195 pays à la COP21. Enjeux et perspectives d’un sommet planétaire
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Nº 3030 du vendredi 4 décembre 2015

195 pays à la COP21. Enjeux et perspectives d’un sommet planétaire

 
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    195 pays à la COP21. Enjeux et perspectives d’un sommet planétaire
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La 21e Conférence de l’Onu sur les changements climatiques, alias COP21, aura déjà réussi le tour de force de rassembler 195 pays à Paris. Réussiront-ils pour autant à accorder leurs violons pour limiter le réchauffement climatique? Réponse le 11 décembre.
 

Depuis lundi 30 novembre, la Ville lumière se retrouve, une fois de plus, sous le feu des projecteurs. Cette fois, ce n’est pas d’attaques terroristes dont on parle, mais de protection de la planète. Cette 21e Conférence de l’Onu sur les changements climatiques, qui rassemble pas moins de 150 chefs d’Etat et de gouvernement et 195 délégations de pays au compteur, affiche des objectifs ambitieux. Si la performance est à saluer, elle est aussi à mettre en rapport avec l’urgence des décisions à prendre pour lutter contre le réchauffement climatique. Surtout quand on sait que 2015 n’est pas encore finie, qu’elle est, d’ores et déjà, l’année la plus chaude de l’histoire de l’humanité.
 

L’Inde traîne les pieds
Au premier jour de la  COP21, les chefs d’Etat et de gouvernement qui se sont succédé à la tribune, ont, en apparence, affiché une unité sans faille. L’objectif à atteindre vise à limiter le réchauffement à +2 degrés. «Les bons sentiments, les déclarations d’intentions ne suffiront pas. Il s’agit de décider ici, à Paris, de l’avenir même de la planète», a ainsi prévenu, dès l’ouverture, le président français François Hollande. Un discours repris par le secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-Moon, qui a exhorté l’assemblée à répondre aux défis climatiques avec «courage et vision», rejetant les «demi-mesures». Le président américain, Barack Obama, a, quant à lui, plaidé pour une stratégie à long terme, louant les progrès des technologies propres, mais sans toutefois s’avancer sur des contraintes qui pourraient être inclues dans un futur accord. enfin, son homologue russe, Vladimir Poutine, a défendu sa propre politique de développement des énergies renouvelables ou de réduction des gaz à effet de serre, tout en soutenant les objectifs de la COP21.
D’autres pays qui comptent se sont aussi remis dans le bain des négociations. La Chine, qui détient la première place au classement des pays émetteurs de gaz à effet de serre dans le monde, semble toujours aussi motivée, tandis que le Canada est finalement revenu dans le jeu, annonçant des financements importants. En préalable au sommet, rappelons que pas moins de 183 pays ont déjà publié leur plan chiffré de réduction des émissions de gaz à effet de serre, ce qui engloberait 95% des émissions mondiales. Malheureusement, ces engagements ne suffisent pas pour tenir le cap des +2 degrés de réchauffement de la planète que la COP21 ambitionne.
L’Inde, troisième grand émetteur de gaz à effet de serre derrière la Chine et les Etats-Unis, traîne les pieds. Pour le président indien Narendra Modi, visiblement sur la même longueur d’onde que la Chine, les pays développés doivent assumer leurs «responsabilités» et leurs «engagements» à financer les politiques climatiques du Sud, tandis que les pays en voie de développement doivent être, selon lui «autorisés à se développer».

 

Financements Nord-Sud
Les dirigeants du continent africain, eux, attendent des pays du Nord des réparations financières. L’Afrique n’est en effet responsable que de 4% des gaz à effet de serre de la planète, mais paie pourtant le prix du réchauffement climatique. Les pays de l’Opep pourraient aussi donner de la voix, eux dont les revenus sont plombés par la chute du prix du baril, si un accord trop ambitieux ou trop contraignant venait menacer leurs intérêts.
Jusqu’au 11 décembre, les pays réunis devront s’accorder sur un texte d’une cinquantaine de pages. Avec cinq chapitres tout aussi importants les uns que les autres: objectif de long terme de réduction des émissions de gaz à effet de serre, adaptation au changement climatique, financements des politiques climatiques des pays du Sud, mécanisme pour réviser régulièrement à la hausse les engagements des pays, etc.
Sur le papier, l’accord semble évident. Mais quand on y regarde de plus près, les points de désaccord sont nombreux. En effet, selon le niveau de dépendance aux énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz), le stade de développement et les ressources des pays, les positions des négociateurs sont parfois très éloignées. Les pays dits «insulaires», qui sont déjà en «état d’urgence climatique» face à la montée des eaux, souhaitent, bien évidemment, des mesures fortes et une mise en œuvre rapide. En revanche, les pays pétroliers, comme les monarchies du Golfe, ou les pays charbonniers, comme l’Australie, se montrent plus réticents, car cela remet en cause leurs intérêts. C’est aussi le cas de l’Inde qui doit fournir de l’électricité à 300 millions de personnes et combattre la pauvreté galopante, qui mise aussi beaucoup sur le charbon, acté comme l’énergie la plus polluante.
Si une dynamique nouvelle et optimiste semble animer cette COP21, il n’est pas dit que le 11 décembre, un accord parfait sera trouvé. Les grandes puissances réunies pourront-elles amorcer un virage historique afin de se détourner des ressources fossiles, qui sont à l’origine du réchauffement inédit de la planète?
Pour convaincre les pays du Sud, ceux du Nord devront leur garantir des financements pour qu’ils puissent poursuivre leur développement avec des énergies propres, tout en affrontant les conséquences du changement climatique (montée des océans, fonte des glaciers, multiplication des événéments météo extrêmes, baisse de la productivité agricole, etc). En 2009, lors du Sommet sur le climat de Copenhague, les pays riches avaient promis de mobiliser 100 milliards de dollars par an d’ici 2020 pour financer la transition des pays pauvres vers des économies bas-carbone. Une promesse que les pays en développement attendent de voir concrétiser. Rendez-vous donc le 11 décembre pour savoir si la dynamique sera suivie d’effets concrets ou pas.

