Les droits des handicapés au Liban. Une loi restée lettre morte
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Nº 2913 du vendredi 6 septembre 2013

Les droits des handicapés au Liban. Une loi restée lettre morte

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    Les droits des handicapés au Liban. Une loi restée lettre morte
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L’Observatoire des droits des handicapés a présenté, récemment, son premier rapport sur les violations de ces droits au Liban. Il en relève de très nombreuses et dénonce l’absence de mesures efficaces pour appliquer la loi en vigueur.
 

Il n’existe pas de données officielles sur le nombre des handicapés au Liban. Le ministère des Affaires sociales l’estime à 4% de la population libanaise, alors que l’Organisation mondiale de la Santé le situe entre 7 et 10%. Mais ces chiffres sont en dessous de la réalité en raison de l’absence de déclaration des cas de handicap. Les chiffres du ministère des Affaires sociales ne donnent que le nombre et les besoins des personnes ayant obtenu leurs cartes d’identification.
Grâce aux efforts du mouvement en faveur des droits des handicapés au Liban, la loi 220 les concernant a été votée en 2000. Elle accorde six ans à l’Etat pour transformer le pays en espace accessible à ces personnes. Ce qui n’est toujours pas le cas, treize ans après l’adoption de la loi. Le Liban n’a pas encore non plus ratifié le traité international de l’Onu sur le droit des handicapés.

 

L’accès à la santé
De mars à septembre 2012, plusieurs violations de la loi ont été recensées. Les plus importantes concernent l’accès aux services de santé, le refus de personnes handicapées dans des hôpitaux, la non-fourniture d’équipements nécessaires et les difficultés pour recevoir les cartes de handicapés, ainsi que la non-adaptation de nombreuses écoles et universités à leurs besoins et  celle des infrastructures publiques.
Le rapport souligne aussi de très nombreux cas de discrimination à l’égard des handicapés, tels, entre autres, les refus de prêts pour le logement, de l’embauche dû à leur condition physique et de l’obtention d’une assurance vie.

 

Enseignement et emploi
La loi 220 prévoyait des facilités de transport pour les personnes handicapées. Rien n’a été fait dans ce sens. Certains établissements sont équipés d’ascenseurs et de rampes, d’autres ne possèdent toujours pas d’accès adaptés. La possibilité d’obtenir une voiture équipée pour le handicapé n’est pas assurée. Ces personnes trouvent également des difficultés à se garer, les parkings n’ayant pas toujours respecté l’espace qui leur est réservé.
Cette même loi devait également permettre aux handicapés de bénéficier d’un accès total à l’enseignement et à l’emploi. Le ministre de l’Education a mis en place des plans et une organisation pour les intégrer à l’école publique, mais aucune amélioration n’a été enregistrée.
Pour le travail des handicapés, la loi 220 prévoit que les employeurs du secteur privé doivent embaucher au moins un handicapé lorsque le nombre d’employés se situe entre trente et soixante, et 3% du personnel lorsqu’il y a plus de soixante employés dans l’entreprise. Cependant, cette mesure est loin d’être respectée.
Un programme du ministère des Affaires sociales pour soutenir les handicapés ne couvre qu’environ 10 % du nombre total de ces personnes. Des mesures plus adaptées sont réclamées. Une restructuration du budget de l’Etat est recommandée pour la réaffectation de budget à l’aide aux personnes handicapées.

Arlette Kassas

Quelques chiffres
Depuis 1995, une carte d’invalidité est livrée par le ministère des Affaires sociales. A la fin de l’année 2011, le nombre cumulatif des cartes individuelles délivrées est de 77 000.
Le taux de handicap est plus élevé chez les hommes, soit près de 63%. 45% des handicapés se situent dans la tranche d’âge entre 6 et 34 ans et environ 30% dans la tranche d’âge entre 35 et 65 ans.
Le Mont-Liban compte le plus haut taux de personnes handicapées, soit près de 36% suivi par la région du Liban-Nord avec 18%. Quatre types de handicaps sont recensés, moteur, mental, auditif et visuel avec un taux élevé pour les handicaps moteurs. (Source: ministère des Affaires sociales-Programme accès et droits).

