Adnan Kassar honoré par la Chine. «Pour que le Liban regagne sa place historique»
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Nº 3038 du vendredi 29 janvier 2016

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    Adnan Kassar honoré par la Chine. «Pour que le Liban regagne sa place historique»
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Le prestigieux prix chinois China Arab Friendship Outstanding Contribution Award a été décerné à Adnan Kassar qui, dans une conférence de presse, a exprimé son souhait de voir le Liban consolider sa place sur la route de la Soie.
 

Adnan Kassar a, dans un point de presse, entouré d’une importante délégation chinoise, exprimé son bonheur de se voir décerné un prix par le président chinois Xi Jinping. Prix qui lui a été remis au Caire par le président de la République chinoise qui effectuait une visite officielle dans la capitale égyptienne. «Cette reconnaissance prestigieuse, a déclaré Kassar, consacre une page lumineuse de mon cheminement, surtout qu’elle vient du président d’une grande puissance, actuellement l’une des plus influentes du monde. Ce prix couronne le rôle que j’ai joué durant plus d’une soixantaine d’années en participant au développement et à la consolidation des relations arabo-chinoises et libano-chinoises. J’ai eu l’honneur d’être le Libanais qui, en tant que spécialiste dans l’économie, a ouvert les portes du Liban et, à partir de là, celles du monde arabe aux marchés chinois, alors que la Chine souffrait d’un embargo économique étouffant, pendant la période de la Guerre froide». Adnan Kassar a affirmé sa volonté de déployer tous les efforts nécessaires pour que le Liban regagne sa place historique en tant qu’axe principal sur la route de la Soie, «route qui connaît actuellement un regain, dit-il, du fait de la nouvelle vision adoptée par le président Xi Jinping». «Une route qui, poursuit-il, commence en Chine, passe par le Liban et, à travers lui, arrive aux différents pays européens. Parcours qui a débuté avec nos ancêtres phéniciens qui ont brillé dans la fabrication de l’ourjouane, produit utilisé dans la teinture de la soie produite en Chine». Kassar raconte comment son frère Adel et lui-même ont emprunté ce même chemin et permis aux hommes d’affaires arabes d’établir des relations commerciales avec la Chine et d’ouvrir les portes de leurs pays à ses produits.  Il a assuré que ce qui caractérise la Chine, c’est la fidélité à ceux qui la soutiennent dans les périodes difficiles. Dans ce cadre, Adnan Kassar a eu l’opportunité en Egypte de rencontrer la présidente de l’Association for Friendship with Foreign Countries, ministre de la Culture, Li Xiaolin, avec laquelle il a évoqué les moyens de renforcer les relations bilatérales. «La ministre m’a fait part de son souhait de développer la coopération entre le Liban et la Chine, notamment dans les domaines politique, social et culturel», a conclu Adnan Kassar ajoutant: «Je l’ai donc invitée à visiter le Liban, accompagnée d’une délégation officielle. Elle a promis de répondre à l’invitation au plus tôt dès que les circonstances le permettront», une occasion de connaître de près les opportunités qu’offre le pays du Cèdre.

Danièle Gergès
 

Bio en bref  
Adnan Kassar est le président honoraire de l’Union des Chambres de commerce, d’industrie et d’agriculture pour les pays arabes. Il préside également des organisations économiques libanaises et la Fransabank. Avec son frère Adel, il a joué un rôle prépondérant depuis plus d’une soixantaine d’années dans la promotion et le développement des relations entre le Liban et la Chine, mais aussi entre celle-ci et les pays arabes.

