Magazine Le Mensuel

Nº 2872 du vendredi 23 novembre 2012

Confidences Liban

Confidences Liban

Vatican-Bkerké: les Hariri et l’Eglise
Au moment où l’ex-Premier ministre, Saad Hariri, s’entretenait avec le pape Benoît XVI au Vatican qu’il remerciait de l’intérêt qu’il porte au Liban et s’excusait de ne pas avoir pu être présent pour l’y accueillir, une délégation du Moustaqbal, présidée par le secrétaire général Ahmad Hariri, était à Bkerké pour féliciter le patriarche Raï de sa promotion au rang de cardinal. Au cours de cette rencontre qualifiée de positive et fructueuse par l’un des participants, Ahmad Hariri aurait confirmé qu’une délégation du parti sera présente à la cérémonie d’investiture du cardinal maronite dans la cité du Vatican. Au cours de la semaine précédente, le conseiller de l’ex-président Saad Hariri, Daoud Sayegh, avait transmis au patriarche un message du chef du bloc du «Liban d’abord» portant sur la conjoncture locale et les développements régionaux.

 

 

 

Les diplomates avec Sleiman
Préserver la stabilité sur la scène libanaise et considérer la sécurité comme une ligne rouge qu’il est interdit de transgresser. Tel est le leitmotiv des ambassadeurs arabes et étrangers accrédités au Liban. Surtout suite aux incidents qui ont secoué Saïda, la semaine passée, et qui ont failli dégénérer. Le président Michel Sleiman a reçu plus d’un message d’appui, en provenance de capitales occidentales et de l’Administration américaine, saluant les efforts qu’il déploie en faveur de la stabilisation et du dialogue entre les divers camps. Les diplomates invitent les fractions politiques à soutenir le président en cette période délicate et à renoncer à l’exacerbation des tensions.

 

 

 

 

Nouvelles alliances pour le Moustaqbal
On parle dans les milieux proches du courant du Moustaqbal de la possibilité d’établir de nouvelles alliances à Tripoli, suite à l’assassinat du général Wissam el-Hassan, après que le ministre Mohammad Safadi eut annoncé qu’il ne sera pas candidat aux élections de 2013 et que le président Mikati, d’après ses proches, se soit dit non disposé à présider un gouvernement de gestion des législatives comme ce fut le cas en 2005. Les nouvelles alliances du Moustaqbal à Tripoli pourraient avoir des répercussions sur d’autres régions au Nord et dans la Békaa, mais les milieux n’ont pas voulu dévoiler la nature de ces alliances, en se contentant de préciser qu’il existe des sièges que le parti n’est pas contraint d’attribuer à ses alliés comme par le passé, et qu’il serait plus confortable pour lui de mener les législatives avec une liste portant le label du Moustaqbal, incluant des personnalités tripolitaines qu’il tente de séduire.

 

Le Liban aux oubliettes
Il ne faudrait pas donner à la visite de l’ex-Premier ministre Fouad Siniora aux Etats-Unis une importance démesurée, selon des sources proches du Moustaqbal. Le président Siniora était invité à donner une conférence à la Harvard University, sans plus. En marge de cette activité principale, il pourrait rencontrer des responsables américains à Washington, mais nul ne peut prédire les résultats de ses éventuels contacts, alors que l’Administration américaine est en plein chantier de restructuration. Le Liban est donc mis au rancart jusqu’au printemps prochain probablement, en attendant les grandes décisions relatives à la région arabe.

 

 

 

La refondation du PSP reportée
Le Parti socialiste progressiste a ajourné son assemblée générale au mois de mars, pour lui permettre de concrétiser la promesse du chef du parti, le député Walid Joumblatt, à savoir l’avènement d’un «printemps partisan» basé sur des amendements fondamentaux qui donneraient plus d’espace à la base populaire et dont les décisions seraient adoptées via un vote. Ces modifications injecteraient du sang nouveau au parti, d’autant plus que l’âge minimum d’adhésion requis est passé de 21 à 18 ans. Des sources socialistes sont catégoriques, le Parti progressiste est appelé à élire un nouveau chef qui ne sera pas Walid Joumblatt. Le seigneur de Moukhtara ayant annoncé qu’il ne sera pas candidat à sa propre succession.

 

Saïda, zone non militaire
La proposition du ministre de l’Intérieur de déclarer Saïda zone militaire, n’a pas reçu l’approbation des ministres du Parti socialiste progressiste, des Marada ni même du ministre Nazem Khoury. Ceux-ci ont expliqué que la région de Saïda est fort sensible puisqu’elle constitue une porte d’entrée vers le Sud et qu’elle abrite le plus grand camp de réfugiés palestiniens, sans oublier la présence de sièges et de dépôts relevant du Hezbollah. La déclaration d’une zone militaire implique que toutes les forces sécuritaires qui s’y trouvent deviennent soumises à l’armée et que tout mouvement doit obtenir un permis du commandement de la troupe. Les députés de Tripoli et de Beyrouth ont, par ailleurs, décidé de remettre sur le tapis la démilitarisation des deux villes parallèlement aux mesures prises à Saïda.

