Confidences Liban
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Nº 3034 du vendredi 1er janvier 2016

Confidences Liban

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    Présidentielle à la saint-glinglin Depuis que les tractations politiques ne sont plus focalisées sur l’échéance présidentielle et l’initiative de Saad Hariri, certains affirment que c’est là un indice de la prolongation...
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Présidentielle à la saint-glinglin
Depuis que les tractations politiques ne sont plus focalisées sur l’échéance présidentielle et l’initiative de Saad Hariri, certains affirment que c’est là un indice de la prolongation de la vacance présidentielle. Des observateurs écartent un développement à ce niveau avant les six mois de délai fixés par la dernière résolution du Conseil de sécurité pour le règlement de la crise syrienne, dont le décompte débute en janvier 2016.
Celui qui croit à la libanisation de cette échéance est dans l’erreur, assure une personnalité du 8 mars, sinon l’option Frangié aurait été concrétisée. Tant que la Syrie n’a pas recouvré sa sécurité, et avant de savoir quels seront les rôles attribués à l’Iran, à la Russie et à l’Arabie dans ce pays, il est difficile que l’échéance présidentielle soit concoctée au Liban.

 

Geagea à Riyad?
Les milieux politiques et diplomatiques ont relevé la récente visite de l’ambassadeur d’Arabie saoudite, Ali Awad Assiri, à Maarab où il s’est entretenu avec le Dr Samir Geagea. Les deux hommes ont abordé les dernières péripéties du dossier présidentiel après la célèbre réunion parisienne Hariri-Frangié. Bien qu’aucune information n’ait filtré à la suite de cette rencontre, certaines sources l’ont quand même inscrite dans le cadre des efforts entrepris par l’Arabie pour renforcer le règlement présidentiel et aplanir les écueils qui jalonnent sa route. Le diplomate saoudien, présument certains analystes, a sans doute adressé une invitation en Arabie au Dr Geagea où il rencontrera le président Saad Hariri, en marge des pourparlers officiels prévus.


Alliance islamique: le Liban out
L’engagement du Liban à joindre l’alliance militaire islamique menée par l’Arabie saoudite n’aura pas lieu, comme le rapportent des sources proches du Hezbollah. Riyad a touché le nerf sensible du Liban en proclamant le Hezbollah organisation terroriste susceptible de faire partie des cibles de cette alliance. «Tout rôle accordé au Liban dans le cadre de cette alliance constituera, disent ces milieux, l’étincelle qui fera exploser la situation interne dans le pays». Le pays du Cèdre, contrairement à ce qu’a déclaré le Premier ministre Tammam Salam, ne devrait pas hésiter à refuser de se joindre à cette alliance, selon le parti chiite.

Le Hakim mise sur le Sayyed
Le Dr Samir Geagea aurait dit en plaisantant devant l’un de ses visiteurs: «L’initiative du président Saad Hariri m’a poussé à miser sur sayyed Hassan Nasrallah. C’est lui qui peut la faire basculer en continuant à appuyer le général Michel Aoun». Selon des observateurs, les Forces libanaises (FL) et le Moustaqbal sont tous deux convaincus de la nécessité de maintenir leur alliance, en dépit du compromis Frangié, bien qu’il y ait eu un échange de reproches et de blâmes à ce sujet entre ces deux composantes du 14 mars. Concernant la possibilité que le Dr Geagea soutienne Aoun, les milieux du Futur rappellent que Saad Hariri avait fait une proposition dans ce sens au chef des FL et ce dernier l’avait refusée. Or, à l’époque, le Dr Geagea était lui-même candidat, la déclaration d’intentions avec le Courant patriotique libre (CPL) n’avait pas vu le jour et, depuis, les relations avec Aoun se sont améliorées, répond l’autre partie. Le mot d’ordre des FL aujourd’hui est le silence, il est encore trop tôt pour se prononcer, disent-elles.

