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FMI La hausse du pétrole n’est pas catastrophique à long terme   
Jusqu’à nouvel ordre, le Liban est un pays importateur de pétrole. Ceci se traduit dans la pratique par un creusement du solde de sa balance commerciale ainsi que du solde de sa balance des finances publiques, à chaque fois que le prix de l’or noir enregistre une hausse. D’ailleurs, le pays du cèdre n’est pas du tout résiliant à la flambée des prix du pétrole dans la mesure où au départ il souffre d’une balance commerciale largement déficitaire et de finances publiques grevées par une lourde dette publique. Ces indicateurs négatifs risquent encore de se détériorér si l’on tient compte des prévisions de l’agence Bussiness Monitor international (BMI), qui fait état d’une probable stagnation des exportations libanaises en 2012 et un prix du baril du pétrole variant entre 102 et 115 dollars. Encore faut-il ajouter que les subventions consenties à l’EDL afin d’éponger ses pertes en raison du prix élevé du pétrole, se sont élevées à 4% du PIB en 2011. Parallèlement, le ministre de l’Energie et de l’Eau, Gebran Bassil, a annoncé coup sur coup des projets visant à économiser l’usage du pétrole. Ainsi, il a indiqué qu’il s’était conformé à la décision du Conseil des ministres et a transmis le 29 février dernier un projet de loi portant sur l’édification et le financement d’un gazoduc le long de la côte. Il a également souligné que son ministère a achevé la prépartion d’une étude de faisabilité sur l’importation de gaz naturel liquide pour usage polyvalent. Le ministre Bassil a d’ailleurs insisté sur le fait que le gazoduc, qui s’étend entre Beddaoui et Tyr, traverse la majorité des localités où se situent des installations électrogènes, en plus de la possibilité à l’avenir d’alimenter en gaz les firmes industrielles dans ces régions, leur permettant ainsi d’alléger les coûts de l’énergie dont elles ont besoin pour leur fonctionnement.
De son côté, le Fonds monétaire international (FMI) a, dans une étude publiée récemment, démontré que le choc de la hausse du prix du pétrole, qui affecte d’une manière générale entre 20% et 50% différentes variables de l’économie libanaise, peut s’avérer à long terme un “moteur” pour cette économie. L’étude du FMI a mis l’accent sur l’importance pour le Liban de maintenir des relations économiques étroites avec les pays exportateurs de pétrole dans la région. C’est que la hausse du prix de l’or noir contribue à doper les exportations libanaises vers ces pays, en raison d’une forte demande externe. Les chiffres ont montré une “élasticité des revenus du Liban provenant de la demande externe des pays du Golfe par rapport à une croissance de leur PIB”, soulignant que 1% de progression du PIB des pays exportateurs de pétrole génèrerait des hausses des parts des exportations de produits locaux et des rendements de l’industrie touristique. Dans le même prolongement, l’augmentation des revenus des pays exportateurs de pétrole stimulerait sans nul doute l’afflux de capitaux vers le Liban et, par conséquent, la demande interne et l’ouverture des vannes du crédit à la consommation. Cela va sans dire que la croissance du PIB des pays exportateurs de pétrole entraînerait une progression considérable de transferts de fonds des expatriés libanais vers leur pays d’origines. Selon les statistiques officielles, les transferts de fonds des expatriés libanais ont représenté 6,7 milliards de dollars en 2010, dont 60 % en provenance des pays exportateurs de pétrole.

 

CNSS Déficit chronique mais redressement possible
Il  y a des vérités qui ne sont pas toujours bonnes à dire tellement elles sont offusquantes. Mais il semble que le clientélisme politique est devenu ancré à un tel point dans nos pratiques et nos traditions, que plus rien ne choque la commuanuté des affaires, qui s’est adaptée au rythme et y trouve même son bonheur. Dans les faits, en marge du forum économique des hommes d’affaires libanos-saoudiens, un commerçant libanais de bois depuis au moins trois générations a reconnu à Magazine que le concept du salaire social tel que présenté par l’ancien ministre du Travail, Charbel Nahas, est “pertinent, juste et équitable”, mais s’il avait été appliqué, “il aurait fait voler en éclats tous les budgets prévisionnels du patronat”. Prié de donner son avis sur le fait qu’une telle réforme aurait eu des retombées positives directes sur la Caisse nationale de la sécurité sociale en termes d’un allègment de son déficit chronique, l’homme d’affaires a donné sans ambages une réponse négative. Il a justifié en affirmant que la CNSS est “la chasse gardée d’une partie au pouvoir” qui n’est pas prête à céder “ce trésor”. Ce qui signifie que cette institution continuera à souffir d’une hémorragie permanente de ses finances, “les protégés continueraient à encaisser des factures fictives de médicaments dans le délai d’une semaine alors que les inscrits “ordinaires” de la CNSS encaisseraient leurs factures revues à la baisse au moins un an après les avoir présentées à l’établissement.
Une étude menée à l’initiative de la CNSS au début de l’année a montré qu’un relèvement des cotisations de la branche de la couverture Santé-Maladie et de celle des allocations familiales permettrait un rééquilibrage financier de ces deux secteurs. L’étude a fixé la majoration de la cotisation à la branche Santé-Maladie à 12% ( 9% seraient à la charge de l’employeur et 3% à la charge de l’employé). Concernant la branche des allocations familiales, la majoration de la cotisation serait de 7%. Dans les deux cas, le maximum de la tranche du salaire sujette au prélèvement du pourcentage de cotisation est de 2,5 millions de livres. Selon la clôture des comptes de la CNSS de 2011, le déficit de la branche Santé-Maladie a représenté près de 562 milliards de livres, contre un déficit d’environ 544 milliards de livres en 2010. Quant au déséquilibre financier au niveau de la branche des allocations familailes, il a été de 260 milliards de livres en 2011 contre 315 milliards de livres à fin 2010. En ce qui concerne les prévisions portant sur les dus de l’Etat envers la CNSS pour l’année 2012, ils excèdraient 800 milliards de livres, selon les propos du directeur général de la CNSS, Mohammad Karaké.

 

Trafic aérien Pas de réciprocité
Le Liban n’a pas tiré profit en 2011 du tourisme panarabe du fait des troubles dans la région. Malgré les projets de loi soumis à ce jour au Conseil des ministres portant sur l’aménagement d’aéroports de substitut à celui de la capitale, rien n’a été concrétisé. Ce qui a eu pour retombées directes de décourager les compagnies arabes low cost de se diriger vers le Liban. De plus, la baisse des tarifs des billets d’avion pour un aller-retour Beyrouth-Amman a été appliqué unilatéralement par le Liban. D’une manière générale, le nombre de visiteurs a reculé de 24% entre 2010 et 2011. Cette baisse serait imputée en grande partie à l’hésitation des visiteurs jordaniens et iraniens de se rendre au Liban, leur nombre représentant en moyenne en rythme annuel près de 300000 personnes. Les tarifs des vols aériens élevés et les difficultés de traverser le territoire syrien les ont dissuadés de venir au Liban.

 

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