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Nº 3105 du vendredi 6 septembre 2019

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Santé

L’arthrose. Une maladie évolutive 70% des libanais exposés

Alors que les statistiques montrent que 70% de la population libanaise risque de développer une maladie arthrosique à un certain moment, mise au point sur les aspects de cette altération avec le Dr. Sami Roukoz, Professeur en chirurgie orthopédique.  

 
L’arthrose, c’est quoi?
L’arthrose consiste en la disparition du cartilage des articulations. Il existe deux types d’arthrose:
L’arthrose primaire: les causes de cet affaiblissement du cartilage sont encore méconnues. Certains spécialistes parlent de facteur génétique, bien qu’une telle affirmation demeure incertaine.
L’arthrose secondaire: elle est due à un incident/état de santé bien déterminés. Lorsque, par exemple, une fracture n’a pas été correctement soignée, le risque de développement d’une arthrose secondaire devient élevé.
Elle peut atteindre toutes les articulations: genoux, colonne vertébrale, doigts, orteils, hanches. Elle est rarement localisée au niveau d’une seule articulation et elle se fait souvent symétrique (atteinte des articulations dans les deux mains, les deux genoux, …).
N.B. L’arthrose primaire est exceptionnelle au niveau des coudes, du poignet, des chevilles et des épaules.

Quels sont les facteurs de risque?
Plusieurs facteurs aggravants méritent d’être cités:
● L’obésité (l’arthrose se manifeste plus, les symptômes vont être plus précoces et la maladie va se développer plus précocement et plus rapidement).
● Les excès de sport.
● Les traumatismes répétitifs (le fait d’avoir recours, de manière excessive, aux articulations, de par l’obligation de son métier).
● Le facteur génétique.
● Certains suppléments médicamenteux (cette donnée demeure incertaine).
● L’excès de vitamine C.
L’arthrose survient généralement avec l’âge. Il ne s’agit pas, toutefois, d’un vieillissement de l’articulation, mais d’une véritable maladie arthrosique. Notons aussi que les femmes développent davantage ce mal que les hommes.

Comment se fait le diagnostic?
Il existe plusieurs examens permettant de confirmer le diagnostic:
● Les signes cliniques: raideur articulaire, douleurs de type mécanique (elles augmentent lors de l’effort et sont réduites au repos. Néanmoins, le malade peut connaitre des poussées inflammatoires, lorsqu’il entreprend des efforts physiques excessifs, ce qui fait que des douleurs nocturnes apparaissent), limitation de la mobilité des articulations, petites déformations des articulations, etc.
● Les signes radiologiques: qui viennent confirmer l’existence de la maladie.
A savoir qu’aucun examen biologique ne peut confirmer la maladie arthrosique.

Prévention et traitement
Il est difficile, voire impossible de prévenir une arthrose primaire. Par contre, une arthrose secondaire peut être évitée en traitant la cause principale (en soignant la fracture, en suivant un régime alimentaire convenable…). Pour ce qui est du traitement, il n’existe pas de thérapie curative. Certains agissements et/ou médicament permettent, cependant, de réduire l’aggravation de la maladie:  
● Activités physiques sans excès, physiothérapie, pour améliorer la circulation synoviale dans l’articulation et donc la nutrition du cartilage.
● Médicaments et pommades anti-inflammatoires.
● Glaçons pour réduire les inflammations.
● Médicaments à base de curcuma : cet aliment a un effet anti-inflammatoire. Il diminue la sécrétion des enzymes inflammatoires et donc la destruction du cartilage.

Injections intra articulaires:
● De corticoïdes
● D’acide hyaluronique en début de maladie. Une fois un stade avancé atteint, l’injection n’est plus efficace.
● PRP (Platelet-rich plasma) : on extrait du sang du patient des plaquettes qu’on injecte dans l’articulation. Ces plaquettes contiennent l’hormone de croissance qui peut régénérer certaines cellules cartilagineuses. L’efficacité d’une telle intervention reste à prouver.
● Cellules souches: ce traitement n’est plus conseillé, vu qu’il a donné naissance à des cas de développement de certaines maladies articulaires.
En fin de traitement, lorsque le cartilage est complètement détruit, le médecin peut proposer la chirurgie prothétique. L’articulation détruite est remplacée alors par une prothèse au niveau des genoux, des hanches, des épaules et des coudes.

Natasha Metni Torbey

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