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Nº 2952 du vendredi 6 juin 2014

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Immobilier. Le Liban est-il propice aux investissements aujourd’hui?

Faut-il investir dans le secteur de l’immobilier aujourd’hui au Liban? Il s’agit d’une éternelle question que se posent les Libanais à moyen revenu. C’est que les domaines d’investissement à caractère conservatif ne sont pas nombreux au Pays du Cèdre. Les Libanais ont l’habitude d’investir dans la pierre. Les économistes ne partagent pas tous un même avis. Les chiffres des premiers quatre mois de 2014 ont montré une amélioration du nombre de transactions sur la même période un an auparavant. Néanmoins, il faut souligner que la moyenne de la valeur par transaction s’est appréciée significativement, passant de 499 948 dollars, fin 2013, à plus de 539 882, fin avril 2014. En revanche, la moyenne de la valeur pour une transaction dans la région du Metn a reculé de 213 584 dollars, fin 2013, à 199 476, fin avril 2014. Sur la même période, la tendance baissière a aussi été enregistrée au Kesrouan. Toutefois, celle-ci est moins sensible, passant de 124 664 dollars, fin 2013, à 120 657, fin avril 2013. «L’investissement dans l’immobilier procure un levier et un moindre risque du placement, mais non pas d’une manière optimale, c’est-à-dire de garantir le retour sur investissement le plus élevé», souligne un économiste qui a requis l’anonymat. «Si vous cherchez à obtenir des revenus quelque peu supérieurs à ceux que vous pouvez obtenir grâce aux intérêts sur les dépôts versés par les banques (un placement conservateur et sûr), vous n’êtes pas en train de réellement opérer un investissement», a ajouté la même source, affirmant par ailleurs que lorsque les promoteurs empruntent pour financer leurs activités, ils ont tendance à vouloir vendre leurs actifs le plus rapidement possible, ce qui entraîne une baisse des prix de l’immobilier. Cet expert a dénoncé la pratique actuelle des promoteurs, qui construisent des tours résidentielles les unes adjacentes aux autres dans certains quartiers et régions, ce qui laisse présager un des deux scénarios suivants: soit la zone devient, à des périodes de l’année, plus ou moins longues «un quartier fantôme», parce que les nouveaux acquéreurs sont des ressortissants étrangers, soit elle se transforme en un «ghetto» regroupant des résidants d’une même tranche sociale, ce qui a pour conséquence de créer un effet de densité de population d’un même niveau social et, surtout, une saturation des prix par rapport à d’autres régions moins populeuses. L’expert recommande tout simplement une diversification de l’offre dans le cadre d’un même quartier, mêlant des espaces de bureaux, cliniques et études, en plus de l’offre résidentielle, afin de créer un tissu social diversifié porteur de demandes potentielles pour faire bouger le marché du résidentiel. Selon un autre spécialiste, «l’immobilier au Liban est devenu ces derniers temps une grande industrie. Les gens y investissent beaucoup d’argent dans le but ultime de générer un maximum de profits. Il est vrai que les affaires immobilières représentent un challenge de poids pour l’investisseur, mais elles peuvent marcher pour tout un chacun». Il a considéré que la valeur d’un bien-fonds bâti ou non bâti grimpe plus rapidement que les intérêts bancaires, ce qui aurait pour résultat une croissance de la demande sur les appartements et les terrains. «Chacun devrait s’acheter une maison ou un terrain pour garantir son avenir. Toutefois, le succès de l’investisseur réside dans le bon choix au niveau de la région qu’il doit très bien connaître», a-t-il conclu.

Liliane Mokbel

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