Lykan Hypersport. Le Liban a son premier bolide
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Nº 2883 du vendredi 8 février 2013

Lykan Hypersport. Le Liban a son premier bolide

 
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Au Qatar Motor Show, le Pays du Cèdre a fait une entrée fracassante dans le monde de l’automobile. Sous la houlette de Ralph Debbas, W Motors, le premier constructeur libanais, a présenté la Lykan Hypersport, tout simplement la voiture la plus chère au monde.

«Eleanor Roosevelt a dit: le futur appartient à ceux qui croient à la beauté de leurs rêves. Pendant plusieurs années, W Motors a été un rêve, un rêve qui a d’abord été le mien, un rêve que j’ai ensuite partagé avec plusieurs personnes et que je partage aujourd’hui avec le monde entier». Le 11 janvier 2012, devant un parterre d’invités de marque réunis au Sursock Palace Gardens, Ralph Debbas sait qu’il a gagné son pari fou. Il sait que, dans son sillage, le Liban est entré dans la cour des constructeurs automobiles de luxe, avec les Bugatti,
Aston Martin et autres vendeurs de rêves. Dans l’absolu, W Motors répond à une demande, à une opportunité de marché. Il était naturel que le Moyen-Orient, friand de supercars que l’on croise notamment dans les faubourgs de Dubaï, vienne à monter sa propre structure. C’est désormais chose faite. En cet été 2012, les ateliers de production de W Motors peaufinent déjà la Lykan Hypersport qui promet de faire trembler la planète auto. Le rêve est devenu réalité.
L’aventure de W n’a pas été une promenade de santé. Ralph Debbas se souvient de cette année 2007 où il a multiplié les rencontres avec les géants du secteur automobile, «les légendes qui ont créé les plus belles voitures de l’Histoire», notamment les dirigeants de l’assembleur italo-autrichien Magna Steyr Torino, qui collabore régulièrement avec Jeep, BMW ou Aston Martin, avec lesquelles il décrit son projet. Ses interlocuteurs à Steyr sont séduits; Debbas sait alors que son projet est viable, qu’il a une chance d’aboutir, sans savoir cinq ans plus tard que Steyr serait l’un des piliers de son entreprise. Fort de ces assurances, Debbas se lance en 2010, avec son équipe d’ingénieurs et de designers, dans l’élaboration du concept-car qui deviendra la Lykan Hypersport. Il présente ses plans en Autriche et en Italie, à la recherche de consultants techniques et de fournisseurs d’équipements pour mener à bien la production de son véhicule. Debbas entraîne avec lui RUF Automobile, l’assembleur allemand de Porsche.
Avec le partenariat économique de Steyr et de RUF, qui font autorité dans le monde de l’auto, et l’équipe de concepteurs réunie autour de Ralph Debbas, la première marque automobile sportive de luxe peut enfin voir le jour. Steyr s’est occupé de la fabrication, RUF de la motorisation et des trains roulants et StudioTorino du design et de l’aérodynamisme. Avec ce pedigree, rien d’étonnant à ce que la Lykan Hypersport, qui sera produite à cinq ou sept exemplaires, ait une valeur estimée à plus de trois millions de dollars, ce qui en fait la voiture la plus chère au monde. Les attentes étaient grandes. Les premières images de Lykan apparaissent à la mi-juillet. Elles montrent une voiture de sport survitaminée aux lignes tranchées.
A Beyrouth en décembre et au Qatar Motor Show de la fin janvier, W Motors a mis fin au suspense. Moteur, design et exclusivité, voilà les trois critères du cahier des charges du nouveau constructeur. Et pour concurrencer la Bugatti Veyron ou la Lamborghini Aventador, il fallait viser haut. Le contrat est largement rempli.
Côté design, on est loin des créations maladroites exotiques et souvent destinées à rester des illustrations virtuelles. Un peu de Marussia par-ci, de Zenvo ST1 par-là voire de l’avion F-117 Nighthawk, et vous obtenez la Lykan. On appréciera la jolie signature visuelle en forme de boomerang faite par les feux arrière ou le museau puissant et volontaire qui participe à l’allure sportive de l’ensemble. Chaque auto profite d’une signature lumineuse combinant diodes et diamants incrustés unis ou multicolores afin de singulariser chaque exemplaire. Le cockpit profite lui aussi d’une débauche de grand luxe avec cuir de très bonne qualité, belles surpiqûres doublées et dorées à l’or fin, inserts en bois précieux, platine et/ou fibre de carbone agrémentés de quelques pierres précieuses et une édition limitée de la montre Cyrus Klepcys offerte, d’une valeur de 150000 euros, afin d’asseoir la position unique de cette voiture. L’auto disposera d’une instrumentation ultra-technologique faite d’affichage 3D et holographique. Côté moteur, W Motors a misé sur un 6 cylindres à plat à double turbo, développant 750 chevaux et un couple de 1.000 Nm. cela serait suffisant pour propulser la Lykan Hypersport à 100 km/h en seulement 2,8 secondes, avec une vitesse de pointe théorique de 395 km/h. Soit des performances proches d’hypercar avec des spécifications de supercar. Mais l’aventure est loin d’être terminée. W Motors planche déjà sur une SuperSport encore plus performante. Rendez-vous en 2014 et 2015.

