Magazine Le Mensuel

Nº 3056 du vendredi 3 juin 2016

En Couverture

Les chambres d’hôte. Partout au Liban et pour tous les budgets

Depuis quelques années, l’offre en matière de logements alternatifs explose au Liban. Du Chouf, au Akkar en passant par le sud du pays, il est désormais possible de visiter l’ensemble du territoire en logeant chez l’habitant. Explications.
 

Et si le Liban avait bien plus à offrir que les trésors de la capitale libanaise? Pendant des décennies, les touristes et expatriés libanais devaient organiser des journées pour visiter les sites tels que Jeita, Byblos, Baalbeck ou encore Beiteddine sans doute sans savoir où pouvoir y loger afin de profiter d’un séjour plus long.
Aujourd’hui, l’offre en matière de logement alternatif explose au Liban. Il est désormais possible de séjourner dans n’importe quelle région du pays grâce aux maisons d’hôte et logements alternatifs. Le tourisme rural représenterait entre 5 et 6% du tourisme au Liban mais pourrait bien atteindre les 20% selon les chiffres du ministère du Tourisme. D’après Orphée Haddad, fondateur de l’Hôte libanais, entreprise qui regroupe 14 maisons d’hôte et une boutique-hôtel, le nombre de logements alternatifs au Liban aurait triplé entre 2011 et 2016. «C’est un phénomène en pleine croissance», explique-t-il. Les raisons de cet engouement? Une tendance mondiale à l’intimité, à la recherche de nouvelles expériences et à la quête de l’authentique.

 

Concept nouveau au Liban
«Le vrai voyage est l’échange avec les habitants de l’endroit que l’on visite, ajoute le professionnel. Etre accueilli chez les habitants, partager leur quotidien, leur mode de vie, découvrir leurs rituels familiaux, explorer des goûts que l’on ne retrouve pas ailleurs que dans les maisons… permet de vivre cette immersion de la manière la plus pleine possible».
Si le pays du Cèdre est bien connu pour être la terre de l’hospitalité, le concept des maisons d’hôte est relativement récent et a dû pour s’imposer passer outre les barrières de l’intrusion dans l’intimité. Aujourd’hui, le secteur est en train de s’organiser, soutenu par des projets internationaux, notamment l’Usaid, à tel point que l’on compte au Liban plus d’une centaine de maisons d’hôte.
«Aux débuts de l’Hôte libanais, nous frappions aux portes pour expliquer un concept inconnu au Liban et vis-à-vis duquel nombre de Libanais étaient réservés, explique Orphée Haddad, parce qu’il s’agissait de quelque chose à la fois nouveau et disruptif. Depuis, nous avons fait un chemin incroyable. Désormais, les Libanais ont pris goût à cette forme de découverte. Ils la vivent aussi bien en séjournant en maisons d’hôte qu’en ouvrant leurs propres maisons».

 

Entre 40 et 200 dollars
Du Chouf au Metn en passant par le Kesrouan, la ville de Tyr, Douma et Tannourine (Batroun), Bécharré ou encore le Akkar, il est désormais possible de visiter l’ensemble du territoire libanais par ses maisons d’hôte.
Comptez entre 40 et 200 dollars pour une nuit dans une des trente maisons d’hôte que répertorie Diyafa. «Le prix varie en fonction des prestations de l’établissement, explique Maysoun Korban, manager du programme Tourisme rural pour la plateforme. Vous pouvez séjourner dans une maison de haut standing avec une vue imprenable et une piscine, tout comme dormir dans la plus simple des chambres, c’est au client de choisir ce qu’il recherche».
Ce sont les jeunes et souvent des locaux qui recherchent ce type d’établissements. «Les Libanais ont de plus en plus envie de découvrir leur propre pays, précise Maysoun Korban. Les maisons d’hôte sont un bon moyen de connaître le Liban autrement».
Beaucoup de chambres d’hôte proposent, outre le logement et le petit-déjeuner, de nombreuses activités culturelles, sportives et des visites de ces localités.
Selon les professionnels, les retombées économiques et sociales de la présence de chambres d’hôte dans les régions se font ressentir pour l’établissement mais aussi pour le village lui-même. « On estime plus de 300 emplois créés au Liban grâce aux maisons d’hôte et dans les régions », estime Maysoun Korban.

Soraya Hamdan
 

Sur le Web
Les sites du ministère du Tourisme: www.livelovelebanon.com et www.destinationlebanon.gov.lb
Le site de l’Hôte libanais: www.hotelibanais.com
Le site de l’association Diyafa: diyafa.org
Le site de l’association du Lebanon Mountain Trail pour tout savoir de cette route qui parcourt le Liban du nord au sud: www.lebanontrail.org
Le site de Beyond Beirut, une ONG qui promeut, entre autres, le tourisme rural: www.beyondbeirut.com
La région d’Ehmej avec ses 12 éco-randonnées: www.ehmej.org
Forêt et réserve biosphère de Jabal Moussa: www.jabalmoussa.org
Réserve naturelle de Bentael: www.bentaelreserve.org
Réserve biosphère du Chouf: www.shoufcedar.org

Réserver en ligne c’est possible
Le site Diyafa (ce qui signifie hospitalité en arabe) est une plateforme qui répertorie une trentaine de maisons d’hôte au Liban, dont 181 chambres dont les critères correspondent aux standards internationaux.
Le site a été lancé dans le cadre de la stratégie nationale de promotion du tourisme rural, lancée par le ministère du Tourisme, début 2014, pour cinq ans. Diyafa a été créée pour héberger gratuitement des maisons d’hôte et a pour mission d’aider les hôtes à proposer des services en phase avec les critères internationaux en matière d’hygiène, de relation avec les clients et de marketing.
L’association Diyafa a pour but de soutenir le secteur touristique rural au Liban. «Il s’agit d’organiser le secteur et de garantir une certaine qualité, explique Maysoun Korban, manager du programme Tourisme rural de l’ONG Diyafa.
Le site se présente sous la forme d’une plateforme en ligne sur laquelle il est possible de réserver et même de découvrir les hôtes.

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