Personnel soignant. Indispensables infirmières
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Nº 3100 du vendredi 5 avril 2019

Personnel soignant. Indispensables infirmières

 
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Cette année l’Ordre des Infirmiers/ères au Liban a reçu pour la première fois le International WorkForce Forum (WFF) pour discuter de la profession dans le pays. L’occasion de faire le point sur un métier souvent déconsidéré mais pourtant indispensable.
 

Ils sont la cheville ouvrière des hôpitaux, cliniques et autres établissements de santé. Pas seulement pour prodiguer des soins, mais aussi pour accompagner les patients tout au long de leur convalescence, établir des diagnostics, faire de la prévention etc.. Représentés au Liban par le syndicat de l’Ordre national des infirmiers/ères, ils doivent s’acquitter d’une cotisation annuelle qui leur permet de travailler légalement. En février 2019, le syndicat recensait 15 863 infirmiers. Toutefois, ceux considérés «en activité» pour l’année 2018 est de 11 322. Selon le Dr Myrna Abi Abdallah Doumit, présidente de l’Ordre des infirmiers au Liban, la profession d’infirmier connaît un léger recul dû à des conditions de travail de plus en plus difficiles. «Dans certains hôpitaux, nous avons des infirmières qui travaillent plus de 12 heures par jour ce qui n’est pas acceptable. Dans d’autres, il y a énormément de patients, parfois 10, 13 ou 15 par infirmier. Ce ne sont pas de bonnes conditions en matière de soins de santé car cela pourrait pousser les infirmiers au surmenage et donc leur faire commettre des erreurs dans les soins qu’ils procurent, ce qui mettrait en danger les patients». C’est précisément ce que l’Ordre veut éviter en protégeant les droits des infirmiers. «C’était l’objet des discussions que nous avons eues lors de cette rencontre. Essayer d’avancer pour arriver à un environnement de travail sain et sécurisé pour les infirmiers», indique le Dr Abi Abdallah Doumit.
En ce sens, l’Ordre des Infirmiers au Liban participe à la campagne Nursing now, lancée en collaboration avec l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et le Conseil international des infirmières (CII). Prévue sur trois ans, cette campagne a pour objectif de rehausser le niveau des soins de santé et d’améliorer leur accès à un niveau mondial. Nursing now est basée sur les conclusions du rapport Triple Impact, qui conclut que développer les soins infirmiers dans le monde améliorerait la santé, promouvrait l’égalité des sexes et soutiendrait la croissance économique.
 
Deux défis majeurs
Au Liban, les infirmiers peuvent travailler de jour comme de nuit, mais aussi pendant les vacances, week-ends et jours fériés. Le tout pour un salaire qui varie entre 500 et  1 200 $ selon le lieu de travail et la région d’après le Dr Myrna Abi Abdallah Doumit. «Nous faisons face à deux défis majeurs. D’abord, le revenu des infirmiers qui s’aperçoivent qu’ils ne reçoivent pas un salaire suffisant. Ce n’est pas seulement une perception mais la vérité si nous comparons à d’autres pays et au niveau d’éducation qu’ils ont reçu au Liban. Il en va de notre responsabilité en tant qu’Ordre des infirmiers, de s’assurer de la justesse des salaires, en comparaison aux autres professions au Liban. L’autre point, c’est l’environnement de travail. Nous demandons un nombre d’heures de travail raisonnable qui ne devrait pas dépasser 12 heures d’affilée. Il faut que les infirmiers puissent se reposer d’une tranche de service à une autre et qu’ils n’aient pas d’heures supplémentaires imposées. Enfin, nous demandons un nombre de patients limité par infirmiers. Si le nombre d’heures par patients est augmenté, la condition sine qua none doit être la diminution du nombre de patients».
Le Dr Myrna Abi Abdallah Doumit tient à souligner les difficultés auxquelles l’Ordre est confronté au niveau des hôpitaux publics et privés: «Au Liban, il y a deux espaces de travail pour les infirmiers: les établissements publics et privés. Pour les hôpitaux publics, le nombre d’heures de travail a été réduit à 35 heures et les salaires ont été augmentés, tandis que dans le privé, les infirmiers travaillent toujours
40 à 42 heures par semaine. Toutefois, pour les hôpitaux publics cela ne veut pas dire que les nouveaux salaires et aménagements horaires sont appliqués: ils sont pour la plupart autonomes et décident d’appliquer ou pas le décret du gouvernement. Quant aux hôpitaux privés, leur syndicat rapporte que le gouvernement ne leur verse pas les cotisations de la NSSF et qu’ils ne peuvent donc pas augmenter les salaires. Nous n’arrêterons pas jusqu’à ce que nous obtenions les droits des infirmiers».
 