Jenny Saleh
 

Le cas de l’Arabie saoudite
L’Arabie saoudite n’est pas le seul pays producteur de pétrole à traîner les pieds à la COP21. Bien qu’ayant compris que la transition énergétique est inéluctable, le royaume wahhabite pourrait, en revanche, chercher à la ralentir. En empêchant notamment l’inscription d’une date pour l’arrêt de la consommation des énergies fossiles. La limite maximale de réchauffement de 2° Celsius ne l’enthousiasme pas non plus, pour les mêmes raisons.
Par ailleurs, l’Arabie saoudite n’est pas prête à mettre la main à la poche pour aider les pays pauvres. Bref, autant dire que la modeste contribution rendue par le pays en novembre lui a valu un bonnet d’âne de la part du Climate Action Tracker, dont les chercheurs estiment que Riyad doit quadrupler ses objectifs s’il veut atteindre la moyenne des pays. D’autant que le royaume saoudien subit, lui aussi, de plein fouet les conséquences du dérèglement climatique, comme l’ont montré les pluies diluviennes de ces dernières semaines.

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Éditorial
Frangié ou le chaos

La question de l’élection présidentielle a confirmé que les chrétiens du Liban ne sont plus ces preneurs d’initiatives, ces rassembleurs de la nation, ces dynamiseurs, capables d’innover, d’imaginer, d’entreprendre et de rallier les autres partenaires à leurs idées. On le savait depuis déjà trois décennies, mais on continuait à espérer un changement des mentalités et des habitudes, des actes et des paroles. Dix-sept mois de vacance présidentielle étaient amplement suffisants pour qu’ils tentent de se repositionner sur l’échiquier national, qu’ils se libèrent de leur condition de suiveurs et redeviennent des décideurs, qu’ils recommencent à peser dans la balance. Ils auraient pu facilement y parvenir en s’entendant entre eux sur un candidat unique à la présidentielle et en portant son nom aux autres partis, qui n’auraient eu ni le courage ni la possibilité de le refuser. En vain. Certains leaders sont restés prisonniers de leur ego démesuré, de leur entêtement légendaire et de leur myopie politique. Au lieu de faire l’événement, ils l’ont regardé venir, initié par les autres et, aujourd’hui, ils en subissent les conséquences.Les autres, c’est Walid Joumblatt, qui s’est réservé une place de choix dans l’équation présidentielle dès la première heure, en présentant son propre candidat, Henri Hélou. C’est Saad Hariri, qui a fait mine d’appuyer la candidature de Samir Geagea tout en négociant la présidence avec Michel Aoun, avant de se rétracter et de passer au suivant… C’est aussi Nabih Berry, qui avait en réserve son candidat caché et qui imaginait, pendant tout ce temps, le scénario de sortie de crise et se donnait les moyens de le concrétiser. Entre-temps, les leaders chrétiens se neutralisaient mutuellement et attendaient que leurs alliés respectifs fassent pencher la balance en leur faveur. Ils se sont barricadés derrière des attitudes négatives, si bien qu’ils sont tombés des nues lorsqu’ils ont appris le projet de candidature de Sleiman Frangié. Ils en ont avalé leur langue. Que peuvent-ils dire du leader du Liban-Nord? Qu’il n’est pas représentatif, qu’il est manipulé, inféodé à telle partie locale ou tel pays régional? Ils savent très bien que cela est inexact. Lui reprocher d’avoir été «choisi» par Saad Hariri est encore moins vrai, car Sleiman Frangié, est, avant tout, le choix de l’Eglise maronite, qui l’a placé parmi les «quatre présidentiables forts», avec l’accord des autres «pôles» chrétiens.Berry, Hariri et Joumblatt ont le mérite d’avoir saisi le moment opportun pour lancer, défendre et vendre, au Liban et à l’étranger, l’option Frangié. Les leaders chrétiens, eux, ont semblé complètement déconnectés des réalités régionales et internationales. Ils n’ont pas vu qu’une «window of opportunity» s’était entrouverte, et qu’il fallait s’y engouffrer avant qu’elle ne se referme, pour prendre l’initiative et se replacer, ainsi, au centre de l’échiquier national. Comme, il y a un an et demi, ils auraient dû faire bloc derrière la candidature de Michel Aoun, ils doivent, aujourd’hui, choisir Sleiman Frangié, quitte à appuyer, demain, Samir Geagea ou Amine Gemayel.Sleiman Frangié n’est pas encore président et il se peut qu’il ne le devienne pas, même si les indices plaidant en faveur de sa candidature se multiplient. Mais une chose est sûre, si les leaders chrétiens choisissent la voie de l’autodestruction, le vide pourrait s’éterniser.De là à dire que les Libanais sont confrontés à l’équation Frangié ou le chaos, il n’y a qu’un petit pas à franchir.


 Paul Khalifeh
   

Santé

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