 

 

 

 

Kahwagi et Rifi reconduits?
Nul n’a évoqué devant le ministre de l’Intérieur la question de la prorogation des mandats des chefs sécuritaires supposés partir à la retraite l’an prochain, comme il le dit lui-même. Plusieurs haut gradés sont dans ce cas, parmi eux, le directeur des Renseignements de l’armée, le général Edmond Fadel, le général Ashraf Rifi, directeur général des FSI, les membres du Conseil militaire, le chef d’état-major et le commandant en chef de l’armée, Jean Kahwagi. Afin d’éviter un éventuel vide au niveau de ces fonctions supérieures à l’ombre de la polarisation politique ambiante, les hauts responsables examinent la possibilité d’une prorogation collective de ces mandats pour une durée de deux ans, de façon à ce que les concernés prennent leur retraite à la fin du mandat du président Michel Sleiman. Les pôles du 8 mars n’approuvent pas ce scénario, à l’heure où le président Berry insiste pour que le gouvernement prenne une décision rapide avant l’avènement d’un nouveau cabinet, comme le réclame le 14 mars.

 

 

Nord: les Européens inquiets
Les milieux diplomatiques européens semblent accorder un intérêt croissant à la situation qui prévaut au Nord et dans la Békaa. Ce qu’ils craignent? C’est une éventuelle détérioration à caractère communautaire dans cette région proche de la Syrie et la montée des intégrismes sous toutes leurs formes. Qu’il s’agisse des extrémistes que la Syrie emploie pour semer le chaos au Liban, ou de ceux qui estiment que le Liban est une scène de jihad annexe à la scène syrienne, ou encore des groupes qui se sont formés pour soutenir l’opposition au régime de Damas. La conjoncture sécuritaire avive donc les inquiétudes des Européens surtout qu’ils craignent que certaines fractions libanaises s’impliquent davantage en Syrie…

 

 

Parlement: boycott contourné
Nul ne pourra paralyser l’Assemblée nationale, affirme-t-on dans les milieux proches du président Nabih Berry, révélant que le député Anwar el-Khalil convoquera la Commission parlementaire de la Défense à une réunion en sa qualité de rapporteur, au lieu du président Samir el-Jisr. Les réunions vont ainsi se succéder, la semaine prochaine, et toucher la plupart des Commissions qui peuvent assurer le quorum légal. Douze Commissions sur les seize existantes sont réfractaires au boycott pratiqué par le 14 mars, ayant un président ou un rapporteur issus de la majorité. Toutes les réactions politiques ne réussiront pas à paralyser le règlement interne du Parlement, en particulier la clause 27, ajoutent les mêmes sources qui assurent que le président Berry ne cherche à écarter personne, mais il est impératif, à son avis, que les Commissions continuent à accomplir leur travail. La décision de boycott prise par l’opposition, sous prétexte que des membres du gouvernement siègent aux Commissions, est contraire au mandat que le peuple leur a donné, précisent-elles. La clause 27 interdit à l’élu de s’absenter sans raison valable et l’absence programmée n’est pas une raison valable. En tout cas, les portes de l’Assemblée seront ouvertes le 27 novembre pour une séance générale au cours de laquelle le président arménien, en visite officielle au Liban, prononcera une allocution.

Prise de bec entre Moussaoui et el-Hout
Brouille entre le Hezbollah et la Jamaa islamya. Une source islamique pense que le violent échange parlementaire (Nawaf Moussaoui/Imad Hout) entre les deux protagonistes ne mènera pas forcément à la rupture. Elle estime que le député Hout tente de régler les problèmes internes à son mouvement en faisant des déclarations intempestives contre le Hezb et son secrétaire général. Il existe, poursuit-elle, un différend entre Hout et certains adhérents à la Jamaa qui ont critiqué sa présence à la réunion du 14 mars tenue à la maison de Hariri au centre-ville, le 19 octobre passé, à la suite de l’assassinat du général Wissam el-Hassan. Bien que le chef du bureau politique, Azzam Ayoubi, ait couvert sa participation à ces assises, n’empêche que plusieurs cadres, surtout au Nord, qui ont des liens avec le Premier ministre Mikati, ne souhaitent pas s’attirer l’hostilité des partisans du président du Conseil. Ces mêmes cadres suspectent Hout d’agir en fonction de ses propres intérêts électoraux à Beyrouth. En signant le communiqué qui fait assumer au président Mikati la responsabilité de l’assassinat et en attaquant le Hezbollah, il pense faire des avances à l’ex-président Saad Hariri afin que celui-ci le prenne sur sa liste électorale lors des législatives 2013.