Législatives: la priorité de Frangié
Sleiman Frangié, dans le cadre de sa rencontre parisienne avec Saad Hariri, a été clair. Au cas où il est élu président, il n’a aucune volonté d’ajourner les élections parlementaires. Un ajournement qu’il considère comme un premier faux pas de son régime. L’entente à ce sujet est nécessaire, a dit le député du Nord, et toute formule agréée par le Moustaqbal et Walid Joumblatt sera sujette à débat avec ses alliés du 8 mars. Si jamais la présidentielle se déroule avant l’accord sur la loi électorale, la scène interne sera face à deux options: le report des législatives jusqu’à l’été 2017, date d’expiration de la prorogation du mandat parlementaire. Ou l’application de la loi en vigueur au cas où un accord sur un mode de scrutin n’aboutit pas. Frangié est disposé, au pire des cas, à reconduire la loi de 1960 quitte à y introduire quelques amendements qui rectifieraient sa représentativité. Certains estiment que les alliés de Michel Aoun faciliteront tout ce qui a trait à la loi électorale, mais l’opposition viendra du tandem Hariri-Joumblatt.

Dialogue: absences remarquées
Trois pôles politiques ont brillé par leur absence au 12e round du dialogue national, le dernier programmé pour 2015. Le général Michel Aoun, le président Najib Mikati et le député Walid Joumblatt ne se sont pas présentés, alors que le débat et les consultations menées en marge de la séance ont focalisé sur la réactivation de l’action gouvernementale. Le compromis parisien n’était pas au menu, il n’a donc pas été évoqué. Quant au candidat Sleiman Frangié, il a effectué des consultations en profondeur sur l’échéance présidentielle. En revanche, tout au long de la séance, il a préféré garder le silence et s’installer en face du représentant du Courant patriotique libre (CPL), Gebran Bassil, alors qu’il avait l’habitude d’occuper le siège voisin de celui du général Aoun. Les discussions sur la relance de l’action du gouvernement se sont heurtées aux mêmes problèmes, mettant en avant, encore une fois, la querelle aiguë qui oppose le CPL et le Moustaqbal sur cette question.

Le pari chrétien du Hezbollah
Celui qui croit que l’appui du Hezbollah à la candidature du général Michel Aoun est purement tactique se trompe, estime un faucon du 14 mars. Contrairement à l’impression générale qui pense qu’au fond le parti chiite préfère Sleiman Frangié, ce politique pense que la préférence du Hezbollah au niveau de la magistrature suprême va à Aoun qui a su lui assurer, depuis 2005, une vaste couverture chrétienne dont il n’aurait jamais rêvé. En attirant Aoun et son environnement à se ranger dans l’axe stratégique du Hezbollah, ce dernier aura gagné du crédit et enregistré un énorme succès auxquels il n’est pas prêt à renoncer, alors que l’engagement de Frangié dans cet axe est naturel et n’apporte aucune valeur chrétienne ajoutée au parti de Nasrallah.

Les deux convictions du diplomate
Abordant le dossier présidentiel, un diplomate européen à Beyrouth dit avoir deux certitudes. La première est l’impossibilité d’élire un président sans l’accord du Hezbollah. La deuxième est l’obligation de parvenir à un package d’une série d’arrangements politiques sans lesquels l’élection ne pourra pas se faire. Pour ce diplomate, le parti de Hassan Nasrallah ne facilitera pas un règlement du problème de la première magistrature tant qu’il ne sera pas parvenu à une corbeille d’accommodements sur les dossiers en suspens avec le Futur.

 

Les terroristes s’infiltreront-ils par le Sud?
Chuchotements autour des dispositions sécuritaires sévères prises par la Finul dans la région Sud régie par la résolution 1701. Comme le révèlent certains rapports, le commandement de la force internationale impose aux fonctionnaires civils de respecter des règles sécuritaires précises comme l’usage de véhicules blindés pour arriver à leur lieu de travail dans nombre de villages du secteur ouest. Les habitants de ces villages appartenant en majorité à une communauté donnée, cela laisse supposer la crainte onusienne d’une infiltration de terroristes radicaux dans cette région frontalière sensible. Pourtant, toujours selon le même rapport, la situation au quotidien est normale le long du littoral au sud de Tyr et dans les bourgades à l’ouest. L’armée israélienne reste cependant en état d’alerte maximale à la frontière surtout que la tension règne, comme le rapportent certaines informations, sur le front à l’intérieur des territoires occupés. Des rapports précédents avaient mis en garde contre des opérations terroristes sur la route côtière au sud de Beyrouth, notamment dans les régions situées entre Naamé et Rmeilé qui abritent des concentrations de réfugiés syriens et palestiniens.

