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Nº 3039 du vendredi 5 février 2016

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POLITIQUE

Joumblatt fait un pas en arrière. Retour à la zone présidentielle grise

Déçu par la mauvaise gestion de l’ancien Premier ministre Saad Hariri dans son annonce de la candidature de Sleiman Frangié à la présidentielle, le député Walid Joumblatt a décidé de revenir à la logique du flou, dont il aime user généralement. C’est dans ce jeu qu’il réussit le mieux à manœuvrer pour obtenir des privilèges, dans la mesure où il n’a pas sa place dans le grand jeu régional. Dans son attitude, le leader druze a ouvert un bazar de compromis avec tous. Même si son cœur et sa logique penchent pour la candidature de Frangié, il ne veut pas rompre avec la possibilité de l’accession à la présidence du général Michel Aoun. C’est ainsi qu’il est revenu au jeu des propositions, en profitant du temps que laisse la situation régionale. Il a donc accepté les compromis avec tous pour obtenir ce qu’il peut du gâteau du futur pouvoir. Dans les priorités du bey de Moukhtara, une loi électorale. Dans ce contexte, il s’accroche et met en avant le slogan: «Celui qui réclame la proportionnelle s’en éloigne et celui qui s’en éloigne s’en rapproche».
Pour tenter de saisir la véritable position de Joumblatt, qui a fait un pas en arrière dans son soutien à la candidature de Sleiman Frangié, en remettant en selle son candidat Henri Hélou, une source politique compare sa position à celle de François Hollande. Le président français s’était, en effet, laissé entraîner par Hariri dans le compromis sur le nom de Frangié, en croyant que l’affaire était conclue. Il est clair que l’embarras de Joumblatt et son retour en arrière sont en harmonie avec la position française.
Après l’appel téléphonique de Hollande à Frangié, interprété comme un soutien à la candidature du chef des Marada, le Quai d’Orsay a réaffirmé l’appui de la France à une solution rapide, qui mettrait un terme à l’immobilisme politique et constitutionnel au Liban et, en priorité, à la vacance présidentielle. Mais la France, dans sa nouvelle prise de position, a fait entendre qu’elle n’appuyait pas un candidat en particulier, mais insistait sur le fait de laisser les canaux ouverts avec l’ensemble des parties libanaises.

Chaouki Achkouti

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