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Sommes-nous condamnés à vivre au rythme des humeurs belliqueuses de nos voisins: celui que certains considèrent ami et celui qualifié d’ennemi par tous? Le Liban, terre d’accueil certes, mais dorénavant pour des touristes d’un genre particulier. Nous avons connu, il y a quelques décennies, un flux de Palestiniens, chassés de leurs terres par un envahisseur arrogant et fort de ses alliances occidentales. Ils n’ont pas tardé à prendre conscience de la faiblesse du pouvoir dans le pays hôte. Ils ont vite fait de quitter les tentes, dites provisoires, pour se regrouper dans des logements en béton dans toutes les régions. Conscients de l’absence d’institutions et de véritables autorités, armés par ceux qui espéraient régler leur problème en leur assurant un pays de rechange au Liban, ils se sont posés en pouvoir absolu, allant jusqu’à prendre en charge non seulement leur propre sécurité, mais celle de tous les citoyens et à leur imposer des barrages de contrôle au vu et au su des forces de l’ordre et des dirigeants. Plus récemment, le Liban, toujours sans frontières, après avoir été longtemps dominé par Damas avant que ses troupes ne soient expulsées en 2005, reçoit des réfugiés dont le nombre semble difficile à déterminer. Les chiffres valsent et la misère se creuse un peu plus au fil des mois. Cela dure depuis plus de deux ans. Des familles entières, celles qui ne peuvent pas échapper aux massacres, sont décimées sans pitié. Le nombre de morts ne se décompte plus au milieu d’un assourdissant silence international. Il a fallu parler de l’utilisation d’armes chimiques pour que l’hypocrisie du monde éclate au grand jour. L’horrible spectacle des cadavres gazés a réveillé ceux qui, depuis plus de deux ans avaient assisté, indifférents, à l’exode massif des centaines de milliers de Syriens démunis, à la peur qu’on lit sur les visages d’enfants, aux blessés en mal de soins dont les photos remplissent les écrans de télévision et les «Une» des journaux. Mieux vaut tard que jamais, pourrait-on dire. Mais le résultat n’a fait que prouver la faillite des grandes puissances. Celles-ci victimes, dit-on, de leur démocratie ont affiché leur fragilité. N’auraient-elles pas dû prendre le temps de la concertation et de la réflexion avant de promettre une intervention improvisée et provoquer une panique incontrôlable qui a gagné, non seulement les citoyens syriens, mais tous ceux des pays frontaliers et, à leur tête, le Liban? Qu’entend-on par frappe punitive? Comment peut-on éviter les dégâts collatéraux? Pourquoi a-t-on suscité cette tension qui accompagne l’attente des décisions de ceux qui possèdent le droit de vie et de mort sur des hommes, des femmes et des enfants? Au Liban, pays aux frontières ouvertes à tout vent, l’annonce d’une possible frappe occidentale sur la Syrie, a fait fuir, non seulement les étrangers, mais surtout ceux qui hésitaient encore à quitter leur terre. Le rush sur les avions en direction des Emirats ou d’autres pays lointains, en est la preuve évidente. Les écoles perdent leurs élèves qui occuperont les bancs d’autres écoles sous des climats plus cléments. Les universités ne sont pas mieux loties. La saison touristique a été étouffée dans l’œuf et l’économie s’effondre un peu plus, même si les responsables des institutions financières, dont la Banque du Liban, se veulent convaincants dans leurs prévisions. De tout cela n’en sommes-nous pas responsables? Une frange importante de la population ne s’est-elle pas volontairement impliquée dans une crise qui ne nous concerne en aucune manière? Une démocratie «consensuelle» qui a toujours empêché l’entente sur des sujets plus ou moins cruciaux, une société qui n’a pas la compétence d’élire ses représentants, un gouvernement compliqué, pour ne pas dire impossible, à former, un mandat présidentiel dont certaines voix commencent à mettre en doute une relève. Si le chef de l’Etat multiplie les déclarations toujours plus fermes, il n’en reste pas moins que le pays va à la dérive, qu’il se vide de son sang tandis que, par miracle, la vie continue et avec elle les festivals qui défient la sinistrose ambiante. Les appels au dialogue ont-ils encore un sens?


 Mouna Béchara
   

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