 

 

Des officiers retraités forment des milices
Des officiers à la retraite mettent sur pied des formations armées dans plusieurs régions du Nord et de Tripoli sur initiative de certains adeptes du Moustaqbal et des salafistes radicaux. L’objectif est de vider la scène nordique des mouvements et symboles du 8 mars, comme le révèle un rapport privé du colonel Amid Hammoud, responsable militaire du Moustaqbal, originaire du village de Ras Nhach à Batroun. Il est épaulé par un autre officier à la retraite, Nassouh Merhi. Le rapport cite aussi les noms de Ali el-Ali, un Libanais turkmène du village de Kawashra qui se déplace dans le Akkar, ainsi que du colonel Ahmad al-Khatib qui avait déserté l’institution militaire en 1976 en faveur du Fateh palestinien et qui s’active au Akkar, surtout à Jabal Akroum à la frontière. Ce sont les deux députés, Khaled Daher et Mouïn Meraabi qui jouent le rôle de superviseurs politiques de ces officiers qui travaillent en coordination avec des déserteurs de l’armée syrienne et avec plus de vingt autres groupes armés à Tripoli parrainés par le député Mohammad Kabbara. Les plus connus sont celui mené par Mohammad Hallak, alias Abou Tannoura, au souk des légumes à Tebbané, le mouvement de Mohammad Khalaf dans la région de Chall et celui de Khaled Yaghi, dans la région de Mina à Haret Jdidé.

115000 réfugiés syriens
Après avoir lu le rapport hebdomadaire du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, une source présidentielle révèle que le nombre de déplacés syriens qui reçoivent de l’aide du gouvernement libanais et de ses partenaires onusiens ou encore des ONG a atteint 115000. Ce qui, d’après certains observateurs, risque d’aboutir à une modification grave de la démographie politique au Liban, vu que les raisons de l’exode, pour certains réfugiés, sont d’ordre politique et non humanitaire. Les analystes ajoutent: «L’augmentation massive du flot de réfugiés syriens, sert les intérêts de parties locales et internationales. Puisqu’ils arrivent à la frontière, fanatisés du point de vue communautaire, ce qui facilite leur recrutement par les groupes armés intégristes. Certains munis d’armes et liés par des engagements idéologiques s’infiltrent dans les sociétés locales au Nord, dans la Békaa, à Beyrouth et dans l’Iklim jusqu’au Arkoub sunnite, à l’extrême sud-est. L’instance citée est inquiète du laxisme de l’Etat libanais à cet égard, encouragé en cela par des pays occidentaux. En Turquie et en Jordanie, les réfugiés sont placés sous contrôle strict bien que leur présence dans ces deux pays ne menace pas l’équilibre interne. L’instance se demande ce que sera la réaction des instances  concernées si certains Syriens refusent, à une phase ultérieure, de rentrer chez eux prétextant des raisons sécuritaires (?). Elle rappelle le cas des réfugiés palestiniens.

Balle électorale entre Geagea et ses adversaires
Chaque fois qu’on demande au chef des Forces libanaises le Dr Samir Geagea les raisons pour lesquelles il refuse d’appuyer le projet électoral de la Rencontre orthodoxe qui garantit une bonne représentation des chrétiens, il lance la balle dans le camp adverse. «Si le général Aoun et le député Frangié parviennent à obtenir l’adhésion du mouvement Amal et du Hezbollah à ce projet, je serai prêt à y songer sérieusement».

 

 

 

 

Sleiman Frangié craint l’argent électoral
Après sa rencontre avec le patriarche maronite Mar Béchara Boutros Raï, le député Sleiman Frangié a ainsi défini sa position quant à la loi électorale: «Mon intérêt personnel me pousse à soutenir la loi actuelle, mais celle-ci est malheureusement faussée par l’usage de l’argent. Je pense que le mode de scrutin  proportionnel par circonscription donne à chacun sa juste mesure et réduit l’influence de l’argent».

 

 

Pas de contact entre Sami Gemayel et le Hezbollah
Des proches du député Sami Gemayel ont démenti les informations selon lesquelles il aurait rétabli le contact, interrompu depuis de longs mois, avec des députés du bloc parlementaire du Hezbollah. Selon ces informations, attribuées à des sources Kataëb, la décision de Gemayel aurait été dictée par la volonté de faire baisser la tension dans le pays, en prévision d’une initiative politique qu’il s’apprêterait à lancer.

 

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