Moyen-Orient
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Nº 2979 du vendredi 12 décembre 2014

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Arabie saoudite
Coupes budgétaires

Le plongeon des prix du pétrole provoquerait des coupes dans le budget de l’Arabie saoudite, les premières depuis 2002. Mais ces coupes ne seraient pas d’une ampleur à compromettre la croissance de la plus grande économie d’un pays arabe dans le monde. Les revenus du gouvernement proviennent à 90% de l’exportation du pétrole. Un équilibre du budget du royaume wahhabite nécessiterait que le prix du baril de pétrole soit au-dessus de 90 $. Le baril de Brent a reculé de 115 $ en juin dernier à près de 67 $ à la 1ère semaine de décembre. Si ce prix devait se maintenir, le projet de budget pour 2015 enregistrerait un déficit. Les prévisions du Fonds monétaire international avaient fait état d’un surplus fiscal de 1,6% du PIB en 2015. Les économistes du secteur privé évoquent un déficit de plus de 1%. Ils ne s’attendent pas à des coupes budgétaires significatives dans la mesure où le gouvernement a engrangé des réserves fiscales importantes pour couvrir un quelconque déficit. Le royaume a un niveau d’endettement faible qui lui permet d’emprunter facilement sur les marchés financiers.

Bahreïn

Report de la construction d’un parc               
Bahreïn a reporté le lancement des travaux de construction d’un parc à thème comprenant une pente de ski fermée. Le coût du projet s’élève à 52,7 millions $. La mise en marche du chantier n’est pas prévue avant février 2015. Le mégaprojet a été reporté en janvier dernier après que les autorités officielles eurent pris conscience que l’exécution des travaux allait perturber l’infrastructure des égouts et des aqueducs sous le site. Elles ont souligné la possibilité que le développeur du projet, Fouad Shuwaiter, pourrait encourir le paiement d’amendes en raison du retard dans les délais de livraison de l’ouvrage au titre de violation des dispositions du contrat. Shuwaiter a considéré qu’il a le droit de réclamer des dommages et intérêts d’autant que le retard n’est pas de sa faute et que la parcelle de terrain qui lui a été cédée n’est pas appropriée à la construction. Le projet comprend, entre autres, trois centres commerciaux, un business center, un musée aquatique, un gymnasium fermé, un centre de sport, une mosquée et un parcours de karting.

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Éditorial
Le sursaut des mollassons

Avec la mort de Sabah, de Saïd Akl et de Nahawand, disparaît une partie de l’histoire et du patrimoine, qui ont fait la gloire du Liban. Une autre partie a été bradée par une classe politique inconsciente, irresponsable et corrompue, championne des occasions manquées. Si le Liban parvient toujours à vivoter malgré la terrible tempête qui frappe la région, s’il ne s’est pas encore effondré en dépit des vicissitudes, le mérite n’en revient pas à ceux qui le dirigent, mais au capital accumulé tout au long de son histoire. Nous vivons sur les réminiscences du passé qui, il faut le souligner, ne sont pas des ressources intarissables. Un jour, pas très lointain peut-être, ce capital sera épuisé et nous nous retrouverons, alors, complètement démunis, impuissants et vulnérables. Aspirant à l’éternité, cette classe politique a verrouillé le système pour nous empêcher de l’expulser par la fente des urnes. Son dernier fait d’armes a été l’autoprorogation, pour la deuxième fois consécutive, du mandat du Parlement. Elle ne semble pas pressée, non plus, d’élire un président de la République, car à ses yeux, le vide reste plus facile à gérer que d’éventuels changements, aussi minimes soient-ils, que pourrait apporter un nouveau mandat présidentiel. Ce sont toujours quelques mois de gagnés dans son inlassable marche vers l’immortalité. Mais l’heure est grave. Les circonstances actuelles que traverse le Liban sont inhabituelles. L’énormité des enjeux et le caractère existentiel des dangers qui planent sur la région, y compris sur le Liban, ne laissent plus de place aux mesquines manœuvres politiciennes. La cupidité, l’avidité et la rapacité ne peuvent plus être le moteur de la vie politique. Bientôt, il ne restera plus rien à ingurgiter. On ne peut certes pas demander à la classe politique de se débarrasser de ses instincts de prédateur, elle en est incapable. Elle peut, cependant, écouter l’un de ces instincts, celui de la conservation, dont elle ignore les appels du pied, qui deviennent, pourtant, de plus en plus lancinants. Avec ce qui se passe dans la région, nos politiciens locaux, malgré tous leurs talents de prédateurs, risquent bien de se retrouver au bas de la chaîne alimentaire. Aujourd’hui, la possibilité d’un déblocage de la présidentielle se présente. Ce ne sont évidemment pas eux qui ont noté l’existence de cette «window of opportunity», mais les émissaires étrangers qui ont débarqué au Liban ces derniers jours et ceux qui y sont attendus. Les Français pensent que le dialogue annoncé entre le Hezbollah et le Courant du futur pourrait assurer des circonstances propices à l’élection d’un président de la République, en partant du principe qu’il est possible de séparer cette échéance des nombreux dossiers litigieux entre l’Iran et l’Arabie saoudite. Un tel scénario s’est déjà produit. En effet, l’élection de Michel Sleiman, en mai 2008, était le fruit d’un accord régional partiel, portant uniquement sur cette question. D’aucuns diront que l’élection de Sleiman était aussi le résultat d’une modification des équilibres internes, après le coup de force du Hezbollah contre le gouvernement de Fouad Siniora. C’est exact. Mais les rapports de force actuels ne sont-ils pas le fruit de l’intervention du Hezbollah en Syrie, qui a changé complètement la donne, depuis la bataille de Qoussair? Les chrétiens, car ce sont eux les principaux concernés par la présidentielle, doivent saisir cette occasion pour conclure, entre eux, un accord historique sur la question. Sinon, ce sont les autres qui le feront à leur place. Ils iront alors se lamenter, comme un mari trompé. Leur affliction sera d’autant plus grande qu’ils avaient été prévenus, mais n’avaient voulu rien entendre.


 Paul Khalifeh
   

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