Magazine Le Mensuel

Nº 3048 du vendredi 8 avril 2016

general

CPL et FL. Le recours à la rue, un pari risqué

Le CPL et les FL auront-ils recours à la rue? Dans les milieux politiques, les avis sont partagés à ce sujet. Certains analystes pensent que cette option n’est pas à écarter du fait que les deux formations redoutent l’existence de grandes manœuvres visant à maintenir les failles du régime.

Pour que la protestation ne soit pas dorénavant uniquement verbale, la possibilité de faire appel aux partisans du Courant patriotique libre (CPL) et des Forces libanaises (FL) gagne progressivement du terrain. L’idée est d’agir pour contester non seulement le refus d’un présidentiable fort, agréé par la majorité des chrétiens, mais aussi pour dénoncer les nominations peu respectueuses du pacte dans certains ministères et institutions, et réclamer une nouvelle loi électorale.
Le général Michel Aoun pense qu’il est temps de passer à l’action, en ayant recours au peuple, pour mettre au point un plan pratique qui renverserait la donne, au moins sur le plan de la présidentielle. Du côté de Maarab, la tendance est à l’apport d’un appui sur le terrain au plan de Rabié, surtout que le mouvement dont il est question sera à caractère pacifique et ordonné, et que le Dr Samir Geagea tient à soutenir son nouvel allié.
Les sources du CPL rapportent que cette démarche aux multiples objectifs est sérieusement envisagée à l’ombre de «l’usurpation continue de la décision chrétienne» et, notamment, pour alerter le partenaire dans la nation sur la gravité de la situation et ses conséquences sur la présence chrétienne en tant que composante fondamentale de l’entité libanaise, à l’instar des autres confessions.
 

Les FL temporisent
Un autre avis est, par ailleurs, avancé. Il récuse l’idée du recours à la rue, aucune décision en ce sens n’ayant été prise jusque-là par le Bloc du Changement et de la Réforme. Le sujet n’a même pas été débattu lors de la dernière réunion du bloc. D’après certains observateurs informés, les FL auraient demandé au courant aouniste de calmer ses ardeurs, le temps d’examiner la proposition avant de définir leur position finale, bien que, jusqu’à nouvel ordre, cette option ne semble pas les enchanter. Parallèlement, des sources parlementaires du CPL estiment que la rue chrétienne n’est pas très enthousiaste à l’idée de descendre dans la rue, tant que les grands titres de ce mouvement ne sont pas encore clairement tracés, bien qu’il soit placé sous le signe de la recherche d’un vrai partenariat et de l’application équitable du pacte national. Mais ces sources s’interrogent sur la partie que voudrait cibler Aoun à travers la mobilisation populaire. Est-ce tous ceux qui ne sont pas favorables à sa candidature à la présidence? Dans quelle mesure le Hezbollah est-il disposé à laisser faire si la manifestation est dirigée contre son allié, le président Nabih Berry?
Quant aux anti-Aoun, ils pensent que si ce dernier insiste à faire la démonstration de sa force dans la rue pour modifier les règles d’engagement politique et exercer des pressions sur ses adversaires afin qu’ils placent la loi électorale en tête de l’ordre du jour de la prochaine séance législative, il est fort probable que cette démarche se retourne contre lui. En d’autres termes, ajoutent ces sources, les adversaires du général Aoun ont, eux aussi, la capacité de modifier les règles du jeu. Elles avancent que les Marada perçoivent le recours à la rue préconisé par Rabié comme exclusivement adressé contre le candidat Sleiman Frangié et contre nul autre et, par conséquent, toutes les options restent ouvertes pour faire face à cette menace.

Chaouki Achkouti
 

Les FL contre la démission
L’idée de la démission des députés du Courant patriotique libre (CPL) avait été avancée, parallèlement à la mobilisation populaire, en guise de pression supplémentaire pour l’organisation des élections législatives tant que la situation sécuritaire n’entrave ni les municipales, ni l’élection partielle de Jezzine. Or, les Forces libanaises (FL) rejettent carrément cette option, bien qu’elles ne soient pas représentées au sein du gouvernement actuel. Elles estiment que la conjoncture régionale ne tolère aucune démission du cabinet, qui demeure la seule issue de secours, malgré ses lacunes et ses failles. Par ailleurs, Maarab considère que le retrait du Parlement constitue une démarche infructueuse… La seule préoccupation actuelle des FL dans le dialogue mené avec le CPL est l’échéance municipale sur laquelle tous les efforts doiven犀利士
t être focalisés.

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