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Éditorial
Tous coupables

Nous, citoyens libanais sans exception, sommes tous coupables et méritons la classe, dite dirigeante, que nous avons élue et réélue. Nous sommes coupables d’avoir attendu si longtemps, que cela soit devenu trop tard, pour leur réclamer des comptes que nous n’avons d’ailleurs pas obtenus. Il est vrai qu’une partie de la population a hurlé sa colère, au nom d’une majorité silencieuse, et lancé contre la caste politicienne des accusations de pollution aussi bien morale que politique. A quoi cela a-t-il servi? A des déchets qui s’amoncellent de plus en plus à tous les coins de rues, accompagnés de promesses mensongères, de solutions reportées de mois en mois et même d’année en année, dans un tourbillon de coûts faramineux qui valsent sans cesse laissant, encore une fois, planer des soupçons de magouilles.A des candidats à la présidence, affichés ou potentiels, l’un chassant l’autre, avec autant de succès annoncés pour les uns ou les autres. Et autant d’échecs garantis laissant la place vide. De «l’initiative» de Saad Hariri, laquelle, dit-on, mettait le général Michel Aoun sur le chemin du palais présidentiel, au même Saad Hariri qui, soudain, prenait sous ses ailes le leader des Marada, petit-fils de l’ancien président Sleiman Frangié, la réaction immédiate, et certainement calculée, de Samir Geagea a fait prendre le chemin de Maarab au général Aoun, accompagné cette fois de toute sa smala politique, pour sabler le champagne de la rencontre interchrétienne et à la gloire du supposé futur chef de l’Etat… Dans cet imbroglio, chacun puise ce qu’il veut. Même si les doutes ont la dent dure, tous les souhaits vont vers une réelle réconciliation des deux pôles maronites politiques que rien ne semblait, il n’y a pas si longtemps, devoir rapprocher. Quelles seront les relations futures de Michel Aoun et des principales composantes du 8 mars? A-t-il le feu, sinon vert, du moins orange, de la coalition à laquelle il est allié pour se lancer dans cette aventure? Comme on ne peut pas croire que Samir Geagea se soit passé d’un assentiment, aussi discret qu’il puisse être, de ses alliés du 14 mars. A ce sujet, les démentis vont bon train, chacun assurant sauvegarder ses affinités politiques, ce qu’on peut difficilement croire et, peut-être surtout, se faire accepter par les alliés de l’un ou l’autre. Tout cela en attendant qu’émerge de la manche d’on ne sait quel courant, un troisième prétendant à un fauteuil qui n’est pas près d’être occupé. Rares sont les optimistes, les plus crédules, qui y croient encore, du moins à court terme.Certains ont jubilé devant le spectacle des larges sourires de la réconciliation de deux leaders que les tendances politiques séparaient depuis une trentaine d’années. Il aura fallu la crise aiguë que vit le pays pour croiser les chemins parallèles de deux adversaires de très longue date. Rien ne nous fera croire, malgré notre ingénuité politique, que l’Esprit saint a éclairé soudain les anciens rivaux et les a fait se retrouver en nouveaux complices sinon en amis.Mais la faiblesse du pouvoir, pour ne pas dire son absence quasi totale, ne peut qu’avoir des répercussions nocives sur tous les secteurs. Le Conseil des ministres censé, selon la Constitution, gouverner en l’absence du chef de l’Etat, est lui-même paralysé par ses contradictions internes.Ne resterait-il à nos «ténors» qu’à se tourner vers l’étranger le plus influent? La Syrie étant hors circuit, il fallait trouver un autre parrain. Est-ce la France de Hollande? N’a-t-elle pas d’autres chats à fouetter? Est-ce l’Iran avec son clair parti pris? Le général Aoun sera-t-il encore un privilégié du camp du 8 mars? Est-il déclassé par Sleiman Frangié? N’y a-t-il pas dans la course à la présidence d’autres candidats au moins aussi valables que les deux chevaux actuellement en piste?Le fait est que, chaque fois qu’un nom est mis en avant, tous les pronostics misent sur un autre gagnant. Et tout est remis en question. Les médias, presse et télévisions, toutes tendances confondues, prévoient et annoncent un report prolongé d’une élection tant disputée. Reste, qui sait, le miracle qui viendrait de la rencontre au Vatican du patriarche maronite et du chef de l’Eglise catholique.Y aurait-il, enfin, de nouvelles coalitions imprévisibles? Les pronostics sont difficiles, mais vont bon train.


 Mouna Béchara
   

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