des batailles se sont déroulées, celles-ci ont été marquées par un esprit très démocratique et ont été comparées à des élections municipales, qui ont lieu au sein d’un même clan et d’une même famille. Ces élections ont été l’occasion pour chaque partisan d’exprimer son opinion. Il y avait les partisans du président Gebran Bassil et surtout ses opposants, qui ont voulu montrer leur poids véritable au sein du CPL. C’est à Achrafié, particulièrement, que s’est manifestée cette dernière tendance, où la liste soutenue par le vice-président du CPL, l’ancien ministre Nicolas Sehnaoui, a été battue face à celle appuyée par Ziad Abs. A Jbeil aussi, la lutte entre les pro et les anti-Bassil a atteint son paroxysme.
 

Un nouvel élan
Pour une source du CPL, l’élément principal que l’on retient de ces élections, c’est leur caractère profondément démocratique et le renouement du contact entre les candidats et les électeurs. «Le consensus dans certaines régions a donné un nouvel élan au parti. Chacun a eu l’occasion de s’exprimer dans le respect total. Même dans les endroits où il y avait plusieurs listes qui s’affrontaient, ceci s’est produit en toute amitié et dans les règles de la démocratie. L’adoption du mode proportionnel a fait en sorte que personne ne soit exclu. Nous avons pensé au lendemain des élections. Même ceux qui ont perdu savaient parfaitement que ce n’était pas la fin et que le matin suivant ils allaient de nouveau se remettre à travailler tous ensemble. D’ailleurs, à la fin de cette journée mémorable, perdants et gagnants se sont tous retrouvés au siège du parti et ont fêté ensemble». «Le président Bassil, par ses déplacements du nord au sud, à Beyrouth, au Metn, à Jezzine a montré la dimension du CPL. Ce que le parti a réalisé dimanche est le seul acte de résistance face à Daech. Dans un monde qui se dirige vers le chaos et l’anarchie, nous sommes les seuls à promouvoir la démocratie».
Malgré les différentes interprétations dont peut faire l’objet le résultat de ces élections, un fait reste certain: la confirmation du leadership de Gebran Bassil à la présidence du CPL. Si sa nomination a provoqué une véritable fronde au sein du parti, cette page semble désormais tournée. 

Joëlle Seif
 

Prochaine étape
Dans une étape suivante, un conseil national et un bureau politique sont appelés à être élus. Le Conseil national comprend les coordinateurs des cazas, les représentants des professions et de la diaspora. Quant au bureau politique, il comprend le président et ses deux vice-présidents, six membres nommés par le président, six autres membres élus, ainsi que les députés du parti. Selon une source du CPL, le but du parti est de porter le nombre des partisans à 50 000 militants. 

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