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Nº 3077 du vendredi 5 mai 2017

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Santé

Accident vasculaire cérébral. 2 millions de neurones perdus par minute de retard

Augmenter les chances de guérir à la suite d’un accident vasculaire cérébral (AVC) ou attaque cérébrale est aujourd’hui plausible. A quelles conditions et avec quels traitements? Eléments de réponse.
 

Résultant d’une privation d’oxygène, l’accident vasculaire cérébral (AVC) désigne l’obstruction ou la rupture d’un vaisseau transportant le sang dans le cerveau. La condition première pour éviter toute séquelle après la survenue d’un AVC est d’arriver à l’hôpital le plus tôt possible. Le délai ne doit pas dépasser les 4h30, depuis l’apparition des premiers symptômes de l’attaque. Ces derniers se manifestent brutalement par une paralysie, des engourdissements, une difficulté voire une impossibilité à parler et à comprendre, des maux de tête violents accompagnés de troubles de la vision, etc. Il est à noter qu’un malade qui expérimente une attaque cérébrale peut récidiver et risque, à long terme, de subir un infarctus du myocarde.

AVC ischémique et hémorragique
D’après le Dr Halim Abboud, neurologue, dans 80% des cas, les attaques cérébrales  sont dues à un vaisseau bouché (AVC ischémique). Une zone du cerveau est ainsi mal irriguée et les cellules nerveuses meurent en raison de l’obstruction d’un vaisseau par un caillot sanguin (thrombose) ou par des plaques d’athérome (constituées de cellules sanguines et de mauvais cholestérol, elles s’accumulent sur la paroi interne des artères provoquant leur épaississement, leur durcissement et une diminution de leur élasticité). L’AVC hémorragique survient dans 20% des cas lorsqu’il y a rupture du vaisseau sanguin. Fragilisée, la paroi de ce dernier se dilate localement et forme ce que l’on appelle un anévrisme. Un hématome (amas de sang apparaissant à l’intérieur d’un tissu après une hémorragie survenue à la suite d’un choc) se constitue alors et comprime les structures avoisinantes.
Les causes les plus fréquentes à l’origine de l’occlusion d’un vaisseau sont les suivantes : il s’agit d’abord de toutes les maladies cardiaques (comme la fibrillation auriculaire – troubles du rythme cardiaque) qui sont susceptibles de donner naissance à des thrombus (produit final de la coagulation sanguine, obturant un vaisseau sanguin). Ces derniers se logent dans une artère au niveau du cerveau. D’autre part, des facteurs tels le diabète, le tabac, l’âge, l’hypertension artérielle et la dyslipidémie (concentration anormalement élevée ou diminuée de lipides dans le sang) mènent à un dépôt d’athéromes dans les parois des vaisseaux et engendrent un AVC.   

2 millions de neurones perdus
Selon la région du cerveau qui a été atteinte, différents troubles neurologiques (relatifs à la motricité, au langage, à l’équilibre, à la vision, etc.) apparaissent. La rapidité de la prise en charge médicale est donc cruciale. Une hospitalisation immédiate permet d’établir le diagnostic et de passer directement au traitement, surtout que 2 millions de neurones sont perdus par minute de retard. Le Dr Abboud explique qu’il est possible de déboucher un gros vaisseau par le biais d’une sonde. Toutefois, lorsqu’il s’agit d’un petit vaisseau, les médecins ont recours à l’enzyme tPA, qui est naturellement présente dans le corps humain. Administrée par voie intraveineuse, au maximum 3 heures après l’AVC, la tPA peut dissoudre les caillots sanguins éventuels. Au cas où le délai de 4h30 est dépassé, le traitement habituel consiste à donner au patient de l’aspirine et de l’héparine (médicament anticoagulant) à petite dose.

Prévention
Dans le but de réduire autant que possible la survenue d’un AVC, il est indispensable d’en connaître les facteurs de risque (cités précédemment), de pratiquer régulièrement une activité physique, d’équilibrer son alimentation en privilégiant les fruits et les légumes et en réduisant la consommation de sel, de limiter sa consommation d’alcool, d’éviter de fumer et d’apprendre à reconnaître les signes d’alerte d’un accident vasculaire cérébral.

Natasha Metni

 

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