Julien Abi Ramia
 

Un premier acheteur
Il était écrit que le premier acquéreur de la Lykan vienne du Moyen-Orient. Le nouveau bolide libanais a réussi à séduire un client de prestige en la personne du prince Jawaan Ben Hamad, fils de l’émir du Qatar, Hamad Ben Khalifa Al Thani, qui est tombé sous le charme de la voiture exposée au Qatar Motor Show. Il est donc le premier à débourser les 3,4 millions de dollars américains que vaut la Lykan. Avis aux amateurs.

 

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Éditorial
La leçon de Ersal

L’incident survenu à Ersal rappelle combien les Libanais font preuve de légèreté en s’impliquant dans le conflit syrien. Quelles que soient les erreurs que la troupe ait pu commettre, et c’est encore à prouver, elle ne peut être empêchée de la sorte de remplir sa mission: l’arrestation d’un terroriste. L’armée n’est pas une machine à tuer, les salafistes-jihadistes le sont. Pour être efficace, l’armée doit être techniquement capable et soutenue politiquement. A Nahr el-Bared, elle a montré une grande capacité d’adaptation à ses faibles moyens et une combativité remarquable. Les obstacles politiques sont dressés tant par certains leaders sunnites que par le Hezbollah. Les premiers voient un complot contre leur communauté chaque fois que l’armée s’en prend à un de leurs coreligionnaires. Si, les cheikhs Salem el-Rifaï, Bilal Dokmak, Omar Bakri et consorts devenaient les principales figures sunnites, les actuels représentants de la communauté devront renoncer aux costumes- cravates, aux barbes bien taillées, aux sièges parlementaires, renoncer tout court à la République au profit d’émirats islamistes qui ne leur pardonneront pas leurs compromissions passées avec les «apostats». Le Hezbollah dresse, quant à lui, deux obstacles. Le premier dit qu’un Etat moderne efficient ne peut s’accommoder d’un dédoublement des forces armées, ou déléguer à un parti son droit souverain à déclarer la guerre. Le second obstacle est motivé par la peur du Hezbollah et des chiites d’être la cible d’une guerre menée par ces mêmes jihadistes. Cette peur s’est amplifiée depuis le 11 septembre, l’invasion américaine de l’Irak et la guerre en Syrie, où l’on entend crier, avec passage à l’acte, la haine des chiites. Cette peur est légitime, tout autant pour les chrétiens que pour les druzes. Mais ce ne sont pas les missiles Zalzal, capables d’atteindre Tel-Aviv qui les protégeront. Les salafistes-jihadistes appartiennent à deux écoles. D’abord, les internationaux, les universels, ceux qui pensent que le monde leur appartient comme un don de Dieu. Il ne leur importe pas de contrôler impérativement un territoire. L’invasion physique n’est qu’un des multiples moyens d’imposer - ce qui est essentiel à leurs yeux - la loi de Dieu comme ils l’ont pervertie. On a vu comment ils se sont évaporés au Mali face à l’armée française sans avoir, ou si peu, combattu. Ils reviendront secrètement, pour appliquer leurs lois, cette fois par la terreur, leur moyen le plus efficace. Bref, le scénario du XIIIe siècle où les mamelouks envahissaient et vidaient le Kesrouan, sabrant, indistinctement, chiites, druzes et chrétiens, n’est plus d’actualité.  Contre cet ennemi mobile et caché, seule une armée et ses services de renseignements, détentrice unique des armes létales, acceptée et aidée par toute la population, peut arrêter ceux qu’elle juge suspects. L’expérience américaine en est la démonstration. Occupant le territoire afghan, l’Amérique, malgré ses moyens, n’a pu venir à bout des taliban. Par contre, sur son territoire, la force américaine a, depuis 2001, déjoué tous les attentas en gestation. L’autre genre de jihadistes est celui des nationaux. Pour les combattre, les mêmes arguments concernant l’armée peuvent être répétés. Mais de plus, ces jihadistes attachés à un territoire ne peuvent survivre que s’ils parviennent à se fondre dans une population qui leur est favorable. Or, le Hezbollah aide à rendre le milieu sunnite favorable aux jihadistes. En plus d’être accusé de concurrencer l’armée, des affaires crapuleuses touchent des proches de ses dirigeants. L’opération du 7 mai baptisée «Journée glorieuse» et l’épisode des «chemises noires» étaient humiliants pour la communauté sunnite. Sa participation aux combats en Syrie aux côtés d’un régime accusé de despotisme à l’égard des sunnites, la met mal à l’aise. Il suffit pour s’en convaincre de lire les communiqués laconiques qui annoncent la mort de l’un de ses combattants, sans préciser sa mission ou le lieu de son décès. Les héros de 2006 du Hezbollah doivent se retourner dans leurs tombes. Enfin, son implication supposée dans l’attentat contre des Israéliens en Bulgarie le dessert dans son différend avec l’Occident. Pour toutes ces raisons, pour faire face tant aux menaces physiques que politiques, le Hezbollah ne pourra se défendre que s’il s’accorde à la normalité institutionnelle de tout parti politique; s’il cesse de prétendre à un particularisme, quelles qu’en soient les motivations. Il se sauvera et le Liban avec, permettant une meilleure action contre le terrorisme et la lente désintégration de la République. Pourquoi insister sur le Hezbollah? C’est parce qu’il est le seul à pouvoir beaucoup donner, faire la différence, tout en gardant les acquis d’une communauté longtemps négligée.


 Amine Issa
   

Santé

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