 

Gaz et pétrole: accord entre Berry et Bassil
Le climat s’est amélioré entre Nabih Berry et Gebran Bassil. La source politique, qui rapporte l’information, indique que le ministre actuel des Affaires étrangères a donné son feu vert à la stratégie énergétique du président de la Chambre. Celle-ci stipule le lancement du forage et de l’extraction à partir des blocs maritimes dans les eaux territoriales libanaises au Sud. Cette amélioration des relations semble évidente au vu de l’exercice de la commission générale de l’énergie dont le directeur s’est montré fort enthousiaste à appliquer cette stratégie. La querelle s’était approfondie entre Berry et Bassil lorsque ce dernier était resté attaché, alors qu’il détenait le portefeuille de l’Energie, à donner le coup d’envoi du forage dans les puits situés face au littoral de Beyrouth et dans le Nord, et à ajourner le travail dans les puits du Sud. Mais après la dissipation des nuages entre les deux parties, les chances d’admission du Liban dans le club des pays producteurs de gaz sont bien meilleures. Il faut rappeler qu’Israël occupe une portion des excavations maritimes au Sud équivalente au dixième de la superficie du Liban.

 

Paris se repositionne
Le feu vert donné par la France à la candidature de Sleiman Frangié entre dans le cadre de la rectification de la politique internationale et régionale de Paris, à la suite des attentats du 13 novembre, selon l’analyse faite par un expert européen. Invité à donner une conférence dans un centre de recherches libanais, l’expert a révélé que l’appel de François Hollande à Frangié est un signe du repositionnement de Paris au chapitre syrien, loin des deux axes américano-turc-émirati et irano-syro-russe. Le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, avait d’ailleurs mené une campagne contre la France en direction des 28 pays membres de l’Otan. Le responsable américain, a ajouté l’expert, a prévenu ses homologues de l’Otan - pendant que le chef d’Etat français rencontrait le président russe Vladimir Poutine à Moscou - que Paris souhaiterait gérer la crise syrienne selon une vision méditerranéenne. Le président français s’était dépêché d’envoyer le porte-avions Charles de Gaulle en Méditerranée pour exécuter des opérations militaires contre les postes de l’EI en Syrie. Par ailleurs, une coopération franco-russe sur la lutte antiterroriste a été annoncée et des infos ont circulé sur une coordination sécuritaire indirecte entre Damas et Paris, visant les groupes terroristes, menée par un Etat de l’Europe de l’Est.

 

Les Ikhwan avec Mikati
Alors que les séances du dialogue entre le Moustaqbal et le Hezbollah se poursuivent, la relation de la confrérie des Ikhwan libanais avec les deux partis se détériore. Ainsi, les canaux d’échange entre la Jamaa islamia et le plus grand parti chiite libanais sont quasi bloqués, de même avec le mouvement des Ikhwan palestiniens. La tension est montée d’un cran, selon des sources fiables, après l’assassinat de Samir Kantar par Israël, assassinat que les Ikhwan se sont abstenus de condamner. Sur les réseaux sociaux, certains commentaires semblaient brocarder l’agression, comme celui de la fille du Palestinien radical, Khaled Mechaal, qui réside au Qatar. Sur un autre plan, la discorde entre les Ikhwan et le Moustaqbal a atteint un niveau tel que le mouvement intégriste nie toute alliance passée ou future avec le parti de Saad Hariri. Les Ikhwan vont même jusqu’à provoquer ce dernier en organisant une série de dialogues politiques avec le président Najib Mikati. Des sources islamiques font allusion au rôle des services de renseignements turcs dans le rapprochement Mikati-Ikhwan.