Pénurie d’infirmiers
Face à ces difficultés, de nombreux infirmiers préfèrent quitter le Liban. «Certains émigrent pour les raisons que je viens d’évoquer, salaire, conditions de travail et pour lesquelles les infirmiers n’ont pas trouvé de solutions au Liban. Certains partent car ils ont de meilleures opportunités à l’étranger, d’autres souhaitent poursuivre une formation de qualité supérieure». Ce manque d’attractivité pour la profession fait qu’elle connaît un certain recul au Liban, certaines régions souffrant plus que d’autres: au Liban-sud avec seulement 725 infirmières (soit 6,40%), 885 dans le gouvernorat de Nabatieh (soit 7,82%), tandis que Beyrouth compte 2971 infirmiers, soit 26,24% (chiffres de 2018 sur le site de l’Ordre des infirmiers au Liban).
Pour le Dr Myrna Abi Abdallah, c’est un cercle vicieux «Plus les conditions de travail sont mauvaises et les salaires sont précaires, moins les étudiants choisiront cette profession. Cependant, il serait dommage de n’en voir que la part sombre. Par exemple, la profession d’infirmier apporte une certaine flexibilité. Si vous n’êtes pas quelqu’un du matin, vous pouvez choisir de travailler l’après-midi, ou si vous ne pouvez/souhaitez pas travailler l’après-midi vous pouvez choisir de travailler la nuit. Le métier d’infirmier est aussi un passeport international pour les jeunes personnes qui souhaitent voyager! Cela donne l’opportunité de se rendre dans beaucoup de pays différents. C’est une profession qui apporte beaucoup».
Pour Howard Catton, Directeur de la politique des Soins de santé au (CII) basé à Genève, le rôle d’infirmier va bien au-delà des simples représentations populaires. «Le rôle d’un infirmier est certes de prendre soin, de veiller sur les personnes quand elles sont malades, mais aussi de les informer sur leur état de santé, les éduquer et les conseiller afin qu’ils soient en bonne santé et qu’ils le restent. Les infirmiers sont présents tout au long de notre vie, de la naissance jusqu’à la mort. Majoritairement les gens imaginent que les infirmiers ne travaillent que dans des hôpitaux, mais vous trouvez aussi des infirmiers dans des entreprises, des usines, dans l’armée, sur des bateaux de croisière … De plus en plus, les infirmières sont les premiers points de contact en matière de soins de santé. Quand vous allez dans des pays où l’accès aux soins est difficile, la première personne qui vient à vous est une infirmière».

Marguerite Silve

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Éditorial
Ces mafias qui nous gouvernent

La situation économique et financière a atteint un tel bas-fond que l’édifice risque de s’écrouler sur tout le monde. Le cercle vicieux déficit/dette/hausse des taux d’intérêt/baisse de la consommation/chômage risque de se refermer durablement si des mesures d’urgence ne sont pas adoptées. Pour ne prendre que l’exemple de l’électricité, chaque mois qui s’écoule coûte au Trésor 160 millions de dollars. Le temps est compté, et pourtant, les dirigeants ne semblent pas pressés. Le gouvernement a été formé il y a maintenant plus de deux mois et il n’a encore pris aucune décision sérieuse susceptible de freiner la chute. Celle-ci sera tellement brutale que le pays aura du mal à s’en remettre. Ce n’est plus de l’incurie mais carrément de l’irresponsabilité qui s’apparente à une haute trahison. Tous savent que le pays n’a jamais traversé une situation économique et financière aussi mauvaise, même du temps de la guerre civile. Malgré cela, ils continuent à palabrer, à polémiquer, à se livrer à leur jeu favori de la surenchère stérile et destructrice. Ce n’est plus de l’insouciance mais une perverse complicité avec ces mafias sectorielles qui contrôlent des pans entiers de l’économie et du commerce, et qui font des milliards, dans l’illégalité et l’impunité les plus totales, au détriment du portefeuille et de la santé de centaines de milliers d’honnêtes citoyens, qui, malgré leur dur labeur, ne parviennent plus à boucler leurs fins de mois. Sinon comment expliquer les tergiversations, les lenteurs, le laxisme et autres travers qui rythment l’action (ou faut-il dire l’inaction!) de ceux qui nous gouvernent? Pour ne parler que des générateurs privés, ceux-ci génèrent (en plus des particules hautement polluantes) entre un milliard et un milliard et demi de dollars par an. Cette manne providentielle est appelée à tarir progressivement puis à disparaître définitivement si le plan de réhabilitation du secteur de l’électricité est mis en œuvre comme prévu. Les propriétaires sans scrupules de ces générateurs, qui n’ont pas hésité, il y a quelques mois, à plonger 4 millions de Libanais dans l’obscurité pour faire pression sur l’Etat, accepteront-ils candidement de fermer boutique? Certains d’entre eux n’ont-ils pas comme partenaires, ou comme complices ou protecteurs, des hommes politiques hauts placés? N’utiliseront-ils pas leur influence, achetée à coups de pots-de-vin et autres cadeaux pernicieux, pour saboter le plan de réhabilitation de l’électricité? Ce cas de figure, il faut le multiplier par cent, par mille peut-être, pour d’autres secteurs de l’économie, du commerce et des finances. Tant que les passerelles ne sont pas coupées entre les mafias et les dirigeants, tant que le tri n’est pas fait entre les affairistes et les hommes d’Etat, l’espoir de voir un véritable changement s’amorcer dans le pays reste mince.


 Paul Khalifeh
   

Santé

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