Magazine Le Mensuel

Nº 3054 du vendredi 20 mai 2016

ECONOMIE

Coopération. Créer des synergies entre Paris et Beyrouth

Le président de la Chambre de commerce et d’industrie Paris – Ile-de-France, Jean-Paul Vermès, a effectué sa première visite officielle à Beyrouth. L’occasion pour lui de réaffirmer les liens forts existants avec la CCI de Beyrouth et du Mont-Liban et d’évoquer de futurs projets de coopération.
 

Il aurait pu se rendre en Chine, mais Jean-Paul Vermès, le nouveau président de la CCI de Paris – Ile-de-France a choisi le Liban comme premier déplacement officiel à l’international. Il s’est dit «ému» et «très fier» d’être à Beyrouth. «Une partie de mon cœur est libanaise et je vous garantis que ce n’est pas une formule aimable à l’attention des Libanais», a-t-il déclaré lors d’une rencontre avec le président de la Fédération des CCIA du Liban, Mohammad Choucair, le président de la Chambre de commerce franco-libanaise, Gaby Tamer, le président de l’Association des industriels libanais, Fadi Gemayel, et le vice-gouverneur de la Banque du Liban, le Dr Saad Andary. Vermès s’est dit déterminé à «construire des bases solides» afin de mettre en œuvre «une relation économique fiable et pérenne».
Autant dire que le nouveau président de la CCI Paris – Ile-de-France a entendu l’appel lancé par ses interlocuteurs. Mohammad Choucair avait en effet rappelé la situation dramatique à laquelle se trouve confronté le pays du Cèdre. Dressant un bref état des lieux sur le plan économique, il a indiqué que «le Liban affronte un exode syrien de 1 700 000 déplacés sans ressources (…)» lequel «est tombé au moment où le (pays) subissait une forte récession due à l’impact de la crise régionale sur son tourisme et son commerce». Le président de la CCIA a aussi pointé «les nombreuses opportunités» qui se présentent pour le pays, à savoir la reconstruction en Syrie pour laquelle «l’entrepreneur libanais est privilégié, à condition qu’il soit prêt au moment opportun». Mais aussi, «l’exploitation du pétrole qui devrait commencer et entraîner la multitude d’industries downstream qu’elle est en mesure de susciter». Pour relever ces défis, les entreprises françaises pourraient bien être les mieux placées pour accompagner les structures libanaises. «Notre coopération atavique avec la Chambre de Paris – Ile-de-France, et qui prend une nouvelle dimension avec le président Vermès, est la source de toutes les opportunités», a conclu Mohammad Choucair.

 

Déséquilibres des échanges
De son côté, le président de l’Association des industriels libanais, Fadi Gemayel, a brossé un portrait peu flatteur des échanges franco-libanais. «Nous importons en moyenne de France pour 1 356 millions de dollars, alors que nos exportations ne dépassent pas les 49 millions», a-t-il rappelé. Regrettant que les accords de libre-échange entre l’Union européenne et les pays arabes, signés il y a dix ans, n’aient pas eu plus d’impact pour le Liban, Fadi Gemayel a appelé Jean-Paul Vermès à agir pour aider le pays du Cèdre à augmenter ses exportations à destination de la France. «Nous avions suggéré à l’ambassadeur (Emmanuel Bonne, ndlr) à son arrivée à Beyrouth de nous aider à faire passer notre exportation de 49 millions à 200 millions en deux ans», a ajouté le président.
Les deux Chambres de commerce comptent, en tout cas, concrétiser leurs engagements verbaux, et ce, dans les mois qui viennent. Gaby Tamer, le président de la Chambre de commerce franco-libanaise, a annoncé la tenue, le 20 octobre prochain, d’un Forum organisé à Paris et qui réunira simultanément «des entreprises françaises, libanaises et africaines, autour de perspectives conjointes». «Nous prévoyons une grande participation à cet événement qui englobera une vaste majorité de la diaspora libanaise en Afrique avec des entrepreneurs français souhaitant étendre leur activité sur le continent africain», a-t-il ajouté. La France espère en effet bénéficier de la présence libanaise en Afrique pour y développer des affaires.
Dans un bref entretien avec Magazine, Jean-Paul Vermès a estimé que cet événement était «très important» et qu’il espérait également «créer d’autres synergies franco-libanaises notamment dans les salons et expositions». Autre axe de travail, pour le président francilien, la recherche d’investissements pour la zone économique de Tripoli qui constitue «un élément de préoccupation». Vermès s’est dit favorable à un rapprochement des entreprises franco-libanaises par la constitution de «joint-ventures», préférables à de simples échanges économiques.

Jenny Saleh

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