 

 

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Éditorial
Pays-labo

Tout au long de son histoire contemporaine, le Liban a souvent eu le rôle, peu glorieux pour les uns, flatteur pour les autres, de laboratoire du monde arabe. Un rôle de circuit d’entraînement où les décideurs testent des projets, des idées. Terre d’intrigues, de complots et de conspirations, il a vu les puissances régionales et internationales régler leurs comptes sur son sol, avec, comme carburant, la chair et le sang de ses fils. Certaines séquences du long processus du dépeçage de l’Empire ottoman ont été jouées au Liban, au XIXe siècle. Un des épisodes de la fondation de l’Etat d’Israël, l’exode des Palestiniens en 1948, s’est acté sur son sol. C’est aussi le Liban qui a payé le plus lourd tribut du désengagement de l’Egypte du conflit israélo-arabe, avec la guerre civile de 1975, dont les liens avec la négociation et la signature des accords de Camp David n’ont pas été assez explorés par les historiens.Le présent est comme le passé. Il devient, aujourd’hui, de plus en plus clair que l’élection présidentielle est organiquement liée à l’évolution de la situation en Syrie. Décrypter ce lien est indispensable pour deviner ce que peut nous réserver l’année 2016. L’attitude du Hezbollah à l’égard de la candidature de Sleiman Frangié à la présidence de la République est particulièrement éclairante. Le moins que l’on puisse dire c’est que le parti de Hassan Nasrallah ne semble pas pressé de mettre fin à la vacance présidentielle, sinon il aurait saisi au vol l’initiative de Saad Hariri de faire élire un de ses plus fidèles alliés. En revanche, le Courant du futur s’impatiente et a montré qu’il est disposé à faire de sérieuses concessions, en proposant le nom de M. Frangié.Le Hezbollah n’est pas mécontent de l’éventuelle élection de Sleiman Frangié. Au contraire, cette option lui paraissait inespérée, il y a seulement quelques mois. Mais il estime que le moment n’est pas encore venu de débloquer la présidentielle libanaise. Et ce moment ne viendra pas tant que l’évolution de la situation en Syrie ne se précisera pas. Les grandes lignes du règlement de la crise syrienne ont été agréées entre les Etats-Unis, la Russie et l’Iran, et ont été consignées dans la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies, votée à l’unanimité le 18 décembre dernier. Ce texte contient un calendrier précis et l’esquisse d’un mécanisme d’application, bien que beaucoup de détails restent à régler. La résolution «appuie un processus politique dirigé par les Syriens et facilité par l’Onu, qui met en place, dans les six mois, une gouvernance crédible, inclusive et non sectaire, et arrête un calendrier et des modalités pour l’élaboration d’une nouvelle Constitution, et se dit favorable à la tenue, dans les 18 mois, d’élections libres et régulières, conformément à la nouvelle Constitution, qui seraient conduites sous la supervision de l’Onu». Par ailleurs, le texte ne fait aucune allusion au sort réservé au président Bachar el-Assad.Avant de débloquer la présidentielle libanaise, le Hezbollah, et avec lui l’Iran, veulent s’assurer que le processus politique en Syrie est bien mis sur les rails et qu’il est irréversible. Il faudra donc attendre les premiers mois de 2016 pour que l’image s’éclaircisse en Syrie, afin qu’elle se décante au Liban.Entre-temps, le pourrissement des institutions continue, la crise économique s’aggrave, la sécurité est fragilisée, la crise des déchets reste sans solution et le nombre de non-Libanais ne cesse d’augmenter. Il y aurait aujourd’hui au Liban 2,5 millions d’étrangers pour 4 millions de Libanais. Quels arguments peut-on encore avancer pour convaincre les jeunes qu’il y a toujours un espoir et qu’ils peuvent imaginer leur avenir dans leur pays? Aucun, sinon que le Liban fait preuve d’une capacité de résilience exceptionnelle, et que pour beaucoup moins que cela, d’autres Etats ont disparu de la carte du monde.


 Paul Khalifeh
   

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